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DES PREUVES DE DIEU. CXCI

Cette logique plus complète qu’il oppose à celle de Descartes, « qui va trop vite et fait violence à l’esprit sans l’éclairer, » et qu’il définit l’art de « ne faire des arguments qu’en forme, (*) » n’est point du tout l’art syllogistique. « Il me semble, dit Leibniz, que je voie des gens qui s’écrient contre nous et qui me renvoient à l’école; mais je les prie de se donner un peu de patience, car peut-être ne m’entendent-ils pas. Ces arguments in forma ne sont pas toujours marqués au coin de barbara celarenl (-). »

Et il ajoute aussitôt : « Toute démonstration rigoureuse qui n’obmet rien qui soit nécessaire à la force du raisonnement est de ce nombre. » Et il cite comme exemple un compte de receveur ou un calcul d’analyse (;1) . Cette logique, qui devait donner à la preuve de Dieu une évidence mathématique, était donc l’art de trouver les formes par “une analyse supérieure et cachée que Leibniz a le premier appliquée en géométrie et qui devait l’être eD métaphysique, par suite de l’analogie observée par lui entre ces deux sciences.

Que ce procédé de Leibniz soit bien l’induction, et qu’il ait, par ses découvertes, vérifié et légitimé l’induction de Descartes eu la perfectionnant , c’est ce qui se précise davantage dans sa Monadologie et son Harmonie universelle. Le procédé qui lui donna les monades est précisément la première partie de celui qui démontre Dieu.

Qu’est-ce en effet que de procéder comme il le fait

(') Discours, p. 30.

(*) Ibid., p. 30.

(•) Ibid., p. 31.

et comme il nous engage à le faire , de réduire les choses à leur source ou à leurs formes , de dégager dans nos pensées ce qu’il y a de simple, d’arriver par la négation des limites à la substance pure, sinon le premier degré pour s’élever à Dieu? Mais c’est aussi cette sorte de mathématique universelle et cette logique d’invention dont il cherchait le fondement : l’identité est ici de toute évidence. Pour découvrir la vérité, en effet, il faut réduire à des pensées simples mais fécondes d’où l’on puisse tirer les rapports des choses par la voie des transmutations de formules ; et' pour trouver Dieu, il faut réduire les êtres à leur source ou à leurs formes simples. Car si « l’idée de Dieu enferme tout ce qu’il y a de simple dans nos pensées, sa nature enferme tout ce qu’il y a de simple dans les choses, » et « ce qui est la base de la logique l’est aussi de la métaphysique ('). »

Le Discours, qui est très-explicite sur la première partie du procédé qui démontre Dieu, à savoir, la réduction aux formes, l’est beaucoup moins sur la seconde, qui consiste à prouver que toutes les formes simples absolument prises sont compatibles entre elles, et à chercher le rapport de toutes les perfections infinies qui se trouvent renfermées dans la nature de Dieu. Le Discours pose seulement le problème, indique la marche à suivre, mais il ne fait que l’énoncer et s’en réfère pour le reste à l’une des découvertes les plus contestées de Leibniz, celle de sa caractéristique universelle (*).

Il faut avouer qu’une simple lettre ne pouvait conte- »

(') Discours, p. 25.

(*) Ibid, p. 32.

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