‹ Nouvelles lettres de femmesChapitre 25 sur 30 · I L I AT I O H · texte numérisé non relu

I L I AT I O H

nl(M. pas d -mord?, bien entendu. « Puis-

que je suis démariée en principe, me disais-je, je

suis libre: je n'ai plus de devoir?, et partant, je ne saurais mal taire. Darthenay, il est vrai, doit m'épouser... Eh bien' je serai obligée d'être fidèle

à Darthenay quand il sera mon mari. Jusque-là, je ne lui dois rien... » Il l -tu, pour aller

la vie, rien de tel que de tenir t aux principes.

Une démarche me restait a taire : visiter le président, qui devait prochainement nous appeler en conciliation. Mi Pr^

cédentescamfj

Saint-Mandé, d<>nt l'affaire était en avance sur la mienne d'environ huit jours.

Oh! me dit-elle, celui-là n'es: pas bien

un homme plus tout jeune, d\\\ complimenteur, très galant.

à la façon des vieui m w-lc aller

sans crainte. Et puî r.able

avec lui, il pourrait vous empêcher de divor-

cer ...

M'empécher de divorcer!. .Quii ivant,

cela m'aurait été à peu près égal, sauf pour Annetce. Mais maintenant, après Darthenay, après l'avoué brutal... Tout rapprochement me semblait impossible, immoral.

Je fus donc aimable avec le président, M. de la Coudraie. C'était un petit homme replet, point trop gros, figure un peu colorée, flanquée de favoris bruns très fournis. Au cours de notre entretien, ce magistrat parut exclusivement préoccupé de débiter des inconvenances énormes, qui n'étaient pas toutes spirituelles, sur les rapports des époux et des épouses. J'essayais de le ramener à mon affaire, je disais :

— Tous les soirs, monsieur le président, mon mari allait donc rue Bassano, chez cette Henriette de Conti ..

Il m'interrompait :

— Tous les soirs! Tous les soirs! C'est un homme admirable, vraiment admirable, ce Paul... Et avec sa petite femme, tout de même... affectueux? Admirable, admirable !

Il pirouettait, venait m'embrasser la main, me prenait par le menton, me souriait dans les yeux

d'un air à la fois paternel et égrillard. Il m'a mait: je n'osais pourtant l'envoyer promener, me

rappelant ce qu'avait dit la petite Saint-Mandé :

pourrait empêcher le divorce. • Au bo

trois quarts d'heure de cette conversation à tons rompus, il s'assit enfin :

— \ en< moi, mon enfant.

il me saisit les mains, et comme un petit sermon, du ton le plus amical, tout en me chatouillant les paumes et en cher.' nus genoux avec ses g Ma chère en-

fant... le divorce, \ : bien gr.

Une femme seule dans la vie... sai teur... (Il glissait ses doigts dans ma mancl Pour une peccadille : car vous i:

croir us n'aimez plus (il m'cmhr

:re mari, j

. en revanche, l les premiers souvenirs du m ■ liile de son bl

Est-ce bête! J'étais si émue de tous les souvenirs qu'il me rappelait que je le laissais faire, pensant à Paul... Pauvre Paul! Vrai qu'il avait été un gentil mari, gai, amusant, généreux, amoureux! Depuis tantôt sept semaines, j'avais cruellement pâti de son absence. L'idée de revenir à lui, de lui appartenir à nouveau, réapparaissait à travers les paroles caressantes du président comme la promesse d'une nouvelle lune de miel, — et, à cette idée, je m'amollissais, je m'alanguissais...

— Monsieur!...

Je bondis sur mes pieds, réveillée en sursaut, furieuse... Croirais-tu, ma chère, que ce galantin de président profitait de l'espèce de rêve où me plongeait la pensée de Paul, se permettait... Non, mais ils ne doutent de rien, dans la magistrature assise! M. de la Coudraie a esquivé la plus belle gifle qui eût jamais fleuri la joue d'un magistrat.

Il ne se fâcha pas, et, arrêtant au vol ma main, qu'il baisa :

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