‹ Nouvelles lecons sur la science du langage cours professe a l'institution royale de la Grande Bretagne en l'annee 1863 (volume 2)Chapitre 3 sur 44 · LA VIE ET LES OUVRAGES DE M. MAX MULLER · texte numérisé non relu

LA VIE ET LES OUVRAGES DE M. MAX MULLER

le 6 décembre i8a3 à Dessau, capitale du duché d’Anhalt-Dessau, au cœur même de cette Allemagne dont il devait si dignement représenter en Angleterre la science profonde ainsi que le poétique et pénétrant génie. H n’avait que quatre ans lorsqu’il perdit son père, Wilhelm Müller, un des poètes de ce siècle les plus chers aux Allemands. Ce n’est pas ici le lieu de nous étendre sur les ouvrages de Wilhelm Müller; nous citerons seulement, parmi ses poésies lyrupies le plus justement célèbres, les Griechenlieder ou « Chants des Grecs », dans lesquels il célébra la régénération de cette Grèce dont il connaissait si bien l’histoire et la littérature, et qu’il aimait avec enthousiasme. Après sa mort prématurée, M*" Müller rentra dans la maison de son père, le président de Basedow, et c’est là que son jeune fils reçut ses pre-

NOTICE SÜH LA VIE

mières leçons, avant d’être envoyé à l’école ducale de Dessau , où il se distingua de bonne heure, nous disent ses biographes allemands, parla vivacité de son esprit, par son amour du travail, et par un remarquable talent pour la musique. A l’âge de douze ans, le studieux enfant fut envoyé à l^ipsick. Là, selon les habitudes allemandes, il fut reçu dans la famille d’un des professeurs, et il fit ses classes à la Nicolaischule : c’était le même collège qui, cent quatre-vingts ans plus tôt , avait eu pour élève le grand promoteur de la science du langage, Leibniz.

Après de fortes et brillantes études, terminées eu 1841, M. Max Müller commença à suivre les cours de l’Université de Leipsick. Cédant à sa vocation pour la philologie comparée, il étudia avec ardeur l’hébreu et l’arabe, et bientôt le sanscrit, sous la direction d’un indianiste fort distingué, Hermann Brockhaus, qui fut son premier guide dans cette voie où il devait trouver une mine si riche, et conquérir une si belle renommée. En i 843 , il passa ses examens pour le doctorat; et telles étaient son opiniâtreté au travail et sa rare facilité, qu’en l’année suivante nous le . voyons publier à I.,eip.sick son premier ouvrage, une traduction allemande d’un célèbre recueil de fables indiennes, V Uitôpadcia.

(Cependant, si étendues que fussent ses études philologiques, elles ne l’absorbaient pas tout entier. A cette époque, il y avait à Leipsick une société de jeunes poètes, devant laquelle M. Max Müller lisait souvent de charmantes poésies, et ceux qui les ont

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ontendues s’en souviennent encore. Dans diverses occasions publiques, et notamment dans les fêtes qui furent données pour célébrer le 4oo‘ anniversaire de l’invention de l’imprimerie , les pièces de vers qu’il composa obtinrent les suffrages les plus flatteurs.

En i844> Max Müller se rendit à Berlin pour suivre le cours de grammaire compar ée de Bopp^ et pour étudier la précieuse collection de manuscrits sanscrits qui avait été réunie par sir Robert Chambers pendant son séjour dans l’Inde, et qui, après sa mort, avait été achetée en Angleterre par le gouvernement prussien, à la sollicitation de Bunsen. Il fut assez heureux pour faire la connaissance d’Alexandre de Humboldt et de Boeckh, et l’on comprend sans peine quelle influence durable l’exemple et les conversations de tels hommes ont dû avoir sur une nature d’élite, qui est entrée en contact avec eux à l’âge où toutes les impressions sont les plus vives et les plus profondes. M. Max Müller profita aussi de son séjour à Berlin pour assister aux leçons de philosophie de Scheljing, et pour étudier le persan sous Rückert. Le célèbre auteur des Sonnets cuirassés ne se faisait pas volontiers professeur, et les premières relations qu’eut avec lui M. Max Müller ne furent guère encourageantes. Mais on ne rebute pas aisément un esprit aussi avide d’apprendre; et, pour gagner les bonnes grâces d’un maître qui se décidait si difficilement à communiquer aux autres les trésors de sa science, M. Max Müller lui apporta un jour la traduction en vers allemands du poème

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