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SOURCES DE LA PHILOSOPHIE DE LEIBNIZ. XXV

Cette note indique la juste mesure dans laquelle on peut dire que Leibniz est platonicien, et qu’il travaille à la renaissance de l’hellénisme. Elle prouve , en second lieu, que si Leibniz était nominaliste, il avait cessé de l’être près de trente ans avant ses Nouveaux Essais sur l’entendement. Elle prouve enfin, contre M. Reynaud, que Leibniz n’admet pas la métempsycose, puisqu’il combat la réminiscence.

Je pourrais multiplier ces citations de notes inédites tirées des deux dialogues qu’il a traduits; elles prouveraient toute la justesse de son esprit et la finesse de ses observations critiques. C’est ainsi qu’il remarque, au sujet d’un passage du Thèélète, l’espèce d’affinité qui existait entre Parmenide et Platon. La critique a depuis pleinement confirmé la conjecture de Leibniz, en montrant que Platon, ordinairement si tranchant avec les philosophes antérieurs, était, au contraire, très-réservé et plein d’égards quand il s’agissait d’Élée et de son fondateur, qu’il va même jusqu’au respect et à l’admiration, qu’il l'appelle enfin le grand Parménide, ô pryocî napp-sviS-fs? (*). Rien ne lui échappe des intentions de son auteur, il remarque que Platon, voulant faire croire à l’esprit prophétique de son maître, lui fait prédire la mort d’Evenus qui n’arriva qu’après la sienne (J).

Le Théétète, ce dialogue spécial et d’un genre plus sé-

rôle dans un système qui nous fait remonter si haut; mais il eût fallu, avec la réminiscence, admettre la métempsycose, qui en est le corollaire indispensable. C’est l’unique secret de la préférence qu’ils accordent à Aristote.

(') Page 124, en note.

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IHTRODUCTION.

vère que le Phédon , puisqu’il roule tout entier sur le but et l'objet de la science, ne paraît pas avoir entièrement satisfait Leibniz. Déjà il avait noté certains passages dont il ne voyait pas suffisamment la liaison, certaines difficultés dont Platon, à son avis, se tire assez mal. Mais nulle part la profondeur et la subtilité de son esprit n'éclatent davantage qu’au sujet d’un des passages les plus difficiles et les plus embrouillés de ce dialogue. Il s’agit d’une thèse que Socrate propose insidieusement comme sienne, et qu’il entreprend de réfuter aussitôt que son interlocuteur a donné dans le piège. Cette thèse est celle des éléments. Socrate a prouvé contre Protagoras que la science n’est pas la sensation , contre Théétète qu’elle n’est pas uneopinion vraie. Reste une troisième hypothèse. La science n’est-elle pas uneopinion vraie, fondée en raison ? péri Myou âXritbïî SéÇ*. C’est au début de cette troisième et importante partie du dialogue qu’apparalt pour être réfutée une doctrine assurément fort ancienne, puisque Leibniz nous apprend dans une note qu’on l’attribuait à Prodicus de Théos. La thèse des éléments consiste à dire que les premiers éléments dont les choses sont formées n’admettent pas la raison, que chacun d’eux pris séparément ne peut pas se nommer, qu’il est impossible d’en rien dire, pas même qu’il est. Ces éléments dont les syllabes, les mots et les phrases, les parties du corps humain et l’être lui-même, toutes choses enfin sont formées , éléments dont les sens nous attesteraient la présence, mais que la raison serait incapable d’atteindre, sont relégués par Socrate parmi les chimères. « Si l’on ne connaît pas le simple, dit-il , comment connaîtrait-on le composé , et si l’on

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