‹ Nouvelles lettres a MM. les membres du Conseil municipal de Paris sur le centenaire de VoltaireChapitre 3 sur 9 · FAIT TOUS 1E3 JOURS · texte numérisé non relu

FAIT TOUS 1E3 JOURS

(1) Lettres <Iu 22decembre 1766 ; des 11 fevrier et 17mai 1772 19aoutl773, etc.

(2) Lettre a M" du Deffand, 18 mai 1767.

18 NOUVELLES IJ3TTRES

L autre S6miramis ne valait pas celle-ci : le Ninus n etait qu un vilain ivrogne. J admire sa veuve, je 1 aime a la folie (1).

On lui a-bien de robligation d avoir eu le cou rage de detroner son mari, car elle regne avec sagesse et avec gloire... Dites-donc beaucoup de Men de Catherine, je vous en prie, et faites-lui une bonne reputation dans Paris (2). o

Frederic fit la guerre a la France, et Rosbach fut pour nous un desastre de plus. Catherine et luitremperent dans un crime inexpiable, le meurtre de la Pologne. Voltaire alors au moins cessa-t-il de les encenser? Tout au contraire; jamais ses adulations ne furent plus enthousiastes. C est alors que Voltaire appelait Catherine Notre-Dame de Peiersbourg, une sainte, la plus grande sainte que le Nord ait ja mais portee (3). Sainte Catherine, dit-il, est 1 objet de mon culte. Puisse ma sainte gouter toutes les sortes de plaisirs, comine elle a toutes les sortes de gloires (4). M

Nous y reviendrons, mais c est assez pour une lettre.

Je voulais vous prouver, Messieurs, que Voltaire fut tout le contraire d un democrate; que loin de se soucier du peuple, il en fut I msulteur ; bien plus, qu il en voulait eterniser Tignorance et Toppression ; enfin, qu il a ete toute sa vie aristocrate orgueilleux et bas courtisan : est-ce demontrS ?

(1) Lettre k d Argental, 23 Janvier 1768.

(2) Lettre k Damilaville, 22 decembre 1766, et tant d autrea lettres.

(3) Lettre du 3 Janvier 1773, etc.

(4) Lettre a Catherine, 11 decembre 1772.

Et maintenant, Messieurs, de nouveau, je vous le demande : Comment pouvez-vous presenter aujourd hui cette idole a la democratic franchise? Vous respectez le peuple, Voltaire 1 a insulte comme on ne 1 insulta jarnais. Vous voulez servir le peuple, Voltaise declare qu il ne se mele pas de cette populace . Vous voulez 1 instruire, Voltaire declare que la raison n est pas faite pour lui. Vousle voulez libre, Voltaire le veut sous le joug. Vous voulez clever la democratic, lui inspirer le respect d elle-merne, Vol taire a perdu dans 1 adulation et la servilite tout ce qui constitue les fiers caracteres et les ames viriles ; voila le vrai!

Et vous voudriez trainer le peuple a ses pieds.

Eh bien ! soit, trainez le peuple aux pieds de 1 idole ; mais au-dessus de L autel, ecrivez, en lettres d or, ces mots:

II n est pas a propos que le peuple soit instruit, il nest pas digne de Vetre.

LE PEUPLE RESSEMBLE A DES BCEUFS AUXQUELS IL FAUT UN AIGUILLON, UN JOUG ET DU FOIN.

A I egard de la canaille, je ne m en mele pas ; elle sera toujours la canaille.

Et Ton comprendra ainsi qu une fete populaire en 1 honneur de cet homme plein de mepris, et a un tel degre, pour les faibles, plein de bassesse, et aun tel degre, devant les grands, n est et ne peut etre qu un supreme outrage, et aux principes que vouspretendez representer, et au peuple que vous voulez jeter a ses pieds.

Veuillez agr^er, etc.

SIXlfiME LETTRE

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