XX NOTICE SUR LA VIE
« orientales, où son nom est attaché à quelques-unes « des plus brillantes découvertes de notre siècle ; nulle « part elle ne sera sentie plus longtemps ni plus vivece ment que parmi ceux qui étudient et qui aiment la « littérature sanscrite. Des ouvrages de Burnouf il « n'est pas besoin que je parie ici. En donnant le <c premier un déchiffrement scientifique des inscrip- « tions cunéiformes, il s'est élevé un monument plus « durable que les annales gravées sur les rochers de « la Perse. En tant qu'il a été le premier savant qui « ait su le pâli, et en sa qualité d'historien du boud- « dhisme, sa renommée ne sera pas facilement surpassée « par les recherches futures. Et son titre de premier « éditeur et de premier interprète du Zend-Avesta « fera vivre sa mémoire aussi longtemps que la race « humaine aimera à se rappeler les traditions de sa « première enfance. Mais la clef qui avait ouvert à « Burnouf toutes ces découvertes était le sanscrit; et « c'est dans la philologie sanscrite, où son influence a était le plus salutaire, que sa perte est aujourd'hui « sentie le plus douloureusement. Je ne fais pas ici « allusion au Bhagavata-Purâna ni aux autres monu- « ments de sa persévérante ardeur au travail qui res- « tent maintenant inachevés, ni aux ouvrages qu'il « projetait, ni aux trésors qu'il avait amassés. En perce dant Burnouf, nous avons perdu non-seulement un ce collaborateur infatigable, non-seulement un maître « désintéressé, mais un juge très-respeclé, dont l'appro-
(1) Rig-Veda Sanhità, vol. II, p. XL.
ET LES OUVRAGES DE M. MAX MULLER. XXj
« bation était recherchée de tous, dont la censure ce était redoutée, et dont les décisions ne manquaient a jamais d'être distinguées par l'équité et la justesse. « Encore qu'il n'ait publié que peu de chose sur le « Véda, cependant je puis affirmer sans crainte de me « tromper, et ceux avec qui j'ai eu l'avantage de « suivre ses leçons au Collège de France, Barthélémy « Saint-Hilaire, Gorresio, Nève, Pavie, Foucaux, Roth, « Goldstûcker, Bardelli et beaucoup d'autres, confir- « meront mon assertion, qu'il n'y avait pas alors en « Europe de savant qui fut plus versé que Burnouf « dans la langue et dans les traditions du Véda. Ami « intime de Rosen, lui seul perpétua, après la mort de « Rosen, la tradition des études védiques. Il voulait « que tous ceux qui venaient travailler sous lui fussent « pénétrés de l'importance de ces études, et il leur « prouvait que, pour avoir une intelligence vraie de « l'histoire primitive de l'humanité, et pour faire une « étude comparative des religions de l'Orient, la « connaissance du Véda était indispensable. C'est à lui « que l'on doit la nouvelle impulsion donnée dans « cette direction à la philologie sanscrite, et la publi- « cation subséquente de nombreux travaux sur les « Védas; et pour ma part, je ne puis que répéter que (c sans les conseils, l'encouragement et l'assistance de « Burnouf, je n'aurais jamais pu entreprendre cette « édition du Rig-Véda. Lorsque j'appris la nouvelle « de sa mort, il me sembla, et nombre de personnes « occupées d'études du même genre ont dû éprouver « la même impression, que notre travail avait perdu