‹ Nouvelles lettres et opuscules inédits précédes d'une introductionChapitre 51 sur 108 · ATTAQUE AU CARTESIANISME. CLXXVII · texte numérisé non relu

ATTAQUE AU CARTESIANISME. CLXXVII

la remarque, qu’un cas de son calcul différentiel. « C’est un défaut des raisonnements de M. Descartes et de ceux du P. Malebranche de n’avoir pas considéré que tout ce qu’on dit du mouvement, de l’inégalité et du ressort se doit vérifier aussi, quand on suppose ces choses infiniment petites ou infinies. En quel cas le mouvement infiniment petit devient repos, l’inégalité infiniment petite devient égalité, et le ressort infiniment prompt n’est autre chose qu’une dureté extrême, à peu près comme tout ce que les géomètres démontrent de l’ellipse se vé rifle d’une parabole, quand on la conçoit comme une ellipse dont l’autre foyer est infiniment éloigné. Et c’est une chose étrange de voir que presque toutes les règles du mouvement de M. Descartes choquent ce principe que je tiens aussi infaillible en physique, qu’il l’est en géométrie, parce que l’auteur des choses agit en parfait géomètre. » Leibniz, convaincu de l’importance de sa méthode, ne cesse de l’opposer à Descartes et à Malebranche dans ses lettres à Arnauld. Il en fait un chapitre de son Discours de métaphysique , où il marque la différence profonde des deux voies : l’une, purement géométrique, qui est celle de ses adversaires ; l’autre, plus métaphysique que géométrique, et qui est la sienne. «D paraît de plus en plus, dit-il en concluant, quoique tous les phénomènes particuliers de la nature se puissent expliquer mathématiquement ou mécaniquement par ceux qui les entendent, que néanmoins les principes généraux de la nature corporelle et de la mécanique même sont plutôt métaphysiques que géométriques, et appartiennent plutôt à quelques formes oujiatures indivisibles comme causes des apparences qu’à la masse corporelle ou

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