Contre ceux qui croient que Dieu aurait pu mieux faire
A. Que l’amour de pieu demande une entière satisfaction et qcquiescence touchant ce qu’i| fait-
5. En quoi consistent les règles de perfection de la divine conduite, et que la simplicité des voies est en balance avec la richesse des effets.
6. Que Dieq ne fait rien hors de l'ordre et qu’il n'est pas même possible de feindre des événements qui ne soient point réguliers.
7. Que les miracles sont conformes à l'ordre général, quoiqu'ils spieul contre les maximes subalternes. De ce que Dieu veut ou qu'il permet et de la volonté générale ou particulière.
8. Pour distinguer les actions de Dieu et des créatures, on explique en quoi consiste la notion d’une substance individuelle.
9. Que chaque substance singulière exprime tout l’univers à sa manière, et que dans sa notion tous ses événements sont compris avec toutes leurs circonstances et toute la suite des choses extérieures.
10. Que l’opinion des formes substantielles a quelque chose de solide, mais que ces formes ne changent rien dans les phénomènes, et ne doivent point être employées pour expliquer les effets particuliers.
11. Que les méditations des théologiens et des philosophes qu’on appelle scolastiques ne sont pas à mépriser entièrement.
12. Que les notions qui consistent dans l’étendue enferment quelque chose d'imaginaire et ne sauraient constituer la substance du corps,
13. Comme la notion individuelle de chaque personne enferme une fois pour toutes ce qui lui arrivera à jamais, on y voit les preuves à priori, ou raisons de la vérité de chaque événement, ou pourquoi l’un est arrivé plus tôt que l’autre. Mais ces vérités, quoique assu-
(*) Emprunté à la publication de M. Grotefend.
SOMMAIRE
rées, ne laissent pas d*£tre contingentes, étant fondées sur le libre arbitre d» Dieu et des créatures. Il est vrai que leur choix a toujours ses raisons, mais elles inclinent sans nécessité.
14. Dieu produit diverses substances scion les différentes vues qu'il a de l'univers, et par l'intervention de Dieu la nature propre de chaque substance porte que ce qui arrive à l'une répond à ce qui arrive à toutes les autres, sans qu'elles agissent immédiatement l’uuc sur l’autre.
15. L'action d'una»suhstance Gnie sur l'autre ne consiste que dans l’accroissement du degré de son expression jointe à la diminution de celle de l’autre, en tant que Dieu les a formées par avance, en sorte qu'elles s’accommodent ensemble.
16. Le concours extraordinaire de Dieu est compris dans ce que notre essence exprime, car celte expression s'étend à tout, mais il surpasse les forces de notre nature ou de notre expression distincte, qui est Unie et suit certaines maximes subalternes.
17. Exemple d'une maxime subalterne des lois de nature, où il est montré que Dieu conserve toujours régulièrement la même force, mais non pas la même quantité de mouvement, contre les cartésiens et plusieurs autres.
18. La distinction de la force et de la quantité de mouvement est importante entre autres pour juger qu’il faut recourir à des considérations métaphysiques séparées de l'étendue, aiin d'expliquer les phénomènes des corps.