CLXXVIII INTRODUCTION
étendue ; réflexion qui est capable de réconcilier la philosophie mécanique des modernes avec la circonspection de quelques personnes intelligentes et bien intentionnées, qui craignent avec quelque raison qu’on ne s’éloigne trop des estres immatériels au préjudice de la piété (’). » Dans sa correspondance avec Malebrauche , il emploie cette même méthode et des arguments empruntés au calcul difïéreutiel pour résoudre ses objections et combattre ses lois du mouvement. Il faut donc conclure non-seulement que Malebranche, en abandonnant le principe de Descaries, pour adopter enfin celui de Leibniz, acceptait implicitement sa méthode, mais aussi que c’est à cette méthode supérieure que Leibniz doit d’avoir détrompé Malebranche. '
Les faits le prouvent: les lettres de Malebranche témoignent qu’il avait connu sa grande découverte du calcul différentiel. Il se féliciterait, lui écrit-il, « de le tenir pour apprendre de lui mille belles adresses particulières relatives à ce calcul intégral et différentiel , et à la manière de l’appliquer aux questions de physique, » que le marquis de L'Hospital, lui-même, tout leibnizien qu’il était, ne lui expliquait pas d’une manière satisfaisante. Un texte de la Recherche de la vérité nous le montre recommandant à ses disciples l’étude du calcul différentiel.
Comment, en effet, Malebrauche, qui était de l’Académie des sciences et très-versé lui-même dans la nouvelle géométrie , n’eût-il point connu cette immortelle découverte? Mais alors quand on le voit, après une lutte de douze aimées, et à mesure qu’il devenait plus habile (*)
(*) V. Appendice, page 353.