PREFACE DU TRADUCTEUR VÎI
sion de lui envoyer sa fille Rosa pour passer quelques mois à la campagne avec Gitel et les siens afin d'y refaire sa santé, La bonne Gitel accueille cette demande avec empressement.
Notre princesse apporte à la campagne tous ses préjugés et toutes ses minauderies de citadine de ghetto à haute éducation. Les Feivel la reçoivent comme ils auraient reçu leur propre enfant. Comment notre princesse répond-t-elle à cet accueil si cordial des Feivel? Par le dédain. Elle dédaigne leurs manières, elle dédaigne leur langage, elle dédaigne leur table. Ici se révèle le caractère de la brave Gitel « la paysanne », un de ces caractères de femmes comme M. Kompert excelle à les créer et à les peindre. Gitel, tête forte et cœur chaud, est une digne sœur 'des Roesel, des Rachel et des Mariem, ces héroïnes de charité et de sacrifice des Scènes du Ghetto et des Juifs de Bohême, Dans l'intérêt même de Y enfant qui lui a été confiée, Gitel n'entend pas que la fille de son amie continue à la campagne, oti elle est venue pour se rétablir^ ses habitudes d'enfant gâtée et de princesse de ghetto. Forte de ses intentions et de sa conscience elle reprime ses caprices et lui impose sa volonté qui est celle d'une véritable mère. Ayant trouvé à qui parler, notre princesse après des résistances inutiles, accompagnées de minauderies sans fin, ne tarde guère à se