QUATRIÈME PARTIE
CRITIQUE DE LA DÉMONSTRATION CARTÉSIENNE DE L’EXISTENCE DE DIEU, SUIVIE DES REMARQUES SUR WE1GEL (*).
Parmi les philosophes du dix-septième siècle qui cherchaient avant tout la première vérité et la lumière universelle en Dieu même et voulaient donner à la démonstration de son existence une rigueur mathématique, je ne connais que deux grands esprits qui ne se tinrent pas pour entièrement satisfaits des preuves de Descartes : ce sont Pascal et Leibniz. Mais tandis que le premier blâme les preuves métaphysiques absolument, parce qu’il les trouve « si éloignées du raisonnement des hommes et si impliquées, qu’elles frappent peu, etqu’une heure après, elles ne laissent dans l’esprit que la crainte de s’être trompé,» ce que Leibniz reprend dans ces preuves, c’est le manque de rigueur, et il veut leur donner toute la précision et l’exactitude qu’elles comportent.
(') Pièces a consulter : Discours sur la démonstration de l'existence de Dieu par Descartes, p. 22. — Animadversiones ad Weiyelium, p. 146. — On peut aussi consulter avec fruit le chapitre que le P. Gralry a consacré à Leibniz dans son bel ouvrage de la Connaissance de Dieu.