ATTAQUE AU CARTÉSIANISME
Ce grand système d’harmonie universelle avec ses branches multiples, philosophie de la nature, de la religion, de l’histoire et du droit, cette foule de grandes pensées qui se pressent dans le cerveau d’un seul homme, ces immenses symphonies dont on n’a souvent que le prélude déjà immense, tout cela fécondé par les plus étonnantes études, par les plus énormes travaux, semé d’aperçus entièrement nouveaux, jeté sur le papier plutôt qu’écrit dans les intervalles des voyages, des affaires, des plaisirs même, constitue une philosophie tellement originale et nouvelle qu’il semble inutile de réfuter l’opinion de ceux qui veulent en faire un rameau vigoureux mais direct de la philosophie cartésienne.
Je sais bien qu’une démarche énergique et hardie de l’école française, accomplie par M. Cousin, a eu pour but de rattacher plus étroitement Leibniz à Descartes et de souder ensemble ces deux philosophies pour n’en faire qu’une, et je ne me dissimule pas ce qu’il y avait d’habile à relier ainsi comme en un seul faisceau les forces de deux grands systèmes.
Mais alors (et cette question restée sans réponse dans l’histoire de la philosophie méritait d’attirer l’attention)