‹ Nouvelles lettres inâeditesChapitre 10 sur 57 · SAINT FRANÇOIS DE SALES A MADAME DE DREE · texte numérisé non relu

SAINT FRANÇOIS DE SALES A MADAME DE DREE

Le Saint lui annonce la mort de sa mère. #

16 mars 1610.

Madame ma très chère cousine,

J'aurois tort d'avoir tant attendu à vous rendre les actions de grâces que je vous dois, pour la souvenance que vous avez* à moi témoignée par le petit poulet que mon frère m'apporta.

Si je n'avois été distrait par le trépas de ma pauvre bonne mère, qui m'oblige d'estre à Sales quelque temps pour rendre cette dernière assistance à cette chère personne. Mon excuse est fascheuse ; je m'asseure à votre cœur qui de la grâce aymoit fort cette amie défunte,

1)1 S. FRANÇOIS DK SALES. *0

laquelle de son côté vous honoroit d'une affection toute dédiée à vostre service. Mais, ma chère cousine, vous Mrei toute consolée quand vous saurez qu'elle vous a laisse toutes sortes d'argument d'espérer que son âme est receue en la main dextre de son Dieu qui est enfin

l'unique bonheur auquel nous aspirions en toute

de celte liasse et misérable vie mortelle. Or, il faut bien, ma chère cousine, que vous m'aymiez un peu plus maintenant pour réparer le manquement que j a ura y en terre de L'amour que cette mère me portoit. Faites le, je vous supplie, chère cousine, et soyez bien dévote, tandis que je m'attends de vous revoir bientôt icy, selon l'assurance que vous en donnastes «à mon frère, et tousjours et partout je serai, madame ma cousine, vostre humble et plus affectionné cousin et serviteur,

François, Evesque de Genève.

P. S. Oserois-je bien demander par vostre entremise, ma chère cousine, le pardon requis à la faute que je fais de ne point escrire à monsieur le baron mon cousin. Certes, c'est que je suis fort pressé d'escrire. Mais je ne finirai jamais destre son serviteur bien humble (j).

(1) Madame de Drée. à laquelle est adressée celle lettre, éloit cousine du comte Valperga de Chevron , bisaïeul du comte Thomas, possesseur de l'original de celte lettre.

ia4e LETTRE

Tirée de la copie authentique conservée aux archives de la cour de Turiu.

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