‹ Nouvelles lecons sur la science du langage cours professe a l'institution royale de la Grande Bretagne en l'annee 1863Chapitre 21 sur 30 · IL · texte numérisé non relu

IL

En latin, le dy initial du sanscrit est représenté par j; de sorte que Jû dans Jûpitei' correspond exactement au sanscrit Dyo. Jovis, au contraire, est une forme secondaire, et représenterait au nominatif singulier une forme sanscrite Dyàvih. On a découvert des traces de l’ancienne présence en latin d’un dj initial dans Diovis, lequel était, suivant Varron(L. Z,. V. 10, 20), un vieux nom italien pour Jupiter, que l’on a rencontré sous la même forme dans des inscriptions osques. Vèjovis, aussi, vieille divinité italienne, se rencontre quelquefois écrit Vêdjovis.

On n’a jamais douté que le grec Zén, Zênos, n’appartienne à la même famille de mots; mais il y a eu une grande diversité d’opinions au sujet de la structure étymologique de ce mot. J’explique Zén, ainsi que le latin Jan, la forme plus ancienne de Janm, comme représentant une forme sanscrite dyav-an, formée comme rdjan, mais avec gouna. Or de même que yuvan {jùvenis) est contracté en Jün dans Junior, ainsi dyavan devait donner en latin Jan suivant la troisième déclinaison (1), ou, sous une forme secondaire, Jàn-us. Janus-pater était employé comme un seul mot en latin, de même qaeJu/riler. On l’appelait aussi et Quirinus (2), et il était, autant que nous en pouvons juger, une personnification de Dyii, le ciel, considéré spécialement dans ses rapports avec l’année. C’est à ce dieu que le mois de janvier doit son nom. Et

conjectures concernant leur caractère étymologique. Voir Curtius, Gru‘ndzüffe,\l, p. 188.

(1) Tertullien, ^pol. c. 10 : « A Jano vel Jane, ut Salii volunt. » Hartung, Religion der Rômer, II, 218.

(2) GeU. V, 12, b.

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comme Ju répond à Zeu, ainsi Jàn répond à Zên; seulement, en grec, Zên est resté dans la troisième déclinaison, celle où le génitif se termine par une consonne, au lieu de passer dans la deuxième, ainsi qu’il aurait pu le faire sous la forme Zënos, Zénou. Le nom latin Jùnô, Junon-is, correspondrait à une forme grecque Zênôn^ employée comme substantif féminin.

La seconde forme, DIV, apparaît en sanscrit dans les cas obliques, gén. divas, dat. dive, instrum. divd, acc. divam, etc. Par exemple (i?n. I. 50, H), « O soleil, qui te lèves maintenant, et qui montes au ciel supérieur (ûttarâm divam, fém.), détruis le chagrin de mon cœur et ma pâleur! »

Rv. I. 51, 3: «Chante au puissant Dyu {divé brikaié, masc.) un noble cantique. »

Rv. 1. 7, 3 : «Indra a fait lever le soleil au ciel (divi) pour qu’il pût voir au loin et au large; il a fait éclater le rocher pour les vaches. »

Ces formes sont représentées très-exactement dans les cas obliques du grec JDiPos, BiFi, DlFa.

En latin, la semi-voyelle labiale, le digamma comme on l’appelle, ne tombe pas nécessairement, ainsi que nous l’avons vu dans Jovis, Jovem, etc. Elle tombe cependant dans Diespiter, et aussi dans dîum, pour Dîvum « ciel » , d’où dérive Diâna, au lieu de Divâna « la céleste » (originairement Deiana) tandis que dans dîv-înus le v final de la racine div est conservé.

En sanscrit, il y a plusieurs dérivés de div, tels que diva (neutre) «ciel» ou «jour», divasa{va. n.) « ciel et jour », divya «céleste»; dina {m. n.) «jour» est probablement une contraction de divam. En lithua-

nien nous trouvons àiena. Le latin diês correspondrait à une forme sanscrite divas, nom. sing. divâs, masc.

Enfîn, si nous élevons div au gouna, nous obtenons le sanscrit deva, originairement « brillant » , ensuite (I dieu » . 11 est curieux que cette signification étymologique soit omise dans le dictionnaire de Boehtlingk et Roth. 11 est clair que ces savants l’ont omise à dessein, afin de montrer que dans tous les passages où deva se rencontre dans le Véda, on peut le traduire par «dieu » ou par « divin » . Il serait diiïicilc de prouver que, dans certains cas, deva ne saurait se traduire de cette manière; mais on peut facilement démontrer qu’il est bon nombre de passages où la signification originelle de « brillant » est beaucoup mieux appropriée. Ainsi nous lisons, Rv. 1, oO, 8 ; « Les sept Harits (chevaux) te portent sur ton char, ô brillant [devci) Soleil, à la chevelure de feu, toi qui vois au loin » . Sans doute nous pourrions traduire par « O divin soleil »; mais l’explication du commentateur, dans ce passage et autres semblables, paraît plus naturelle et mieux appropriée au contexte. Ce qu’il y a de plus intéressant dans le Véda, c’est précisément cette incertitude qui plane sur le sens des mots, c’est le caractère demiphysique, demi-spirituel de mots comme deva. En latin dem ne signifie plus « brillaut » , mais simplement a dieu ». Il en est de même de theàs en grec, de diewas en lithuanien.

Mais en sanscrit nous pouvons étudier la formation du terme général qui finit par répondre à l’idée de divinité. Les principaux objets de la poésie religieuse des bardes védiques étaient ces êtres brillants, le Soleil, le Ciel, le Jour, l’Aurore, le Malin, le Printemps,

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chacun desquels pouvait être appelé deva «le brillant » . Ils ne tardèrent pas à être opposés aux puissances de la nuit et des ténèbres, appelées quelquefois adeva^ littéralement « les non-brillants » , puis « impies, mauvais, malfaisants » , Ce contraste entre les êtres brillants, bienfaisants, divins, et les puissances malfaisantes des ténèbres, les démons, est de date trèsancienne. Druh (t) « la méchanceté » est employé comme nom des ténèbres ou de la nuit, et l’Aurore est représentée comme chassant les odieuses ténèbres de Druh {Rv. VII, 75, I; voir aussi I, 48, 8; 48, 15; 92, 5; 113, 12). On loue les Adityas de ce qu’ils préservent l’homme de Z)rM/^J(VIlI, 47, 1), et l’on supplie Maghavaii ou Indra d’accorder à ses adorateurs la lumière du jour, après avoir chassé les nombreux Druhs impies (III, 3119 : druhdh vi yâhi bahulâJi ddevîh). « Puisse-t-il tomber dans les cordes de Druh » est une formule de malédiction (VII, 59, 8); et, dans un autre passage, nous lisons : « Les Druhs suivent les péchés des hommes » (VII, 61 , 5). De même que les sombres puissances des ténèbres, le Druh ou les Rakshas, sont appelées adeva, ainsi les Dieux brillants sont appelés adruh (Vil, 66, 18, Mitra et Varuna). Deva étant appliqué à toutes les manifestations brillanteset bienfaisantes dans lesquelles les Aryens primitifs découvraient la présence de quelque chose de surnaturel, d’inaltérable, d’immortel, ce mot devint avec le temps le nom géné-

(1) Voir Kuhn, Zeitschrift, 1, 179 et 193, où, par des étymologies plus ou moins certaines il fait remonter à druh eoyii), «XxCv, iipexéc, le zend Drukhs, et les mots allemands trügen et lügen. En anglo-saxon nous trouvons dreoh-laecan « magiciens, » dry « magicien, » dolh a blessure ».

ral de tout ce qui appartenait en commun aux différents dieux ou noms de Dieu. Ce nom suivit comme une ombre l’élévation graduelle de l’idée épurée de la Divinité, et, lorsque celle-ci fut arrivée à son apogée, deva était presque le seul mot qui eût conservé quelque vitalité dans cet air pur, mais raréfié, des hauts sommets, où vient vite l’épuisement et la mort. On peut dire, en changeant d’image, que, dans la course de l’esprit humain vers la plus noble conception de la Divinité, les Arfï/ÿiw, les Vasus, les Asuros et autres noms, étaient restés en arrière ; les Devas seuls étaient en avant pour exprimer theôs, deus, Dieu, Même dans le Véda, où il est possible d’entrevoir encore la signification originelle de deva « brillant » , ce mot est aussi employé dans le même sens que iheos chez les Grecs. Le poète (X, 121, 8) parle de

a Celui qui entre les dieux était seul dieu. »

Yah devesku adhi devah ekak âs!t.

Un dernier pas nous mène, en sanscrit, aBaiva, dérivé de deva, lequel s’emploie dans Je sanscrit plus moderne pour exprimer le sort, le destin.

Il n’y a que peu de chose à dire des mots correspondants qui ont existé d'ans la branche teutonique et dont les débris ont été recueillis par cet éminent savant et cet esprit pénétrant, Jacob Grimm (1). Le dieu de l’Edda, Tyr (gén. Tys, acc. Ty), répond, pour le nom, au Dyu védique, et, en ancien norrois, mardi se dit tysdagr. Quoique, dans la théogonie de l’Edda, OdUn soit le dieu suprême, et que Tyr soit son fils, il y a encore des vestiges qui nous montrent que

( 1 ) Deutsche Mythologie, p. 175.

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dans des temps plus anciens, Tyr, le dieu de la guerre, était adoré par les Germains comme leur divinité principale (1). En anglo-saxon le nom de ce dieu ne se rencontre plus comme mot indépendant, mais on l’a retrouvé dans Tiwesdaeg^ anglais moderne tuesday « mardi » . Dans l’ancien haut-allemand le même nom se trouve dans Ziestac, pour le Diemtag de l’allemand moderne. Kemble cite, comme contenant le nom de ce Dieu, des noms de lieux en Angleterre, tels que Tewesley, Tewing, Times mère, Tewes Vorn, et des noms de fleurs (2), tels que les mots de l’ancien norrois Ti)sfiola, Ti)rhjalm, et Tysvi^r.

Outre ce nom propre, ürimm a signalé également le le mot éddique llvar, nom. pl., «les dieux x.

Enfin, quoiqu’on ait dit pour soutenir l’opinion contraire, je pense que Zeuss et Grimm ont eu raison de rattacher le Ttiisco de Tacite à l’anglo-saxon Tito, lequel, en gothique, aurait eu le son de Tin. Les Germains étaient regardés par Tacite, et ils se regardaient probablement eux-mêmes comme les aborigènes de leur pays. Dans leurs poèmes, qui étaient, dit Tacite, leurs seules annales et les seuls monuments de leurs traditions, ils célébraient comme étant les divins ancêtres de leur race, Tuisco, né de la terre, et son fils Manmis. Donc, de même que les Grecs, ils considéraient les dieux comme les ancêtres de la famille humaine et ils croyaient qu’au commencement la vie était sortie de ce sol inépuisable qui soutient et nour-, rit l’homme, et pour lequel, dans leur langage simple,

(1) Grimm, Deutsche Mythologie, p. 179.

(2) Kumble, Saxons in Enyland, 1, p. 351 . Grimm avait le premier signale ces noms, Deutsche Mythologie, p. 180.

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ils n’avaient pas pu trouver de nom plus vrai que la Terre, notre mère. Il est facile de voir que le Mannus dont parle Tacite comme étant le fils de Tuisco, est le même mot que l’anglais man, etsigniflaitoriginairement « l’homme » • 11 dérivait de cette même racine man « mesurer, penser » , qui a donné en sanscrit Matm. Man, ou, en sanscrit Manu (1) ou Manus, c’est-à-dire « le mesureur, le penseur » , était le nom le plus tioble et le plus fier que l’homme pût se donner à lui-même, et de ce nom est dérivé l’ancien haut-allemand mennisc, l’allemand moderne Mensch. Ce memisc, comme le sanscrit manushya, était originairement un adjectif, ou, si l’on veut, un nom patronymique : il signifiait « le fils de l’homme Dès que mennisc et manushya devinrent les mots consacrés de la langue vulgaire pour signifier « l’homme » , le langage lui-même fournit le mythe, que Manuséidii l’ancêtre des Manushyas. Or Tuisco semble n’étre qu’une forme secondaire de Tiu, suivie du même suffixe que nous avons vu dans mennisc, et sans aucun changement de signification. Pourquoi donc Tuisco était-il appelé le père de Mannu? Simplement parce que c’était un des premiers articles de la foi primitive de l’humanité, que, dans un sens ou dans un autre, les hommes avaient un père ‘au ciel. Pour cette raison . Mannu était appelé le fils de Tuisco, et ce 7 ’mwco,

J >nc‘' - G- f' '■< (^nime nous le savons, était originairement le dieu de la lumière chez les Aryens. Tout cela formait le sujet de ces chants que Tacite a entendus, et que les Germains chantaient avant d’aller à la bataille, pour

(1) Sur Manu et MInos, voir Kuhn, ZeiUchrift, IV, 92. Le nom de Sarydta, le fils de Manu, ne peut guère être comparé avec Kréta.

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enflammer leur courage, et pour se préparer à la mort. Pour une oreille italienne, ces chants répercutés par leurs boucliers, et nommés pour cette raison, barditm (ancien norrois, bardhi «bouclier»), devaient sembler âpres et sauvages. Bien des Romains se seraient moqués d’une pareille poésie et d’une pareille musique. Ce n’est pas ainsi qu’a agi Tacite. Lorsque l’empereur Julien entendit sur les bords du Rhin les chants populaires des Germains, il ne trouvait à les comparer qu’aux cris des oiseaux de proie. Tacile les appelle un concert de cœurs valeureux, concentus virtutis. Il rapporte également (Ann. II, 88) que les exploits d’Arminius étaient chantés par ces barbares, et il parle ailleurs (Ann. 1, 95) de ces festins qui se prolongeaient pendant toute la nuit, et où les Germains chantaient et criaient jusqu’à ce que le matin les appelât à de nouveaux combats. %■ ^

Tacite ne pouvait répéter que pour les avoir entendus, ces noms qu’il cite, comme Mannus, Tuisco, etc., et si l’on considère toutes les difficultés de cette tâche délicate, on ne peut qu’être surpris de voir combien ces noms, tels qu’il les a écrits, se prêtent facilement à une explication étymologique. Ainsi, Tacite ne nous dit pas seulement que Mannus était le père de la race germanique ; il mentionne aussi les noms de ses trois fils ou plutôt les noms des trois grandes tribus, les Ingaevones, les Iscaevones et les Herminones, qui dérivaient leur origine des trois fils de Mannus. On a montré que les /n^aeuones déri vent leur nom de Yng, Yngo, ou Ynguio, qui, dans l’Edda et dans le Beowulf, est cité 4X>mme vivant d’abord chez les Danois orientaux, et comme avançant ensuite sur son char du côté de l’est,

en passant au-dessus de la mer. Il y a une race septentrionale, les Ynglings, et leur généalogie commence avec Yngvi, Niôr^r, Frayr, Fiôlnir (Odin), Svegdir, qui sont tous des noms d’êtres divins. Une autre généalogie, donnée dans l’ Ynglinga-saga, commence par JYiôr^r, identifie Frayr avec Yngvi, de qui elle dérive le nom de la race.

Le second fils de Maniius, Isco a été identifié par Grimm avec Askr, autre nom du premier-né des hommes. signifie aussi « frêne », et on a supposé que ce nom fut donné au premier homme par suite de la même conception qui fit imaginer aux Grecs qu’une des races de l’homme était issue de frênes (i% (i£>.iàv). Alcuin emploie encore cette expression « fils du frêne» , comme synonyme à' homme (1). Grimm suppose que les /«cffrao/iei habitaient près du Rhin, et que l’on peut découvrir une trace de leur nom dans Asciburgium ou Asciburg, sur le Rhin, où, d’après l’extravagant rapport qui fut fait à Tacite, on avait découvert un autel dédié à Ulysse, et portant aussi le nom de son père Laërte (2).

Le troisième fils de Mannus, Irmino, porte un nom qui est incontestablement germanique. Irmin était un vieux dieu saxon, de qui, probablement, dérivaient à la fois le nom à'Arminim et celui des Herminones.

Le principal intérêt de ces fables germaniques sur Tuisco, Mannus, et ses fils, provient de leur caractère religieux. Elles expriment le même sentiment que nous retrouvons sans cesse chez les nations aryennes, à savoir, que l’homme a conscience de son origine cé-

(1) Ampère, Histoire littéraire de la France, IH, 79.

(2) Germanie , c. 3.

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leste et terrestre, qu’il se proclame le fils d'un père qui est aux cieux, tout en reconnaissant non moins nettement qu’il a été fait de la poussière de la terre. Telle était la croyance des Hindous lorsqu’ils appelaient Dyu leur père, et Prithivî leur mère; telle était la croyance de Platon lorsqu’il disait que la Terre, comme la mère, donnait naissance aux hommes, mais que Dieu leur donnait leur forme (1); et telle était aussi la croyance des Germains, malgré la confusion que fait Tacite, quand il nous dit qu’ils célébraient dans leurs chants Mannus, comme fils de Tuisco, et Tnisco, comme étant né de la terre.

Voici ce que dit Grimm des éléments religieux cachés dans la mythologie germanique (2) :

« Dans notre mythologie païenne, nous voyons ressortir avec un relief net et hardi les idées que le cœur humain demande avant toutes les autres, et dans lesquelles il trouve son principal soutien. Là, le dieu suprême est un père, un vieux père, un dieul qui accorde aux vivants ses bénédictions et la victoire, et qui ouvre aux mourants l’entrée de sa demeure. La mort est appelée Heimgang (3), le retour à la maison paternelle. A côté du dieu se tient la déesse suprême, comme une mère, une vieille mère, une a'ieule: c’est la mère sage et pure de la race humaine. Le dieu est majestueux, la déesse éclatante de beauté. Tous les deux parcourent la terre et sont vus au milieu des hommes, lui, enseignant la guerre ainsi que l’art de fabriquer les armes

(1) Polit., p. 414 : xai yfi aÙTOÙ; iniTiîp owffa àvi^xe — à).X* 6 Ô£i; TcXàt» Tuv. Welcker, Griechische Gôtterlehre, I, p. 182.

(a) Grimm, Deutsche Mythologie, XL, 1 .

(3) En anglais going home.

et de s’en servir, elle, apprenant à coudre, à filer et à tisser. Le dieu inspire le poème, la déesse protège le conte. »

Permettez-moi de terminer celte leçon en citant les éloquentes paroles d’un poète vivant (t) :

« Alors ils jetèrent leurs regards autour d’eux sur la terre, nos ancêtres au cœur simple, et ils se dirent en eux-mêmes : ' Où est le père commun, si un tel père existe? Ce n’est pas sur cette terre, car elle périra. Ce n’est pas non plus dans le soleil, ni dans la lune, ni dans les étoiles, car ils périront aussi. Où est celui qui demeure à jamais? ’ Alors ils levèrent les yeux, et ils virent, ou crurent voir, au-delà du soleil et de la lune, et des étoiles, et de tout ce qui change et changera, le ciel bleu et clair, l’immense firmament.

«Cela ne changeait jamais; cela était toujours le même. Bien bas au-dessous de cette région sereine roulaient les nuées et l’orage, et s’agitait ce monde bruyant; mais là-haut était le ciel resplendissant et calme comme toujours. C’est là que devait être le père commun, immuable dans cet espace qui ne changeait jamais; brillant, pur, et infini comme les deux, et comme les deux aussi, silencieux et bien loin.

«C’est pourquoi ils le nommèrent d’après le ciel, Tuisco — le Dieu qui réside dans le ciel pur, le père céleste. Il était le Père des dieux et des hommes; et l’homme était le fils de Tuisco et deHertha, le ciel et la terre. »

^ (l)C. Kingsley, The Good News of God, 1839, p. î41.

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