‹ Nouvelles lecons sur la science du langage cours professe a l'institution royale de la Grande Bretagne en l'annee 1863 (volume 2)Chapitre 22 sur 44 · V.2, Haie, /. c., p · texte numérisé non relu

V.2, Haie, /. c., p

rKulsiDiK i.Kgo».

nient reeonnaitie (jne leure sons sont toujours preeedés par certains bruits, qui naissent des premières secousses imprimées à l’air avant qu’il puisse produire des sensations vraiment musicales. Nous entendons l’air gonfler la sirène et en sortir coninic une respiration essoufllée, l’arcliet «iiincer sur les cordes du violon, le heurt des marteaux du piano, le crachement de la flûte. Il en est de même pour la parole. En expulsant avec quelque l'orce l’air que contiennent nos poumons, qu’il soit ou non vocalisé, nous entendons l’elTort qu’il fait pour sortir, et réhranlement que produit l’air qui vient du dedans au moment où il atteint l’air extérieur.

Si nous respiixms librement, la glotte est grande ouverte, et le souffle chassé des poumons peut être distinctement entendu (1). Cependant ce n’est pas encore notre h, ou l’esprit rude. Il faut un mouvement intentionnel pour changer le simple souffle en ce qu’on a|ipelle le/<; le voile du jialais doit prendre sa position normale, et alors l’air, vivement expulsé, donne ce que l’on nomme Vespr 'il rude {spiritus asper, comme disent les grammairiens latins), ainsi désigné parce que Taction des muscles abdominaux lui donne une certaine Apreté. Si, au contraire, le souffle est légèrement arrêté et contenu par une pression de la glotte, et si, ainsi retenu, il est émis doucement, on l’appelle proprement spirilus lents, esprit doux. Nous l’entendons distinctement, comme le frémissement d’une bulle légère qui vient crever à la surface d’un liquide, si nous écoutons prononcer n’importe quelle voyelle initiale, ainsi

(1) Czurmak, Phytiologische Unlertuchungen mit Garcia's Kehlkopfspiegel, dans les Silzungxbericlite der K. K. Akademie der tVissfnschaJten, vol. X.XIX, I8ü8, p. 303.

LKgONS SDH LA SclKNCK DU LANGA(.E.

dans les mots âme, ennemi, iambe, ode. Suivant quelques physiologistes (t), et presque tous les grammairiens, ce bruit initial peut être si fort réduit qu’il cesse d’être appréciable, et nous nous imaginons tous que nous pouvons prononcer une voyelle initiale tout à fait pure (2). Je crois néanmoins que les Grecs avaient raison d’admettre l’esprit doux comme inhérent à toutes les voyelles initiales qui n’ont pas l’esprit rude, et le laryngoscope montre clairement dans toutes les voyelles initiales un rétrécissement des cordes vocales, tout à fait distinct de l’ouverture qui se produit quand on prononce le h aspiré.

On a pris l’habitude d’appeler le h ou l’esprit rude une lettre sourde, l’esprit doux une lettre sonore; et cette distinction a quelque fondement si nous nous rendons bien compte de ce que signifient ces termes. Or, comme ce que nous disons ici des deux esprits s’applique aussi aux mots chuchotés à voix basse, il est clair que les cordes vocales, en tant qu’elles déterminent la tonalité musicale, ne peuvent avoir aucune influence sur cette distinction. Toutefois, si nous pouvons nous fier au laryngoscope, c’est-à-dire si nous pouvons nous lier à nos yeux, les cordes vocales ou la glotte sembleraient jouer le principal rôle dans la production de l’esprit doux, ou dans l’adoucissement de l’esprit rude (3). C’est en se rapprochant, mais sans se tendre,

(1) Briicke, p. 9.

(2) Brùcke, p. 85. « Si, quand nous prononçons l'esprit rude, nous rétrécissons l'ouverture de la glotte, nous entendons la note pure de la voyelle sans aucun bruit additionnel. » Quoi qu'il en dise, ce bruit reste toujours appréciable, surtout dans la rox clandettina.

(31 Brüeke, Grundzüge, p. fl.

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qu’elles modèrent l’èlau du souffle qui sans elles donnerait l'esprit rude, et qu’elles l’empêchent de se précipiter tout droit contre les parois de la gorge; dans ce sens, on peut leur attribuer le bruit d’un frottement qui nous est sensible tandis que le souffle sort lentement du larynx pour passer dans la bouche. 11 y a une autre distinction très-importante à faire entre l’esprit rude et l’esprit doux. Il est tout à fait impossible de clianter l’esprit rude, c’est-.à-dire de donner une sonorité musicale au souffle qui le |»roduit. Si nous essayons de chanter ha, la note ne commence à se faire entendre qu’après que le A est terminé. Nous pourridhs aussi bien essayer de siffler et de chanter tout à la fois (1).

La raison de ce phénomène n’est pas difficile à saisir. Si le souffle qui doit produire// est destiné à deve-

Fifi. II.

(1) Voyez R. Yon Kaumer, Gesammelte Schri/len, p. 371, note.*

Jean Millier dit : v La seule consonne continue qui soit tout à fait ^

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