‹ Nouvelles leçons sur la science du langage: cours professé à l'Institution royale de la Grande (volume 3)Chapitre 16 sur 51 · XXX NOTICE SUR LA VIE · texte numérisé non relu

XXX NOTICE SUR LA VIE

sentes avec autant d'élégaace et de charme. C'est le fruit de la plus vaste et de la plus difficile investigation dans des manuscrits encore bien peu connus, et de la plus rare sagacité dans des études où elle est au moins aussi nécessaire que dans toutes les autres. U Histoire de T ancienne littérature sanscrite est faite pour ajouter beaucoup à l'illustration dont est déjà entouré, à si juste titre, le nom de M. Max Mûller. Sa splendide édition du Rig-Véda aurait suffi pour le consacrer, sans parler de tant d'autres travaux ; mais celui dont je viens de m'occuper est d'un ordre tellement élevé, qu'on peut douter que, d'ici à bien longtemps, personne le surpasse ou même l'égale. L'érudition, avec les labeurs et les pénibles recherches qu'elle exige, semble exclure trop souvent ce talent éminent de style et de composition. Évidemment il y a là une réunion bien peu commune de qualités qui d'ordinaire paraissent incompatibles ; et ce sera là une distinction particulière pour M. Max Mùller, au milieu de tant d'indianistes fameux, ses émules et ses amis (i). »

De telles paroles venant d'un tel juge durent toucher profondément M. Max Mùller, surtout au moment où elles purent arriver jusqu'à lui, au mois de janvier 1861. Wilson était mort dans le cours de l'année précédente, et le 7 décembre se réunissaient ceux de qui dépendait le choix de son successeur. M. Max Mùller se présenta comme candidat pour la

(1) Journal des Savants, 1861, p. 59.

ET LES OUVRAGES DE M. MAX mDlLER. XXXJ

:haîre de son ami. Il ne fut pas élu. Certes le titre de Boden Prof essor of Sanskrit n'aurait pu rehausser en rien Féclat de sa réputation européenne ; mais ses amis mglais, ceux d'entre eux surtout qui aimaient le plus eur vieille Université, virent cet échec avec tristesse, 3t les savants du continent apprirent la nouvelle avec bonnement et avec d'unanimes regrets.

C'est en avril, mai et juin de l'année 1861, que M. Max Mùller donna devant un auditoire d'élite, dans la Royal Institution of Great Britain à Londres, ces Laçons sur la science du langage (1) qui furent publiées la même année, et que l'Institut de France honora du prix Yolney en 1862. Cet ouvrage est maintenant arrivé à sa cinquième édition en Angleterre, et la réimpression qui en a été faite en Amérique, ainsi que les traductions allemande, italienne, russe et française, ont déjà eu aussi plusieurs éditions.

Dans les Leçons de 1861, après avoir défini l'objet de la science du langage, M. Max Mùller avait résumé l'histoire de cette science depuis sa naissance dans les écoles de l'Inde et de la Grèce , jusqu'à son merveilleux développement dans les travaux des linguistes contemporains. Il avait donné une description générale du vaste réseau des langues humaines, et une brillante exposition des grands faits révélés par la science du langage, et qui intéressent à un si haut degré l'histoire, la philosophie et la religion. Mais,

(1) Lectures on the Science of Language delivered at the Royal Institution oj Great Britain inApril, May, and June, 1861 (London. 486J).

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