‹ Nouvelles lettres inâeditesChapitre 11 sur 57 · A M. FRANÇOIS KANZO , GENTILHOMME ET CONSEILLER DE S. A. , A TURIN · texte numérisé non relu

A M. FRANÇOIS KANZO , GENTILHOMME ET CONSEILLER DE S. A. , A TURIN

Saint François l'entretient de la canonisation du bienheureux Amé > duc de Savoie , et de l'idée qu'il a de mettre sous sa protection une congrégation de dames.

Annessi, alli 6 maggio 1610

Molto 111. Sig. mio,

La lettera chè V. S. molto 111. mi scrisse per far dar principio a qualche sorte di solennità per il giorno del transito del B. Amedeo capito nelle mie mani il giorno dopo la festa, onde non si fece quel chè io avrei sommamente desiderato , ma si farà, piacendo al signore, l'anno seguente.

Da mantuà non si ha altro ne de Borgo perche le fondazioni ivi fatte sono del conte verde et non del nostro beato.

Ringratio V. S. molto 111. délia imagine, e desidero sommamente di veder la vita (1), e che le» cose délia canonisazione vadano inanzi.

(1) François Kanzo a écrit la vie du bienheureux Amé; saint François entretenoitavec lui une correspondance relative à la canonisation du prince. Voyez la 32e lettre contenue dans le recueil des Lettres inédites.

Mi è venuto in pensiero una cosa, la quai se V. S. molto 111. trova a proposito potrà molto ben rluscire ad honor cli cletto beato. Si dara priiuipio a questa festa prossinia di Pentecoste ad una congregazione di gentildonne di grau spirito, e qualità nella quale si adoprai an^ii) moite opère di carità verso li poveri, et amnialati, al servitio de quali quelle benedette anime si vogliono in parte dedicare secondo cbè in queste parti ultramontane quel esercizio si suol fare fra le donne, et elle hauranno una casa nella quale viveranno insième et un oratorio di gran devozione.

Ora stà in man mia di far dedicare quell' oratorio, e quelïa casa al santo, chè mi parera più a proposito, e VLiiendo chè la divozione di quelle gentil donnée circa li poveri, et ammalati alli qualiil nostro beato fu tanto /•onatOjchè lessempio suo è pubblicato in tutti lipùl • piti , vorrei volontièri ebè delta casa al Suo beato nome fosse dedicata, è sarebbe convenevole ch' ssendo egli nato in questa diocesi, in questa bavesse la sua prima casa et oratorio; ma accioio potessi far questo sarebber conveniente, cbè S. A. ne fosse contenta, e facesse cbè S. Sta cio bavesse grato, il cbè secondo cbè io penso sarebbe cosa facilissima a S. A. se comandasse cbè in Roma se ne facesse instantia attezo cbè gia anticamente è stato tanto riverito questo beato in questa diocesi.

V. S. molto 111. vi pensaraesemeavvisara dell' intenzione di far S. A. io non mancaro di quanto daî canto mio sarà convenevole, ma la supplico bene chè sia quanto prima per mia consolazione. In tanto supplico N. S. che a V. S. molto 111. dia ogni vero contente

Di Y. S. molto IK1.

\ffectmu servitore,

Francisco , Vescovo di Geneva,

Très illustre Seigneur,

La lettre que votre seigneurie très illustre m'a écrite pour faire donner commencement à quelque sorte de solennité pour le jour du passage du bienheureux Amé, est arrivée entre mes mains le jour qui a suivi la fête , ainsi on n'a pas pu faire ce que j'aurois vivement désiré, mais on le fera, s'il plaît à Dieu, l'année prochaine.

On ne sait rien autre de Mantoue ni de Borgio parce que les fondations qui y ont été faites sont du Comte- Vert (1) et non pas de notre bienheureux.

Je remercie V. S. très 111. de l'image, et je désire que la vie et les choses de la canonisation aillent en avant.

Il m'est venu dans la pensée une chose, et si V. S. le trouve à propos, elle pourra bien réussir à 'honneur du bienheureux. On commencera à établir à la fête prochaine de la Pentecôte une congrégation de dames nobles douées d'un grand esprit et de grandes qualités, dans laquelle on pratiquera beaucoup d'oeuvres de charité envers les pauvres et les malades, au service desquels ces bonnes âmes se veulent dédier suivant ce que pratiquent les femmes en ces pays ultramontains, elles auront une maison dans laquelle elles vivront en commun, et un oratoire de grande dévotion.

Actuellement il dépend de moi de faire dédier cet oratoire et cette maison au Saint qui me paroîtra plus à propos , et voyant que la dévotion de ces dames nobles se dirige vers les pauvres et les malades auxquels notre bienheureux fut si affectionné, que son exemple

(1) Améclée \\ fut «appelé le Comte-Vert,

est publie dans toutes les chaires, je voudrois bien que cette maison fut mise sous l'invocation de ce bienheureux. Il seroit convenable, puisqu'il est né dans ce diocèse, qu'il eut dans le même diocèse sa première maison et son premier oratoire.

Afin que je puisse faire cela, il seroit convenable que Son Altesse l'approuvât et fit en sorte que Sa Sainteté l'eût pour agréable. Il me semble, d'après ce que je pense, que ce seroit chose très facile à Son Altesse, si elle ordonnoit qu'à Rome on en fit la demande, d'autant plus que depuis long-temps ce bienheureux est si honoré dans ce diocèse.

Votre Seigneurie très illustre y pensera , et si elle me fait part de la volonté de Son Altesse je ne manquerai pas de faire, démon côté, tout ce qui sera convenable. Je vous prie de tacher que cela s'obtienne le plus tôt possible pour ma satisfaction.

Je supplie le Seigneur qu'il donne tout vrai contentement à V. S. très illustre.

Votre très affectionné serviteur ,

François, Évêque de Genève.

i25<= LETTRE

Tirée d'ancienne copie conservée aux archives de la cour de Turin.

A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.

Sur la promotion de M. Fabre à la première présidence du sénat de Savoie.

1S juin 1610.

La promotion de M. Fabre à l'état de premier président de Savoye, a donné une joye si universelle aux peuples de deçà, que s'il se pouvoit bonnement faire, ils en iroient , je pense, porter mille et mille actions de grâces aux pieds de V. A. , mais ne pouvant faire cette si juste démonstration de l'obligation qu'ils en ont à la Providence de V. A., il m'a semblé, Monseigneur, qu'en qualité de Pasteur de la plus part d'iceux joignant leurs très humbles affections à la mienne, je devois pour eux et pour moi en commun en rendre ce témoignage de la grande redevance que nous en avons à la bonté de V. A. à laquelle nous sommes bien glorieux d'en devoir tout le remerciment, puisqu'elle seule, sans aucune autre considération que de notre bien , et de son service, a fait cette digne ellection; certes, Monseigneur, rien ne donne tant de douceur à la vie humaine, que la droite administration delà justice; et la justice quoique toujours une en elle-même, ayant sa source comme une belle eau, en la poitrine des princes souverains en terre,

DE S. FRANÇOIS DE SALES. 5 l

coulant par les esprits tics magistrats îffcdes , mal polis et raboteux, elle se rend autant nuisible qu'elle devroit être utile, et même jusques-là, que comme parle un sacré prophète elle est convertie en absinthe; mais passant entre les peuples par les mains de gens doctes, bien affectionnés et équitables, elle remplit les provinces de bonheur et de suavité étant es uns comme un torrent impétueux , qui ravage tous les bords qu'il accoste, et es autres, comme une douce rivière qui rend amènes les rivages qu'elle détrempe. C'est aussi le plus grand garant, que les princes puissent avoir, lorsqu'à leur tour ils seront censurés à l'heure de leur mort, d'avoir commis leur autorité à des gens capables de la bien manier; car n'ayant pu faire comme Dieu , qui quand il luy plaît donne la suffisance à ceux auxquels il a remis l'autorité, ils l'auront imité au plus près qu'ils auront sceu, donnant l'autorité à ceux qu'ils auront reconnu avoir la sufiisance.Les magistrats, Mon seigneur, re< présentent la souveraine majesté des princes sur les biens et vies des sujets; c'est pourquoi les princes, par une sainte jalousie doivent avancer es offices des personnes qui les sachent bien représenter; et comme Alexandre ne vouloit être peint que par la main de l'unique Apelles, aussi les princes ne devroient jamais permettre que leur souveraineté fût exprimée que par les plus rares et dignes esprits du monde, ne pouvant jamais mieux faire connoître la grandeur de leurs âmes , qu'au choix de celles qu'elles employent et élèvent. V. A. donc recevra mille louanges des nations étrangères en la promotion de ce grand personnage, duquel elles connoisla doctrine avec admiration, comme les voisines font la probité par expérience. Et nous la supplions Èrèa humblement d'agréer ce ressentiment que nous en

faisons, plein <• souhaits qu'il plaise à Dieu d'agrandir, et prospérer votre couronne ,

De laquelle je suis,

Monseigneur,

Très humble et très obéissant serviteur et orateur , François, Évesque de Genève.

126e LETTRE.

L'original appartient au monastère de la Visitation de Turin.

A MADAME DE CHANTAL

Observations relatives au règlement et affaires du monastère.

9 août 1G10.

N'attendez nullement de moy une grande lettre, ma très chère mère; car j'ay tant escrit que je n'en puis plus, ayant esté contraint de faire de rechef des lettres pour Moulins et Nevers, plus longues beaucoup que l'ordinaire, pour m'esclaircir sur les responses que j'avois faites. Car on ne m'avoit pas dit tout, et je n'avois pas respondu tout. C'est la vérité, que le vœu de M. du Tartre ayant esté fait en faveur de Nevers, et ayant esté non seulement accepté, mays en bonne partie exécuté jusques à l'employ de dix mille francs, fait par ordre et procuration de M. du Tartre, il n'y a nulle espérance qu'elle s'en puisse desdire , au moins quant à la part desjà employée.

Or, je croy que tout ira bien, et l'affaire d'Orléans aussi.

Les biens qui se font sans contradictions ne semblent p;is estre de La race dos biens dos anciens ebrestiens.

La pauvre sœur Jeanne-Charlotte a esté bien exercée, à ce qu'on m'escrit, et ce qui est plus déplorable, c'est que l'on a rennié ces vieux bruitz qui, comme très injustes, avoyent esté ensevelis, ainsy que m'escrit ma chère fille de Houssie, à laquelle je ne puis escrire , me contentant de la saluer de tout mon cœur pour cette fois. O que le monde est inique, à mon gré, et que sa prudence est haïssable, parce qu'ell' est serpentine et nullement associée à la simplicité colombine. O il n'y a nul dangier que vous traittiez toutes ces filles maternellement, elles le reçoivent, je m'asseure, finalement. Ne vous empressez nullement pour vostre retour, ces fondations de delà sont de si grande importance qu'il n'y faut pas espargner le temps, et moy, voyant que je suis appelle à suivre M. le P. Cardinal, soit qu'il aille à Rome , soit qu'il aille en France , comme l'on dit qu'il fera, je ne suis plus de ce pais, ains du monde; et fay estât de n'avoir nulle habitation que dans le sein de l'Eglise. Je commence à ne plus arrester ma pensée qu'à la réunion de l'autre vie, en la quelle comme nous sommes inséparables d'esprit, nous le serons encore de veuc. J'attens toutes les heures qu'on m'escrive qu'il faut partir pour aller en France. Je donnay un exemplaire du Formulaire de la réception des filles à l'habit et aux vœux, très bien escrit à nos sœurs. Enfin, l'expérience i tait voir que quand les filles demeurent à la treille un peu eslevées, on les voit mieux et on les entend mieux par tout l'oratoire. Ma mère, je suis cruel à nos sœurs d'icy, car je ne les voy point, mais le monde m'est cruel à moy qui m'apporte tant de fascheries. Hélas! la pauvre sœur, M. Magdeleyne est une bonne sœur,

54 LETTKES INÉDITES

mais je ne sçai quand on la pourra tirer] de dessus ellemême.

Mays la pauvre chétive sœur Jean. -Françoise s'en va petit à petit, tout à fait folle, si Dieu n'y met sa puissante main. O pourveu que le dernier accident luy arrive en la grâce de Dieu , il importera peu. Je suis marri en la partie supérieure de cela, et m'estonne de quoy je n'en ay nul sentiment ailleurs. Ma mère, sij'allois à Rome, il ne faudroit nullement traitter des constitutions, car ce seroit tousjours à refaire , on députeroit quelqu'un pour les revoir, qui les renverseroit toutes peut-estre. Il ne faudroit que procurer la perpétuité du petit office. Jamais il n'y eut religion de la quelle toutes les constitutions ayent esté appreiwées à Rome par le Saint-Siège. Il suffit que les règles lesoyent. Tout ce que la prudence y peut faire se fera , à la reveue , après cela , il faut demeurer en paix et laisser à la providence de Dieu de les establir. Et elle le fera. Je vous vay escrire un article pour ma fille , M. de Frouville et M. de Villeneuve , que vous pourrez monstrer à celle-ci ; car c'est pour le ser* vice de la sœur que j'ayme tout à fait.

L'original est conservé au monastère de la Visitation de Turin.

A 31. ROSETAM , VICAIRE FORAIN DE LEVECHÉ DE GE- NEVE EN BUGEY, VALORMEY ET GEX.

Saint François lui recommande une affaire relative à la cathédrale de Genève.

Anncci, 7 nov. 1610.

Monsieur,

Voylà que ces messieurs de nostre église cathédrale recourent à moy en une personne qui représente par delà la mienne, pour une affaire qu'ils ont à mon advis grande raison d'affectionner. Ils ne doutent nullement que vous ne leur rendrez bonne, briefveet fidèle justice: mais je doy vous recommander leurs affaires comme les miennes propres, puisque Dieu m'a joint plus particulièrement à ceux, et m'a enjoint la conservation de leurs droits. Je le fais donq autant qu'il m'est possible, et sur 1 advis que vous me donnâtes l'autre jour, j'enverrai lundi monsieur Rollant à monsieur de Mont-Saint-Jean, puisque je suis forcé de passer jusques en Faucigni, pour affaire qui presse, et retourneray icy pour quelques jours , passés les quelles je m'en iray cà Gex, mais vous en serez advertit , et tandis , je demeure,

Monsieur, \ otre très humble et très affectionné confrère, François , Eveque de Genève.

128e LETTRE

Tirée de l'original conservé aux archives de la cour de Turin.

Page 1