‹ Nouvelles lettres a MM. les membres du Conseil municipal de Paris sur le centenaire de VoltaireChapitre 8 sur 9 · DES TENEBRES · texte numérisé non relu

DES TENEBRES

Et, presque le meme jour, il ecrit, de cette indigne rhapsodic y de cette oeuvre de tenebres, qui deshonorerait la librairie, il en Sclit ceci au due de Richelieu, son

(1) A. d Argental, 20 mai 1775,

lieros : La voulez-vous, pour vous amuser, Monseigneur?... Quoi? qui ? La Pucelle, la Pucelle, la Pucellel Je VQUS 1 enverrai par la voie que vous m ordonnerez; vous L aurez plus complete et plus finie que personne ; et cela ne lassera pas que d egayer votre belle imagination. G est le vrai breviaire de mon h6ros (1).

Mais ce n est pas tout.

Un libraire de Geneve imprime le poetne, que les libertins se disputaient deja partout.Que fait Voltaire ? Saisi d horreur, dit-il, a la vue de ce poeme, mais au fond ne voulant que se mettre lui-meme a 1 abri, en perdant un malkeureux : au nom de tout ce qu il y a de plus sacre, au nom de la religion outragee, il denonce lui-meme 1 ouvrage aux magistrals de Ge neve, et fait mettre le libraire en prison.

Je fus saisi d horreur a la vue de cette feuille qui insulte avec autant d insolence que de platitude A TOUT CE QU IL Y A DE PLUS SACRE. Je dis que ni moi, ni per sonne de ma maison, ne transcrira jamais des clioses si INFAMES... Ni vous, Monsieur, ni le magnifique Gonseil, ni aucun membre de cette Republique ne permettra DES OUTRAGES ET DES CALOMNIES si HORRIBLES, et en quelque lieu que soil Grasset, j mformerai les ma gistrals de son entreprise, QUI OUTRAGE EGALEMEJNT LA

Page 1