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ATTAQUE AU CARTESIANISME. CLVII

résies, l’hérésie dernière, l’athéisme, et qui l’engageait à se liguer avec lui contre ces dangereux ennemis de l’Église qui sont dans l’Église même. Dans l’affaiblissement général, cet homme, agité de pressentiments sublimes pour l’avenir des sciences, le premier peut-être, s’étonne du peu qu’on a fait et de ce qui reste à faire. Héroïque au travail, il entreprend d’un bout de l’Europe à l’autre ces voyages, ces correspondances qui reliaient les provinces les plus éloignées de la république des savants et qui montraient partout un esprit actif et nouveau, résolu à réveiller le cartésianisme endormi ou à combattre une influence qui lui paraissait exclusive et bornée. Or, cet homme, ce n’est ni Rohault, ni Regis, ni Roberval, c’est Leibniz.

Un vaste champ s’offrit bientôt où l'on put apprécier tout ensemble et la faiblesse du cartésianisme proprement dit, et la supériorité de Leibniz dans la polémique et la philosophie sur les cartésiens de la gauche et du centre. Du fond de la Hollande, un cartésien terrible s’élève, qui, plus hardi que Geulincz,se charge de dire le secret de tout le monde et de mettre dans tout son jour les conséquences panthéistiques de la doctrine de Descartes, suivant moi mal comprise, mais enfin longuement et sérieusement méditée. Sa doctrine s’étendit bientôt jusqu’en France, et l’on cria de toutes parts au scandale. Spinosa, il faut le reconnaître, fut désavoué avec un ensemble rare par tous les cartésiens de France. Malebranche s’exprime sur son compte avec colère, presque avec dégoût. Le ère Lami, que nous retrouverons dans des démêlés avec Leibniz, le réfute tout au long. On devait croire que le centre, ainsi ligué contre

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cette gauche cartésienne, serait le plüs fort; Ët toute* fois c’est un fait reconnu par M, Bouillier lüi-mêtnë que la faiblesse des réfutations cartésiennes de Spinosa (*). Celle du P. Lami (*) , Urée de sOtl Noutel athéisme renversé , est un exemple de ces réfutations banales du spinosisme, démontré faux et dangereux par voie de conséquences bien plus 'qu’il n’est rompit dans l’enchaînement même de ces principes, La cor* respondance de Malebranche avec Dortous de Mairan, qu’ont donnée MM; Cousin (â) et Feuillet de Conches (*), à montré, chose étonnante ! un jeune homme frappé de la rigueur apparente des principes de Spinosa, mais retenu par l’excellente éducation philosophique qu’il avait reçue, s’adressant à Malebranche poür être délivré déà doutes qui l’obsèdent par une résolution complète des objections qu’il lui envoie, et Malebranche déjà vieux, Malebranche touchant presqu’au terme de sa carrière philosophique, refusant d’entrer eh lice avec un système dont on lui avait plus d’une Ibis reproché de partager la principale erreur; répondant faiblement aux objections dont Mairan le presse, se justifiant mal des imputations de spinosisme qui lui sont adressées par lui, et finissant comme il a commencé par prouver à son correspondant qu’il n’a pas le vrai principe de critique pour réfuter Spinosa. Cette fois encore, c’est hors du camp

(') Bouliier, Philosophie cartésienne, t. II.

(*) Nouvel Athéisme renversé, ou Réfutation du système de Spinosa, par dom François Lami, religieux bénédictin de la congrégation de Sdint-Maur. Paris, 1636.

(8) Correspondance de Malebranche H dé Maifatt.

(*) Cousin, Fragments de philosophie cartésienne.

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