LETTRE CXV
(Du Béarn, fin de 1541.)
Monseigneur, ce porteur se connoist tant et en tant de sortes obligé à vous estre fidèle et léal oultre le commun de vos subjets et serviteurs, veu les biens et honneurs que de vostre seul mouvement il vous a pieu luy faire, que je luy ay dist plusieurs propos de ce que despuis vostre parlement de Bourdeaux ' j’ay entendus. Car, Monseigneur, aultant que vous avez laissé de repos et contentement aux bons, vous avez donné île tormentaux mauvais, qui jamais n’eussent pensé ny voulu voir leur Roy en ce pays, et encores mains ouyr les propos que vous y avez tenus de vouloir entendre la vérité de toutes chouses, lesquelles [ ilz ] mettent bien peine de pallier. Vous suppliant, Monseigneur, en vouloir ouyr deux mots seulement et y prouvoir
• « Le Roi , allant à La Rochelle avec forces pour chastier les rebelles, passa par Bourdeaux. » (De Lusse, Chronique Bourde/oise .}
selon la grâce qui est en vous, et, j’en suis seure, de celuy qui vous fera regner heureux sur vos ennemis ; où, si les prières d’une malade estoient dignes de vous servir, vous savez bien, Monseigneur, que de nulle personne ne peuvent faillir, ne de millieur cueur, ny de personne plus affecsionnée ne plus tenue à vous que de celle qui plus que très humblement vous supplie avoir en vostre bonne grâce pour très humblement recommandée
Vostre très humble et très obéissante subjecte