‹ Nouvelles lettres et opuscules inédits précédes d'une introductionChapitre 54 sur 108 · ATTAQUE AU CARTESIANISME. CLXXXI · texte numérisé non relu

ATTAQUE AU CARTESIANISME. CLXXXI

Un séjour de deux ans dans cette contrée l’avait lié avec les principaux savants. Il avait connu Bianchini à Rome, Viviani à Florence, Guido Grandi à Pise, Muratori à Modène, Malpighi .à Pavie, et Spoleto à Padoue ; et il n’était resté étranger ni aux leçons des professeurs, ni aux découvertes des savants, ni aux travaux des Académies, où se perpétuait l’esprit de Galilée. Ses lettres à Fardella prouvent qu’il s’y était occupé de l’état de la philosophie (l). M. Bouillier, dans une récente histoire du cartésianisme, n’a pas assez tenu compte de la propagande que Leibniz, savant universel et cosmopolite, exerça dans ce pays. Uniquement occupé d'étendre l’influence du cartésianisme au delà des monts, il n’y a pas su discerner l’influence rivale, et il a fait de Fardella un cartésien. Mais cet astronome et ce philosophe, successivement professeur à Modène, à Venise et à Padoue, était surtout platonicien et augustinien, et travaillait même à un grand ouvrage de Philosophie platonico-augustinienne, et s’il avait, pendant un séjour de trois ans à Paris, connu Regis, Arnauld, Bernard Lami et Malebranche, dont il goûta les doctrines , il subit plus tard l’ascendant de Leibniz, qui vint le visiter à Padoue.

vers la fin du dix-septième siècle, en Hollande, une sorte d’éclectisme. Leibniz entretint toujours de nombreux correspondants en ce pays, où il a placé la scène de ses nouveaux essais et qui était comme l’entrepôt de son commerce d’idées avec l’Angleterre.

(') C’est ainsi qu’on le voit, après la mort de Borelli, le premier qui ait appliqué le mécanisme de Descartes à la médecine, et le chef des iatro-mécaniciens, exciter Spoleto, professeur de médecine et d’astronomie à Padoue, à entrer dans des voies nouvelles et à faire l’application des mathématiques transcendantes à son art : Mathematicum inter medica agere.

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