‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 6 sur 154 · LETTRE III · texte numérisé non relu

LETTRE III

AD ROI, A PIZZIGHITOSE.

( Lyon, avant le 1 1 avril 1525. )

Monseigneur, louant Dieu de votre bonne santé et de l’honneste et gracieux traictement que le visroy et le sieur Alarcon vous font, vous veux bien asseurer que , despuis le partement de Montpezac 1 , madame a continué à fere pour sa vie et santé ce qu’elle pense que vous en desirez ; et la trouve mieux et plus forte que ne fis longtemps a. Elle a tous les jours nouvelles de messieurs et dames vos enfans, quy se portent si bien, tant en beaulté, force, que en vertus, qu’il semble que Dieu en nostre tribulation nous les donne si sains et de bonne nature pour nous consoler. Mais sus tous monsieur d’Angouléme * est aimable. Quant est de vostre pouvre soeur, vous escripvant cete lectre au pied du list de monsieur d’Alençon, il m’a prié vous présenter avec les miennes ses très humbles

Roi ) fait karesme de tortues, qu’il treuve bieu bonues. » 11 paraît donc que les prières de Marguerite ne purent rien gagner sur la résolution de son frère.

‘ Antoine de Lettes, qui prit le nom de Montpezat, pour obéir à Antoine des Prez de Montpezat , son oncle, mort sans enfants. — Fait prisonnier à Pavie. François I* paya sa rançon. Il rentra en France, et fit plusieurs voyages vers l’Empereur, chargé des commissions secrètes de Louise de Savoie. 11 devint maréchal de France.

' Charles, troisième fils du Roi, né en i5aa, le aa janvier; il avait alors trois ans.

LETTRES INÉDITES recommandacions , et que s’il vous avoit veu avant mourir, il en iroit plus content en paradis. Je ne say que vous en dire, Monseigneur; tout est en la main de Dieu ' ; mais je vous supplie que pour nul regret, tant de luy que de celuy que vous me sentirez avoir, ne vous en donner ennuy; et soyez seur que quoy qu’il adviengne , j’espère que Dieu me donnera force de le porter pour garder madame d’ennuy, afin que le nostre ne vous causast ce que nous craignons. Et le suppliant vous garder en l’estât, et que bientoust le puissions voir, que vous désire

Vostre très humble et très obéissante subjecte et seur Marguerite.

[Ms. n" 30.]

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