DUS MANIBUS
Sa main droite flottait sur cette inscription :
AELIAB ROMANAE - CONIVGI DULCISSIMAE
Et quand je portai mes lèvres à son front, manière antique de recueillir une douce réponse^ je lus au-dessus de sa tête :
SUB ASCJA DEDICAVIT.
LA VILLA MARAVIGLI08A. IIÇ
Qae ta pudeur se rassusre : bientôt devaient se célébrer mes fiançailles avec M"^ Vénus de Frontifero.
« Et tu Tas épousée? Et la galerie est à toi^ et la belle villa maravigliosa t'appartiendrait?
— Écoute. Je n'étais pas fâché de connaître dans le pays la réputation de mon futur beau-père, avant de me lier poir toujours à sa fille. La villa est un bourg, et chaque maison de ce bourg, hôtellerie, magasin, atelier, dépend de la villa ; juge si les locataires me dirent du bien du seigneur Frontifero, leur propriétaire. On me savait son ami, je répéterais les rapports élogieux qu'ils m'en feraient. De là quelque adoucissement au prix de leur loyer. Il y eut apologie universelle.
Mais un événement me fournit les moyens d'apprécier plus directement le caractère et les mœurs du comte, mon futur beau père.
Un soir que, cetiré dans ma chambre, je dessinais un buste d'après l'antique, j'entendis du bruit à côté. Minuit sonnait. Les chiens avaient cessé d'aboyer, les chanteurs de se mêler aux aboiements des chiens ; un calme universel régnait dans la maison et dans les greniers. Conduit par le bruit que faisaient deux voix, je me dirigeai vers la cloison, et, à travers les fentes, j'aperçus Policastro, mon aubergiste, éclairant le comte de Frontifero qui entra et s'assit dans un fauteuil. Policastro posa la lampe sur^ la table et s'assit également.
Policastro ouvrit un livre, qu'à sa forme et à ses taches de graisse je reconnus pour être celui