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dans sa pensée, ce cours ne devait que servir d'introduction à une étude plus approfondie : aussi, en i863, nous le voyons remonter dans la même chaire à Londres, et donner, sur ce même sujet, une nouvelle série de Leçons, dont la traduction française est aujourd'hui offerte au public.
Afin d'établir solidement les principes fondamentaux de la science du langage, et pour bien montrer quelle méthode rigoureuse doit être suivie par les linguistes, M. Max Mùller, dans ces Nouvelles Leçons, borne ses recherches à un nombre restreint de langues, au sanscrit, au grec, au latin, aux langues romanes, et aux langues germaniques. Avec le secours de la physiologie, il nous décrit comment les sons, c'est-àdire le corps du langage, sont formés par les organes de la parole ; et, au moyen de l'étude historique des langues précitées , il nous fait connaître les lois minutieuses qui président à chaque changement des lettres et des accents, ainsi qu'aux modifications et aux métamorphoses que subissent les mots dans le cours de leur existence. Ensuite , poussant plus avant ses investigations, il pénètre jusqu'à l'âme du langage. Il étudie la formation et le développement des idées, leurs combinaisons et leurs ramifications infinies, l'influence du langage sur la pensée, et l'origine des mythes produits par cette influence. Ces Leçons se composent donc de deux parties distinctes : l'une , consacrée à la phonétique et à l'étymologie , traite des phénomènes externes du langage ; l'autre en étudie les phénomènes internes, et nous donne les vues
ET LES OUVRAGES DE M. MAX MILLER. XXXÎij
de M. Max Mùller sur la production et l'épanouissement de la pensée humaine, et sur la mythologie ancienne et moderne. Ces deux parties distinctes sont unies par le lien le plus étroit , comme la pensée est unie au langage, et, en quelque sorte, comme l'âme est unie au corps.
Nous espérons que cet ouvrage sera un nouveau stimulant pour des études qui déjà n'ont plus besoin d'être recommandées en France. Le seul obstacle qui peut encore s'opposer à leur diffusion parmi nous, c'est l'ignorance des ouvrages où le commençant doit s'instruire. Comme M. Bréal n'a cessé de suivre avec la plus persévérante attention l'impression de ces deux volumes, ainsi qu'il l'avait fait pour la première série de ces leçons, nous lui avons donc demandé de nous rendre encore le service de dresser la liste des premiers livres qui doivent composer la bibliothèque du linguiste. C'est sous ce titre que nous publions plus loin la liste que nous a remise M. Bréal.
Ici nous demandons la permission de faire remarquer par quelles longues études et par quel travail patient M. Max Mûller s'est préparé à aborder les difficiles problèmes de la science du langage. Une connaissance approfondie du grec et du latin fut le fondement solide de son éducation, comme elle le sera toujours de toute haute éducation intellectuelle. Puis, travailleur infatigable, il a étendu sans cesse le cercle de ses études, de façon à y faire entrer successivement, ainsi que nous l'avons vu, les langues et les littératures des plus nobles membres de la grande famille humaine.