‹ Nouvelles lecons sur la science du langage cours professe a l'institution royale de la Grande Bretagne en l'annee 1863 (volume 2)Chapitre 12 sur 44 · I.E I.ANGAT.E ET LA RAISON · texte numérisé non relu

I.E I.ANGAT.E ET LA RAISON

Possibilité de former un lanfmüe artifiriei. — Proi)léme d'une lanftue philosophique et universelle proposé par Leibniz. — Essai ifun rnraclèie réel et d’une langue philosophique, par Wilkins, un des fondateurs de la Société royale de Londres. Analyse de cet ouvrage. — Pourquoi aucune des langues parlées dans le monde n’a pu être formée ainsi artificiellement. — Alliance intime et indissoluble de la raison et du langage. — Comment les noms ont été formés. — Examen de, la- théorie de Locke

sur la connexion entre les mots et la pensée Anatomie de la structure

phonétique du langage. Les éléments primordiaux du langage ne sont pas les lettres, mais les racines. Erreur des philosophes grecs sur ce point. Etymologie de ovoixtlav et de tlemenlum. Examen de la nature des racines.

La division que j’ai tracée de mon sujet, à la ün de ma dernière leçon, peut soulever, je le sais, de sérieuses objections. Il semble que vouloir traiter des sons comme indépendants de toute signification, et de la pensée comme indépendante des mots , ce soit heurter un des principes les mieux établis de la science du langage. Où rencontrons-nous jamais dans la réalité, j’entends dans le monde tel qu’il est constitué, des sons articulés, des sons de la nature de ceux

qui composent le langage, ayant une existence distincte et indépendante du langage? Nul homme ne profère des sons articulés sans qu’ils aient un objet, une intention, une signification. Les innombrables variétés de sons que nous voyons réunies dans nos dictionnaires n'auraient rien de réel, elles ne seraient que l’ombre d’un langage, si elles n’étaient pas là pour servir de corps à la pensée et de manifestation aux idées. Les interjections mêmes que nous employons, les exclamations et les cris qui sont les précurseurs, ou, comme d’autres le prétendent, les éléments du langage articulé, n’existent jamais sans une signification. Un son articulé est toujours une émission, une expression de quelque chose qui est au dedans de nous, une manifestation ou une révélation de quelque chose qui demande à se manifester et à se révéler. Il en serait autrement si le langage avait été l’œuvre d’une convention entre les hommes, et si quelques sages, rois, prêtres et philosophes*, s’étaient concertés et avaient décidé que certaines conceptions seraient étiquetées et marquées par certains sons. Dans ce cas, nous pourrions parler du son comme étant le corps ou l’extérieur du langage, et des idées comme en étant l’âme ou l’intérieur, sans que personne pût trouver à redire à ce qu’ils fussent, de cette manière, traités séparément.

Dans une de mes leçons précédentes, j’ai tâché d’expliquer les raisons qui nous empêchent de considérer le langage humain comme étant né d’une convention entre quelques hommes. Mais rien n’est plus loin de ma pensée que de nier la possibilité de composer ainsi artificiellement un certain langage, après que les hommi^s

DEUXIÈME LEÇON

un

ont appris h parler et à raisonner. II est de mode de tourner en dérision l’idée d’une langue artificielle, et encore plus celle d’une langue universelle. Mais si ce problème était réellement si absurde, un homme tel que Leibniz se serait-il aussi vivement intéres.sé à en rechercher la solution? II est difficile de penser qu’une pareille langue puisse jamais venir à passer dans l’usage, ou que toute la terre arrive, de cette façon, à n’avoir plus « qu’un même parler et une même langue » comme aux premiers joui-s; mais que le problème lui-même soit susceptible d’une solution, et d’une solution fort parfaite, c’est ce qui ne peut pas faire l’objet d’un doute.

Comme il règne sur ce sujet des notions très-erronées, je consacrerai une partie de cette leçon à exposer ce qui a été accompli pour la formation d’une langue philosophique et universelle.

Dans une lettre que, deux ans avant sa mort, Leibniz adressait à Rémond de Montmort, il s’exprime avec la plus grande confiance sur la valeur de ce qu’il nomme sa Spécieuse générale, et il n’est guère possible de douter qu’il n’eût, à cette époque, une conception parfaitement claire d’une langue universelle. « Si j’ai réussi, écrivait-il, à animer des excellents hommes à cultiver le calcul des infinitésimales, c’est que j’ai pu donner des échantillons considérables de son usage... J’ai parlé de ma Spécieuse générale à M. le marquis De l’Hospital^ et à d’autres; mais ils n’y ont point donné plus d’attention que si je leur avais conté un songe. 11 faudrait que je l’appuyasse par quelque usage palpable, mais pour cet effet il faudrait fabriquer une partie au moins de ma Caractéristique ; ce qui n’est pas

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aisé, surtout dans l’état où je suis, et sans la conversation des personnes qui me puissent animer et assister dans des travaux de cette nature (t). »

Quelques mois avant cette lettre, Leibniz parlait de sa théorie favorite avec une complète assurance. « J’oserais ajouter une chose, écrivait-il au même correspondant,- que si j’avais été moins distrait, ou si j’étais plus jeune, ou assisté par de jeunes gens bien disposés, j’espérerais donner une manière de Spécieuse f/éuérale, où toutes les vérités de raison seraient réduites à une façon de calcul. Ce pourrait être en même temps une manière de langue ou d’écriture universelle, mais infiniment différente de toutes celles qu’on a projetées jusqu’ici ; car les caractères, et les paroles mêmes, y dirigeraient la raison ; et les erreurs, excepté celles de fait, n’y seraient que des erreurs de calcul. 11 serait très-difficile de former ou d’inventer cette langue ou caractéristique, mais très-aisé de l’apprendre sans aucuns dictionnaires (2). »

Leibniz mourut avant d’avoir pu donner au monde l’esquisse de sa langue philosophique, et beaucoup même de ses admirateurs ont douté qu’il ait jamais en une notion bien nette de la nature* d’une pareille langue. Mais il semble incompatible avec le caractère de Leibniz de supposer qu’il en aurait parlé avec une telle confiance, qu’il aurait même placé cette Spécieuse générale sur le même rang que le calcul différentiel, si elle n’avait existé dans son esprit qu’à l’état de rêve. 11 est plus présumable que Leibniz connaissait un ouvrage qui fut très-remarqué en Angleterre dans

(1) Leibnitii Opéra omrüa, cd. Dulens. V, p. 11.

(2) Ibid., y, p. 7.

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la seconde moitié du dix-septième siècle, l'Essai d’un caractère réel et (T une langue philosophique, par Wilkins, évêque de Chester (Londres, 1668) (1); et qu’il avait compris^ immédiatement que le projet qui y était ébauché pouvait recevoir de grands perfectionnements. V Essai ayant été publié par la Société royale dont Wilkins était un des fondateurs bien connus, il n’a guère pu échapper à l’attention du philosophe hanovrien qui entretenait une correspondance si fréquente avec des membres de cette société (2).

(1) Dans le second volume de son Origin and Progrès! of Language, Edimbourg, 1774, lord Monhoddo a fait l’analyse et la critique de l'ouvrage de Wilkins.

(2) [La pénétration ordinaire de M. Max Müller ne lui a pas fait défaut ici, et il est intéressant de voir les faits confirmer pleinement sa supposition. Voici en quels termes Leibniz parle du prélat anglais et de son Essai. Dans sa septième lettre à Thomas Bumet (Leibn. Opéra omnia, cd. Dutens, VI, p. 262), il dit : « J'ai considéré avec attention le grand ouvrage du Caractère réel et Langage philosophique deMr. Wilkins; je trouve qu'il y a mis une infinité de belles choses ; et nous n'avons jamais eu une table des prédicateurs [prédicaments] plus accomplie; mais l'application pour les caractères et pour la langue n'est point conforme à ce qu'on pouvait et devait faire. J'avais considéré cette matière avant le livre de Mr. Wilkins, quand j’étais un jeune homme de dix-neuf ans, dans mon petit livre de Arte Combinatorid, et mon opinion est que les caractères véritablement réels et philosophiques doivent répondre à l'analyse des pensées. Il est vrai que ces caractères présupposent la véritable philosophie, et ce n’est que présentement que j’oserais entreprendre de les fabriquer. Les objections de Mr. Dalgarus et de Mr. fVilkins contre la méthode véritablement philosophique ne sont que pour excuser l'imperfection de leurs essais, et marquent seulement les difficultés qui les en ont rebutés. »

Ailleurs {ibid., V, p. S40), dans une lettre à Martin Fogel, Leibniz dit ; « Wilkinsii Angli character realis cum linguà philosophicâ tibi dudum fortasse visus est, in hâc apud Haraburgenses Anglican! commercii facilitate. Majoris faciunt nonnulli media, quàm finem,

.")8 LEÇONS srn la science ou langage.

Or, ({uoiqiie l’on n’ait pas épargné les railleries à l’évêque Wilkins et à sa langue universelle, son ouvrage, autant que j’en puis juger, me semble offrir la meilleure solution qui ait encore été proposée, d’un problème qui peut ne pas avoir d’importance pratique, mais qui est d’un haut intérêt pour ceux qui se placent à un point de vue purement scientifique. Aussi, bien qu’il soit impossible d’expliquer intelligiblement le système de cet auteur sans entrer dans d’assez longs détails, le temps que nous y consacrerons ne sera pas perdu, et je crois que cette élude nous aidera à mieux comprendre la nature du langage réel, en nous montrant clairement ce que serait une langue artificielle et comment elle différerait du langage vivant.

L’objet premier du prélat anglais n’était pas d’inventer une nouvelle langue parlée, quoique son ouvrage aboutisse à ce résultat, mais d’imaginer un système pour écrire ou représenter nos pensées, lequel fût universellement intelligible. C’est ainsi, par exemple, que nos chiffres sont compris par des nations parlant des langues différentes, et que, tout en étant prononcés diversement dans différentes parties du monde,' ils expriment partout les mêmes idées. Nous avons en outre des signes tels que •+ plus, — moins, X multiplié par, -f divisé par, = égale, < plus grand, > plus petit, O le soleil, O la lune, © la terre, Jupiter, h Saturne, Cf Mars, Ç Vénus, etc., lesquels sont intelligibles pour les mathématiciens et les astronomes par tout le globe. « Si à cbaqiie chose et à chaque notion, dit Wilkins (p. 21), l’on assignait une marque

i(l ost, nruditisLsiaia multa in euni lucuoi ab anctore cooi^esta, quûm ipsàm cum suo charactcrc linguam. » [Tr.j

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distincte, et si l’on avait quelque méthode pour indiquer les dérivations et les flexions grammaticales, cela pourrait suffire pour atteindre un des résultats principaux auxquels conduirait l’établissement d’un caracthe réel, savoir l’expression de nos conceptions par des marques signifiant des choses et non point des mots. De même si l’on adoptait, pour servir de noms à ces choses et à ces notions, certains mots (c’està-dire sons) distincts, acconipagnés de quelques règles invariables pour les dérivations et les flexions grammaticales qui sont naturelles et nécessaires, et pour celles-là seules, nous aurions alors une langue beaucoup plus facile et commode qu’aucune de celles qui existent. »

Ce plan qui n’est pas, ainsi que nous le verrons tout à l’heure, celui qui fut exécuté par Wilkins, a été repris par Don Sinibaldo de Mas, dans son ouvrage récent intitulé Idéographie . 11 donne une liste de 2,600 signes, tous formés d’après le modèle des caractères musicaux, et à chacun desquels il attache une certaine signification. Suivant l’intervalle dans lequel on place la tête de ces notes, le même signe doit être pris pour un nom, un adjectif, un verbe ou un adverbe. Ainsi le même signe pourra exprimer « amour, » « aimer, » «aimant, » et «d’une manière aimante, » selon la position qu’on lui donnera entre les lignes de la portée. Puis vient un système de signes pour exprimer

(I) Idéographie. Mt'inoire sur la possibiliU' et la facilité de former une écriture générale au moyen de laquelle tous les peuples puissent s'entendre mutuellement sans que les uns connaissent la langue des autres; écrit par Don Sinibaldo de Mas, Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire de S. M. C. en Chine. Paris : Duprat, 1863.

les genres, les nombres, les cas, les personnes, les temps, les modes, et les autres catégories gramniaticales, et ainsi se trouve constituée une écriture symbolique au moyen de laquelle l’auteur réussit à rendre les cent-cinquante premiers vers de l’Énéide. Il est parfaitement vrai, ainsi que le fait observer l’auteur, que la difficulté d’apprendre ses 2,000 signes n’est rien auprès de celle d’apprendre plusieurs langues; et il est encore parfaitement vrai que rien ne saurait surpasser la simplicité de cette notation grammaticale, qui exclut par sa nature même toute anomalie, et qui se compose de signes seulement, tandis que nous avons en français, selon la remarque de Don Sinibaldo, 310 désinences différentes pour les temps simples des dix conjugaisons régulières, 1,7.5.S pour les trente-neuf conjugaisons irrégulières, et 200 pour les verbes auxiliaires, en tout, un total de 2,165 désinences qu’il faut apprendre par cœur (1). Il est en outre incontestable que peu de personnes emploieraient jamais plus de 4,000 mots, et que le nombre de signes à apprendre serait considérablement réduit, attendu que le même signe exprimerait dans tous les cas un nom, un adjectif, un verbe et un adverbe. 11 y a cependant cette objection fondamentale à adresser à Don Sinibaldo, c’est que dans son système l’adoption d’un certain signe comme expression d’une certaine idée est purement arbitraire, et nous allons voir comment Wilkinsavait compris cette difficulté, et de quelle manière ingénieuse et vraiment philosophique il avait cherché à la résoudre.

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(I Si ces marques ou notes, dit-il, pouvaient être inventées de façon à avoir une dépendance et une relation mutuelles, en rapport avec la nature des choses et des notions qu’elles représenteraient; et, de même, si les noms des choses pouvaient être disposés de telle sorte qu’ils continssent dans leurs lettres et dans leurs sons une certaine affinité ou opposition, répondant en une certaine manière à la nature des choses qu’ils signiiieraient, ce serait là, sans doute, un nouvel avantage; et ce serait non-seulement le meilleur moyen d’aider la mémoire par la méthode naturelle, mais ce serait encore pour l’intelligence un précieux bienfait. En effet, en apprenant les signes et les noms des choses, nous serions alors instruits en même temps de leur nature, et nous acquerrions ainsi cette double connaissance que l’on devrait toujours posséder (1). »

Notre auteur entreprend alors ni plus ni moins qu'une classification de tout ce que nous connaissons ou pouvons connaître, et il prend ensuite ce dictionnaire de notions pour base d’un dictionnaire correspondant de signes, tant écrits que parlés. Tout cela est fait avec une grande sagacité et beaucoup de réflexion ; et, si nous considérons que ce travail fut entrepris il y a près de deux cents ans, et exécuté par un seul homme sans le secours d’aucun collaborateur, nous serons disposés à juger avec indulgence ce qui pourra paraître aujourd’hui suranné et imparfait dans son catalogue raisonné des connaissances humaines. Un examen attentif de son ouvrage nous montrera pour-

quoi celle langue qui, dans la pensée de son auteur, devait être permanente, immuable et universelle, serait au contraire, et par sa nature même, sujette à de continuels changements. A mesure que la science avance, la classification de nos connaissances est sans cesse remaniée; et même, en un certain sens, tout progrès de la science peut être appelé une classification plus correcte de nos connaissances. Si une plante, classée d'après le système de Linné ou celui de Wilkins, occupe une place particulière dans leur tableau synoptique des connaissances humaines, et a son signe particulier dans leur langage philosophique, fout changement dans la cia.ssification de celle plante nécessitera un changement dans la nomenclature philosophique. Ainsi, par exemple, la baleine est rangée par Wilkins, comme un poisson, dans la classe <les mvipares et oblongs. Les poissons, en général, sont classés parmi les substances animées, sensitives, sanguines, et le signe que Wilkins attache à la baleine exprime chacune des différences qui en marquent la place dans son système de nos connaissances. Sitôt donc que la baleine n’est plus pour nous un poisson, mais un mammifère, sa classification doit être toute différente ; et, si nous lui conservions son premier noiii ou signe, nous serions par là induits en erreur tout autant que par nos noms anglais pour l’arc-enciel et la foudre, rainbow et thunderbolt, ou par ces expressions le lever et le coucher du soleil, qui expriment d’anciennes notions que nous savons être erronées. La même chose arriverait dans les sujets strictement scientifiques.

La chimie adopta acide comme dénomination tech-

* DEUXIÈME LE4;0N

nique d’une classe de corps dont les premiers qui furent reconnus par la science étaient caractérisés par une saveur aigre. Mais avec les progrès de la chimie on découvrit qu’il y a des composés parfaitement semblables à ces corps dans leurs caractères essentiels, et qui ne sont pas aigres, et que, par conséquent, l’acidité n’est qu’une qualité accidentelle de certains de ces corps, et non pas un caractère nécessaire ou univei’sel qui les distingue tous. On pensa qu’il n’était plus temps de changer la dénomination reçue, et ainsi, dans toutes les langues européennes, on applique le terme acidi', ou son é((uivalent étymologique, au cristal de roche, au quartz et à la silice.

De même, dans la nomenclature chimique, pai' suite d’une erreur semblable dans l'application du mot sd, les chimistes rangent au nombre des sels la substance dont on fait les glaces et les lorgnettes. D’autre part les analystes ont déclaré que l’on s’était mépris sur le caractère essentiel non-seulement des autres corps que l’on avait appelés sels, mais même du sel de cuisine, le sel par excellence, et que le sel nest pas un sel: en conséquence, ils excluent cette substance de la classe des corps auxquels elle avait donné son nom à l’époque où on la regardait cotnme leur plus parfait représentant (1).

Wilkins commence par diviser toutes les choses qui peuvent être les sujets du langage en six classes ou genres, lesquels il subdivise ensuite d’après leurs ditférences particulières (2). Ces six classes comprennent :

()) Marsh, HUtory of the Engllsh Language, p. 2U ; Lichig, Chemische Briefe, 4' édit.,1, p. !t6.

(2) Il est à peine besoin d'avertir que par « genre » et « dilTé*-

A. Les notions transcendantes.

B. Les substances.

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