ANIMADVERSIONES AD WEIGEL1UM
quæ ita habet in Speculo virtutum, Viennensi ab ipso edito.
Datur Deus, id est creator cœli et terræ.
Demonstratio. Quia existenlia essentiæ mundi hujus qnovis momento de novo oritur (per observ. 1), et tamen hoc fieri non potest per existentiam ejus præcedentem (ax. 2), quippe jam exstinctam vel per ejus nihileitatem, inquam jam cecidit(ax. 3), sequitur extra res hujus mundi quippe transitorias dari rem permanentem, quæ rerum hujus mundi existentias quovis momento de nihilo producat, id est dari creatorem cœli et terræ.
Hæc demonstratio mihi videtur paulô brevior et in assumendo liberalior, quàm ut menti satisfacere possit. Ulitur unâ observatione et duobus axiomatibus, quæ itidem subjicerem, ut tota ejus vis perspiciatur. Observatio 1 erat : Quandô actualis essentia, non muta ta, sed talis posita qualis ante fuerat, in rc quâpiam invenitur, tune res posteà exhibita, cum eâ quæ anteà exstitit, eadem est, sive existentia eadem sit, sive diversa. — Axioma 2 erat: Quod nihil est , tune utique nihil operatur. — Axioma 3 : Ex nihilo non potest essentiæ illique existentià suâ sponte oriri. Et axiomata quidem manifesta puto, observatio verô partim obscura videtur, partim non sufficiens, ad probandum quod indè deducitur. Obscura, quia non satis explicatum
quelque chose pour achever et rendre parfaite la démonstration de l’existence de Dieu, qu’il en déduit et qui est proposée en ces termes dans le Miroir des Vertus, qu’il a lui-même édité à Vienne.
Dieu est donné, c’est-à-dire le créateur du ciel et de la terre.
Démonstration. Comme l’existence de l’essence de ce monde renaît sans cesse et à chaque instant (par l’obs. 1 ), et que cependant cela ne se peut faire par son existence antérieure (ax. 2), car elle n’existe plus, ni par le néant où il est retombé (ax. 3) ; il suit de là qu’en dehors des choses de ce monde essentiellement transitoire, il est donné quelque chose de substantiel, de durable, qui tire à chaque instant du néant les existences des choses de ce monde; en d’autres termes, il est donné un créateur du ciel et de la terre.
Cette démonstration me paraît un peu courte et trop large dans ce qu’elle prend pour accordé, pour pouvoir satisfaire l’esprit. Elle se sert d’une observation et de deux axiomes que je vais mettre ici dessous, pour qu’on en voie bien toute la force.
1® L’observation est celle-ci : Quand on trouve en quoi que ce soit une essence actuelle non changée, mais telle qu’elle était auparavant, alors la chose qui vient à se produire ensuite est la même chose, avec celle qui existait antérieurement, que l’existence reste la même ou soit autre. 2° L’axiome
était: Ce qui n’est rien n’a pas d’opération. 3° L’autre était : Du néant ne peut pas naître pour cette essence son existence. — Je tiens tous les axiomes pour évidents, mais l’observation me paraît en partie obscure et en partie insuffisante pour prouver ce
154 ANIMADVERSIONES AO WEIGELIUM.
est discrimen inter essentiam actualem et existentiam, insufficiens ad probandum quia ex eo quod, essentia sine mutatione manente , rem eamdem manere judicatur, nullo modo infertur existenliam ipsam quovis momento de novo oriri.
Observalionis primæ citatæ mens est hæc : et si existènlia mutatur, modo non mutatur essentia ; res tamen manet eadem. Sed quomodô ex hoc asserto hyperbolieo potest inferri absolutum , quod scilicet existentiâ reverâ continué muletur? Fortassè autem lapsus vel à typographo vel ab alio commissus est in citando, dùm observatio prima citata est, cùm debuerit citari secunda, quæ magis ad rem facit, asseritque existentiam muudi continué aliam atque aliam iieri. Et sanè observatio 1 minus ad quæstiodem necessaria est, sive enim [mutalâ existentià inanenteque essentiâ] res eædem maneant, sive non maneant, sufficeret ex mutatâ existentiâ inferri posse neccssitatem creatoris; sufficeret, inquam, si satis esset comprobatum.
Verùm si debitam in demonstrando àxpiëîiav amamus, eliam post hanc emendationem videtur superesse difficultas. Nam dubitari adhùc ab adversariis potest, utrum verum sit, existenliam rerum mundanarum quovis momento de novo produci eo sensu ut res ipsæ quovis momento annihilentur et creentur. Et miror inter principia demonslrandi eollocari quod ipsum demonstratione potissimum opus habebat, tanquàm in quo hujus negotii cardo vertebatur. Illud
qu’on en déduit : obscure, parce qu’on n’a pas assez expliqué la différence entre l’essence actuelle et l’existence ; insuffisante, parce que de ce que l’essence demeurant sans changement, on suppose que la chose demeure la môme, on n’en peut inférer que l’existence elle-même naisse à chaque instant de nouveau. Le sens de la première observation citée est celui-ci : Si l’existence change mais que l’essence ne change pas, la chose reste cependant toujours la même. Mais comment de cette assertion hyperbolique en peut-on inférer d’une manière absolue qu’effectivement l’existence change toujours? Peutêtre le typographe, ou quelque autre, a-t-il commis la faute d’avoir cité en premier lieu une observation qui devrait être cachée dans les replis de la seconde, qui, plus utile à la question, affirme que l’existence du monde change toujours. Et, en effet, la première observation est bien peu nécessaire à la question, car, soit que (l’existence ayant changé et l’essence étant restée la même), les choses restent dans le même état, soit qu’elles n’y demeurent pas, il suffirait de ce changement d’existence pour en conclure la nécessité du créateur : cela suffirait, disje, si la chose était assez prouvée.
Mais puisque nous aimons une juste sévérité dans la démonstration, voyons si après cette correction la difficulté disparaît? — Les adversaires ne pourront-ils pas encore se demander s’il est vrai que l’existence des choses de ce monde soit une production nouvelle à chaque moment de la durée , en ce sens que les choses elles-mêmes sont annihilées et créées à chaque moment? Et je m’étonne que l’on ait érigé en principe ce qui par soi-
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equidem verumest, continué novarimodos existcndi ratione temporis, locis qualitatum et circumstantiarum, aliud est nos hodiè esse vel existere, quàm nos heri fuisse, aliud est nos fuisse vel extitisse in horto quàm esse domi ; aliud est nos fuisse sanos quàm esse ægrotos, et diù etiam potest aliam esse nostram existenliam hesternàm quàm hodiernam, hortensem quàm domesticam, sanam quàm ægram, sed mutatione harum existentiarum respectivarum, sive existendi modorum , non probatur absolutæ existentiæ mutatio, ità ut indè sequatur rem ipsam annihilari. Sanè existentiæ respectivæ dantur plures pro diversis respeelibus; et quidem simul ; ità dùm æstate proximâ in horto essemus, potest modus noster existendi in æstate concipi ut diversus à modo existendi in horto seu temporalis existentia differt à locali, etsi per accidens taie tetnpus cum tali loco conjungatur et temporalis quidem existentia perpétué fluit, vi suæ naturæ, localis verô et qualitativa aut cireumstantialis interdùm mutatur, interdùm manet ; sed absoluta existentia nunc nonnisi una eademque est, non verô multiplex ut respectiva; undè eam solo temporis lapsu aliam fieri adeôque annihilari rem, et dénué creari ostendendum erat.
"Video passlm in scholiis et discursibus nonnulla non contemnenda afferri à viro præclaro ad probandam hanc existentiæ absolutæ novationem , sed
même avait tant besoin de preuve , puisque c’était le nœud de la difficulté. Il est bien vrai que les modes de l’existence se renouvellent sans cesse, par des raisons de temps, de lieux ou de circonstances. L’Etre d’aujourd’hui est différent de celui d’hier; c’est autre chose d’être dans son jardin que d’être dans sa maison , d’être bien portant ou malade; on peut dire même que notre vie d’aujourd’hui diffère de celle d’hier, la vie du jardin de la vie du foyer, la vie saine de la vie malade.
Mais tous ces changements respectifs d’existence, tous ces modes divers ne prouvent point le changement de l’existence absolue, et surtout un changement tel que la chose soit anéantie. Sans doute il peut y avoir une diversité d’existences respectives, même simultanées, suivant les divers rapports ; ainsi , dans ce fait, que nous étions l’été passé dans notre jardin , nous pouvons distinguer l’existence en été de l’existence dans un jardin, car l’existence dans le temps diffère de l’existence locale , et ce n’est que par accident que le temps et le lieu coïncident. Or, l’existence dans le temps est dans un flux perpétuel par la force de sa nature , tandis que l’existence locale, quantitative, circonstancielle, tantôt change et tantôt demeure. Quant à l’existence absolue, elle est toujours la même, et non multiple comme la relative. Il fallait donc montrer que c’est le cours du temps seul qui change cette dernière, que la chose est alors anéantie et créée de nouveau.
Je vois que dans quelques endroits des scolies et éclaircissements, cet homme célèbre avance quelques faits qui ne sont point à dédaigner pour prou-
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cum in eo consistât cardo negotii, optandum erat hæc ipsa in formam demonstrationis redigi : taie illad estqnod dicitur [in schol. dem. p. 19]. Tempus nihil aliud esse quàm ipsam rerum existentiam, seu actualitatem, adeoque lapsu temporis etiam existentian) interire et novari. Sed hæc assentio rursùs probatione indiget. Nec sufficit quod ibi dicitur objicientes non intelligere temporis naturam ; esto enim quod non intelligant , demonstrantis est intelligentiam ipsis affcrre per claras probationes; nec dubitans de argumentis alicujus promissis opus babel semper rationibus dubilandi, suflicit enim ad dubilandurn quoties de demonstratione plenà agitur esse aliquid nondùm probatum. Ex abundanti tamen potest dubitandi ratio aliqua utiliter adjici, ut demonslranti occasio detur meliùs absolvendi demonstrationem. Nec hoc loco si tempus idem esset quod rerum existentia, videtur sequi, tôt fore tempora quot res rerum existentias, adeoque ea quæ simul existunt, non existere eodem tempore : undè inferri videtur latissimum esse discrimen inter tempus et rerum existentiam, adeoque nondùm esse confeetum quod lapsu temporis existentia absoluta labatur, ità ut res annihiletur.
Superest etiam alia dubitatio moment] non minoris. Nam si concederetur rerum mundanarum nobis
REMARQUES SÜK WEIGEL. 159
ver ce renouvellement de l’existence absolue; mais, comme c’est en cela même que consiste la difficulté, on aurait pu souhaiter que le tout eût été rédigé sous forme de démonstration : ainsi, quand il dit (sch. dem., p. 19) :
Le temps n’est autre chose que l’existence même des choses ou leur actualité , de sorte que l'existence meurt et se renouvelle avec le temps : cette assertion manque de preuve. 11 ne suffit pas de dire que ceux qui font ces objections ne comprennent pas la nature du temps; car supposé même qu’ils ne la comprennent pas, il est du devoir de celui qui démontre de donner l’intelligence de ce qu’il avance par des preuves claires, et celui qui doute de ce que promet un argument n’a pas toujours besoin de raisons pour en douter, car il suffit pour cela, quand il s’agit d’une démonstration complète, qu’il reste quelque chose à prouver. On peut bien, à plus forte raison, insinuer quelque motif de doute : c’est donner à celui qui démontre une occasion d’achever plus à fond sa démonstration. Ainsi, dans l’espèce, si le temps et l’existence sont même chose, pourrait-on dire : 11 y a donc autant de temps que de choses, ou d’existences de choses , et alors ce qui existe simultanément n’existe pas dans le même temps ; et ne pourrait-on pas inférer de là qu’il existe une grande distance entre le temps et l’existence des choses? et voilà la difficulté qui revient : à savoir qu’il n’est pas prouvé que le temps emporte avec lui dans son cours l’existence absolue et anéantit les choses.
Enfin, il me reste un autre doute d’une importance au moins égale. Si l’on accorde que l’exis-
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obversantium existentiam perpetuolabi, atque adeô res eas esse transitorias crearique continué à re permanente; non tamen hinc sequitur creatorem hune esse creatorem cœli et terræ, et multôminùs sequitur esse Deum. Dicet enim adversarius posse diversos imô innumerabiles dari creatores, seu diversa dari entia permanentia pro diversis rebus transitoriis creandis ; novaque opus fore demonstrationead probandum unicam esse rem pennanentem omnibus transitoriis continué producendis communem ; imô erunt qui dicent ipsas essentias sibi novas semper existentias producere, neque enim ipsas essentias annihilari, sed permanere cujus contrarium utique demonstrari debet.
Hæc attuli, non quôd negem verissima esse quæ dicuntur, aut improbem laudatissima egregii viri cogitata, sed quod optem complementum illis addi ut mathematicæ dernonstrationis titulum mereantur. Gandidè certè me egisse et non sugillandi animo aut nodum in scirpo quærendi, spero ipsum cum aliis æquis censoribus agniturum.
Cartesiani post magistrum ex eo probare conantur continuam rerum productionem, quia ex nostrâ praesente existentià non sequatur futura. Sed vel hoc argumentum rem absolvit; dicet enim adversarius omninô sequi futuram ex praesente, nisi quid impediens surveniat. Deniquequodrecentiores qui-
tence des choses terrestres qui sont devant nos yeux est dans un perpétuel écoulement; que les choses donc sont passagères, et qu’elles sont continuellement créées par un être stable, il ne s’ensuit point que ce créateur est le créateur du ciel et de la terre, et il s’ensuit encore bien moins qu’il est Dieu ; car l’adversaire répondra qu’il peut exister de nombreux, d’innombrables créateurs, ou bien divers êtres stables, selon la diversité des choses transitoires. Et il faut encore ici une démonstration nouvelle pour prouver l’unité de cet être stable, qui produit sans interruption les choses transitoires. Enfin, l’on dira que les essences mêmes se créent sans cesse des existences nouvelles, que les essences ne sont pas détruites, mais demeurent, et il faut démontrer le contraire.
J’ai avancé tout ceci, non pas que je nie la vérité des preuves qu’on apporte, ou que je désapprouve les louables intentions d’un homme excellent, mais c’est parce que je souhaite qu’on y ajoute ce qui leur manque avant de leur donner le titre de démonstrations mathématiques. L’auteur et tout juge équitable reconnaîtront, je l’espère, ma sincérité , l’éloignement où je suis de chercher des chicanes ou de mauvaises difficultés. Les Cartésiens s’efforcent, après leur maître, de prouver la production continuelle des choses, parce que notre existence présente n’emporte pas l’existence future. Mais il n’en faut pas davantage pour résoudre la question ; car l’adversaire dira que l’existence présente emporte la future, si rien n’empêche. Enfin, pour ce qui est de l’opinion de quelques nouveaux Cartésiens, qui enlèvent la
tt
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damCartesiani rebus vim agendi tollant, quasi Deus solus omnia agat, res autem non sint nisi causæ occasionales , quod Yeigelio nostro arridere nonnihil videtur, non per omnia sequor. Etsi enim fateor nullum esse in rigore metaphysico substantiæ creatæ unius in aliam influxum, agere tamen creaturas et vim agendi habere arbitror, quæ alio loco commodiùs explicabuntur.
Multa cæteroquin præclarè atque eleganter dicta in Speculo Yiennensi invenio, ex causa quôd summus churitatis excessus vocatur apotheosis. Veris* simum enim est creaturas aliquandô ità ab hominibus amari, ut indè sibi velut deos faciant, quemadmodùm ipsa Scriptura sacra de iis loquitur, qui ventrem sibi faciunt deum. SimiUter rectè servilitas consideratur ut excessus humanitalis, conspiratio ut excessus concordiæ, satisque multæ optimæ notiones afferuntur.
Omnem etiam severam ratiocinationem esse computi genus optimè inculcatur ; quà de re aliquandô (Deo volente) dabo nova et ad hune computum actu ipso exercendum profutura ultrà ea quæ quis facilè suspicetur. Intereà elegantibus Veigelii nostri analogiis nos oblectabimus, verbi gratiâ, cum de Autarkid (aÙTipxsia) agens, jucundè observât, uti nihil refert eadem fractio vel proporlio magnis an parvis numeris efferatur, ità qui animo contento fruitur, ei nihil referre magnis opibus agminibusqueservorum,
force d’agir aux choses, comme si Dieu seul faisait tout, et si les choses n’étaient que des causes occasionnelles, opinion qui paraît plaire à notre Weigel, je ne l’approuve pas de tout point. Bien que j’avoue que dans la rigueur métaphysique il n’y a pas d’influence d’une substance créée sur une autre, je pense toutefois que les créatures agissent, qu’elles ont une force d’action, mais je me réserve d’y revenir en son lieu. Cela ne m’empêche pas de trouver qu’il y a bien des choses, pensées avec noblesse, dites avec élégance dans le Miroir de Vienne : cette définition, par exemple : Le degré suprême de l’amour est l’apothéose.
Et, en effet, il est très-vrai qu’il y a des hommes qui aiment de simples créatures, au point d’en faire leurs dieux , comme ceux dont parle l’Ecriture sainte, qui faisaient leur dieu de leur ventre. — C’est une observation juste aussi qui lui fait dire que la servilité est un excès d’humanité, la conspiration un excès de concorde, et il donne de ces définitions excellentes en assez grand nombre. 11 a raison d’insinuer encore que tout raisonnement exact est une sorte de calcul. Et si Dieu le permet, je donnerai de nouvelles règles, qui seront d’une utilité merveilleuse dans la pratique pour exercer ce calcul. En attendant, nous nous recréerons avec les élégantes analogies de notre Weigel. Lorsqu’il traite de l’art de se suffire à soi-même, il fait cette observation pleine de finesse : qu’il importe peu qu’une fraction ou proportion soit riche ou pauvre en quantité; et, que de même, celui qui a la conscience tranquille ne s'inquiète guère si c’est avec des grandes richesses, des troupeaux d’esclaves, ou
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an rebus parabilibus atque obviis pervenerit ad hoc terreslris felicilatis culmen.
De cætero prorsùs iis calculum meum adjioio (etsi non autoptes), quæ 1 M p p autoptes quisquis demùm fuerit proVeigelianà docendi ratione Àretologisticâ dixit (l). Atque hoc nunc quidem ad Spéculum Viennense breviter notare placuit ; præsertim cùm nondùm anteà mihi fuerit lectus hic liber, non magis quàm alter Aretologisticus, qui longiùs etiam sese in rcs metaphysicas diffundit, elsi pro compendii ratione magis adumbrare notiones quàm explicare videalur; imprimis autem eleganter in ipsâ praxi arithmeticâ usum virtutum ostendit.
Quod tetractycam arithmeticen atlinet, arbitror in praxi si quid mutandum esset potiùs duodecimalem vel sedecimalem fore adhibendam pro decimali; quo majoris enim numeri progressio adhibetur (dummodô tabulæ Pythagoricæ fundamentales memoria teneantur) eù expeditior est calculus. Sed cùm hæc ab omnibus recepta non nisi ægrè mutentur, poterimus in calculis usualibus contenti esse hoc Gatone arithmeticæ decimalis; sed quod theoriam attinet, veritatumque egregiarum in arithmeticis inventionem , quæ ipsæ dcindè praxi quoque plurimùm prosint, puto non tantùm tetractycam decimali esse præferendam ; sed et ipsi tetractycæ rursùs præferendam esse dyadicam, quæ omnium
(*) Hæc nimium corrupta sunt, ut ad meiiorem statum restitui facilè possint.
par des ressources ordinaires et à sa portée, qu’il est parvenu au faîte de la félicité terrestre. Du reste, j’ajoute en outre ici mon calcul, bien que je ne sois pas (*).
11 m’a plu de faire ces quelques remarques sur le Miroir de Vienne, parce que je n’avais pas encore lu ce livre, ni celui intitulé Âretologisticus, qui s’étend plus longuement sur des questions métaphysiques ; il est, il est vrai, trop avare de raisonnements, comme sont les abrégés , et il esquisse les notions sans les développer; mais c’est surtout dans la pratique même qu’il nous montre l’usage de l’arithmétique des vertus.
Quant à ce qui touche l’arithmétique tétractique, je crois que dans la pratique, si l’on avait pu changer quelque chose, c’eût été de préférer prendre pour base 12 ou 16 au lieu de 10, 19; car plus la progression contient de nombres élevés, plus le calcul sera expéditif (pourvu que la mémoire ait retenu les tables fondamentales de Pythagore). Mais comme on a beaucoup de peine à changer la pratique reçue, on pourra se contenter dans les calculs usuels de ce Caton de l’arithmétique décimale. Quant à la théorie et à l’invention des belles vérités en arithmétique, qui profite ensuite à la pratique, je crois qu’il faut non-seulement ne pas préférer le tétractique au décimai, mais qu’on est forcé de recourir de nouveau au dyadique, qui est le système le plus parfait de tous, qui ne crée point d’hypothèse, mais résout complètement les opération.
('} Suit ici dans le texte latin un passage altéré que nous n’avons pu rétablir.
ANIMADVERSIONES AD WEIGELIUM.
perfectissima est, nee quiequam supponit, sed numéros plenè resolvit.
Nempè seeundùm dyadicam exprimunluromnes numeri per solos characteres 0 et 1, per unitatem et nihil; insigni analogiâ ortus rerum creatarum ex Deo et nihilo; creaturis perfectiones suas a puro actu posilivo, seu Deo, imperfeetiones, sive limites a negativo, seu nihilo, babentibus ; sed specimen dabimus hujus expressionis :
Decimaliler.
bjjdice.
16 etc.
10000 etc.
EXEMPLA CALCliLI DYADICI.
Additio.
îT noo
Multiplicalio.
REMARQUES SUR WEIGEt. 167
1 Car, d’après la dyadique, tous les nombres sont exprimés parles seuls caractères 0 et 1, par l’unité et 0 ; remarquable analogie de la création des choses sorties de Dieu et du néant. Les créatures n’ont de perfection que par le fait positif, ou Dieu ; et elles n’ont d’imperfection ou de limites que par le fait négatif, ou le néant. Nous donnerons un spécimen de cette expression :
P»r les nombre» Per le» nombres
décimaux.
binaire».
16 etc.
10000 etc.