‹ Nouvelles juivesChapitre 3 sur 28 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR IH · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR IH

à la fois de cœur, d'élévation morale, de situations déchirantes et dramatiques, de types curieux, de traits de mœurs originaux saisis et reproduits avec cette finesse d'observation et cette perfection d'exécution qui assignent à M. Kompert un rang si distingué parmi les romanciers et les moralistes de son pays.

M. Kompert venait de mettre la main sur une veine aussi riche qu'inexplorée et il sut en tirer tout un petit monde inconnu à la plupart des lec- .teurs : c'est celui que constituent en Autriche les Juifs des classes populaires et de la petite bourgeoisie confinés dans les rues étroites et malsaines des ghettos dont les portes ne leur ont été ouvertes que depuis 1848 seulement.

M. Kompert s'est fait leur historien et leur poète. Il nous dépeint avec charme et émotion la vie intime des ghettos que lui-même a vécue dans un ghetto de la Bohême, son pays natal. Il nous initie à tout ce que cette vie renferme de fiDi séculaire, d'habitudes patriarcales, de fêtes graves et gaies, de sublimes dévouements, de naïves et touchantes amours, de secrètes souffrances dues à d'injustes persécutions , de fortes affections de famille, de types saillants et souvent aussi, de verve caustique et de joyeuse humeur.

Les trois Nouvelles qui font Tobjet du présent volume ont été publiées dix ans après les Scènes du

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Ghetto et les Juifs de Bohême. Elles sont en tout point dignes de leurs aînées. Comme celles-ci elles ont été composées à un assez long intervalle les unes des autres* M. *Kompert appartient à cette classe d'écrivains qui ne produisent ni vite ni beaucoup à la fois. Il travaille à loisir^ à ses heures seulement. Voilà pourquoi ses écrits sont en général si achevés, il ne publie guère plus d'une ou deux Nouvelles par an« Et d'ordinaire il les fait paraître comme primeur dans quelque almanach Israélite de Vienne. Après quoi il réunit ces publications partielles en un petit volume; et ces petits volumes font promptement leur chemin en Allemagne et à l'étranger ^*

Les nouvelles qu'on va lire offrent, comme celles dont il vient d'être parlé, des tableaux gracieux ou sombres, des traits de mopurs piqqants ou touchsints, des détails d'intérieur singulièrement curieux et peints avec une grande fidélité de couleuris, un grand nombre de leçons morales et de maximes de sagesse pratique habilement enchâssées dans les récits ; ce qui leqr ôte tout caractère de prédication directe, chose toujours si ennuyeuse. Elles offrçnt surtout de saisissantes peintures dç ç^ractèrei, étudiés, fouillés avec conscience. Ces caractère révèlent

I . Les Scènes du Ghetto et les Juifs de Bohéms ont été traduits, sans compter notre traduction française ^ en anglais, en italien et en hollandais.

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