LETTRE CXXIV
Aü ROI.
Monseigneur, il me desplaist bien que moy mesmes ne puis aller sactifaireà vous mercier très humblement de tant de bien et d’honneur qu’il vous plest daigner continuer de me faire en prenant tant de soucyde moy, coume il vous plest par vostre lectre et ce que m’en a dist ce porteur me desmontrer. Qui me donne tant d’aise, que, en lieu d’avoir pacience de mon ennuy vous m’en faites desirer d’aultres , pour le contentement que j’ay trouvé en vostre consolacion. Suppliant celluy de qui tant de bonté vous est despartie, vous rendre pour moy la grâce dont assez ne puis reconnoistre i’obligacion ; car il vous peult donner ce que je ne puis que vous desirer. Et pour ce, Monseigneur, que ce porteur vous dira l’estât où il m’a laissée et l’ennuy que j’ay de ne pouvoir mener mon corps selon ma voulenté, je ne vous ennuiray de redite, sinon de vous supplier, si vous voyez que je me doive advancer, n’espargner la personne qui n’est née en ce monde que pour vous servir. Car vous savez , Monseigneur, que plus grant bien ne desire que de fere
1 Sa grossesse.
chose qui la perpetue, selon sa foy, en vostre bonne
giace
Vostre très humble et très obéissante subjecte et mignonne Marguerite-
[Ms. n” 51. ]