et Rev. signor mio Colmo
Ho ricevuto la lettera suavissima chè V. S. 111. et Rev. si compiace di scrivermi questi mesi passiati insieme colle reliquie di S. Carlo , e ho aspettato in adesso di faîne il clovuto humilissimo ringraziamento, chè andando costi questi nostri buoni padri Barnabiti , il P. D. Candido latore mi ha promesso di compire anco con lei per supplire al mancamento mio. Il chè è molto a proposito non havendo io ne senno ne modo di far con Y. S. 111. il debito mio. Se bene io di affetto et rispetto vi i m) di lei non credo di dovere cedere a nessuno e con questa certissima verita glie faccio humilissima riverenzia e li pregho dal signor Iddio ogni santa prosperità.
Humilissimo e divotissimo servitore, Francesco, Vescovo di Ginevra.
262 LliTTIlES lNÉDITliS
J'ai reçu la lettre très suave que V. S. 111. et Rév. s'est plu à m'écrire ces mois passés , en m'envoyant les reliques de saint Charles. J'ai attendu jusqu'à ce moment pour en faire mon très humble remercîment. Des bons PP. Barnabites allant à Milan , le Père Candide, porteur de la présente, m'a promis de s'interposer près de vous pour faire excuser mon manquement. Cette intervention est très à propos, car je n'ai ni les moyens ni les manières de faire mes excuses à V. S, 111. Quant à l'affection et au respect pour elle, je dois ne le céder à personne, et après lui avoir dit cette vérité si certaine, je la salue humblement, et je demande pour elle à Dieu toute sainte prospérité,
Je suis très humble et très dévoué serviteur ,
François, Evèque de Genève.
L'autographe csl conserve clans l'église collégiale de Monza près de Milan.
A SA PATERNITE LE riïRE GENERAL DE LA CONGREGATION
S ii ni François le prie de lui renvoyer les prêtres destinés à célébrer le Chapitre.
24 aprilclGS
Reverandissimo Padre in Christo osservandissimo.
Andando questi nostri padri al capitolo e alla obedienza di V. P. Rev. vado ancora io con essi loro per salutarla e proferirmegli perservitore affezzionatissimo. Supplicandola di più chè si degni,sc pero cosi far si puô e è spedicutc rimandarli in qua. Essendo chè avendo egb imparala la lingua c le usanze dcl paese, potranno COI più utilità fatigar in questi luoghi cliè altri chè verreszono senza tali inslrunienti c inezzi necessarii. E mente dimeno non lasciarô di dire a Y. P. Rev. come in rero zelante del hene e honore délia sua congrega- /ione chè sarebbe anco a proposito chè con essi loro ve- Disse uno di quei vecchi padri l'età del quale potesse produire una nuova vencrazione a questi nuovi collegi, li quali forse presto ne avranno un terzo di noviziato. E cosi tutte queste cose con la canuta presenza et autorità di taie personnaggio verranno compite fra tanto
augarando dal Signore ogni santa prosperità a V. P. Rev. glie resto.
Humilissimo fratello e servitore,
Francesco, Vescovo di Ginevra.
Monseigneur,
Nos Pères allant au chapitre et à l'obédience de votre Paternité révérendissime , je viens avec eux pour la saluer et me déclarer son serviteur le plus affectionné. Je la supplie de plus, si faire se peut, et si cela est convenable, de les renvoyer ici. Ils ont appris la langue et les usages du pays, et pourront continuer leurs travaux dans ces lieux avec plus d'utilité que d'autres qui arriveroient sans ces avantages nécessaires. Je dirai encore à votre Paternité, comme vrai ami du bien et de l'honneur de sa congrégation , qu'il seroit à propos qu'avec eux il vînt un de vos vieux religieux dont l'âge attireroit un nouveau respect à ces nouveaux collèges qui peut-être bientôt en compteront un tiers sorti récemment du noviciat. Avec la présence et l'autorité d'un personnage blanchi dans ses devoirs, cette vénération sera constamment observée. Je demande au Seigneur toute sainte prospérité pour V. P. et je me déclare
Son très humble frère et serviteur,
François, Evêque de Genève.
nii S. FRANÇOIS DE SALES. "2(i.">
255c LETTRE.
L'autographe est conserve aux archives de la cour de Turin. A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.
Sur le dessein d'employer les prébendes vacantes de Contamine à rétablissement des lectures de théologie, et du noviciat des PP. Barnabiles.
Annecy, 2 juin 1020.
Monseigneur,
V. A. qui m'avoit commandé de faire recevoir le neveu du sacristain Perret à Contamine, me commande par une autre lettre de ne le point faire jusques à ce que luy ay donné mon advis. Et partant, Monseigneur, je supplierai V. A. de se ressouvenir de l'heureux dessein qu'ell'a d'employer les prébendes de ce prieuré-là, pour rétablissement des lectures de théologie, et du novicîal des PP. Barnabites, puisque il est si malayse de mettre la réforme en un lieu où il n'y a pour encore aucun sujet capable de l'introduire, et tout à fait destitué de bastimens. Et sur cela V. A. me favorisera de ses commandemens que j'at,tendray et reconnay avec l'obéissance que je luy doy ,
Monseigneur,
Son très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,
François, Evcque de Genève.
L'original esl conservé au monastère de la Visitation de Turin. A UN GENTILHOMME SON AMI.
Saint François lui propose de faire nommer le prieur de Mesme aumônier de madame la princesse de Piémont. Il l'entretient également de plusieurs autres affaires.
2 juin 1620.
Voylà M. de Rouër qui va pour le procès que sa mayson a en ce païs-là. Outre le double lien d'alliance que nous avons avec lui, la grand' assistance que madame de Brescreu fit à feu mon frère, ainsy que mon frère le chevalier m'a raconté, nous oblige à le servir es occurrences. Il vous dira comme M. Fornand s'en aujourd'hui ou demain au plus tard pour suivre la voye de
toute Troys ou quatre se présenteront pour le cano-
nicat, entre lesquels, ce me semble, M. du Crest, qui est docteur, est tout à mon gré, et pour l'extérieur et pour l'intérieur. Mais je ne sçai ce que messieurs du chapitre feront. Pour avoir un aumosnier de madame, j'ay jeté les yeux sur M. le prieur de Mesme, tout réformé, qui a bien estudié, qui parle bien, a très bonne mine, et a des moyens, et qui à mon advis tiendra fort bien cette place, et nous en sera obligé et toute la, ville de La Roche; je ne sçai pourtant encore s'il le voudra.
DL S. ÎUANÇOIS DÉS SALliS. *2(>7
mais je Ife seaurai hientost ; son grand-père estoit noble, c'est à dire le fut fait, et si, il n'est point boyteux ni pointilleux. Je le lis député du clergé au Sinode et despuys surveillant du quartier, de quoy il m'a sceu tant de gré que je pense qu'il mérite d'estre avancé. Outre que je ne seai on jeter ma vue, tous nos ecclésiastiques de bonne naissance estant ou tarés au corps et au maintien, ou de peu d'intelligence ou trop vieux ou sans talent pour cette charge en laquelle nostre maistresse veut avoir des gens de bonne sorte. Or, quant à M. Faure, je croy qu'il se contentera d'avoir l'honneur et le titre sans aller au service, Messieurs ses frères s'estant accordés à le luy persuader. Pour celuy qui est à Paris, en vérité ils auront bien tous les autres talens, mays je croy que la constance luy manqueroit et seroit dans peu de tems dans une dangereuse liberté qui luy serviroit de reproche et à. nous. Le passé nous ayant assés appris ce qui se doit présager pour l'avenir. Mais nous acheminons le plus que nous pouvons l'eschange de son bénéfice avec un autre qui est possédé par un' autre changeant affin qu'il puisse revenir et le temps nous fera sages.
Mon frère et ma sœur de Cornillon ont un désir extrême que M. le curé de Régnier venant à mourir comm' il semble qu'il doive faire dans peu de jours, M. Fran- < ois Baudri qui est maintenant vicaire , leur voysin et qui a plusieurs bonnes petites conditions, eut la nomination. Estimant que le bon M. Pergod qui est procureur de M. Argentier en nommeroit peut-estre quelqu autre. Pour cela s'il se peut bonnement il faudroit prier mon dit sieur Argentier de faire une lettre à moy par laquelle en cas que le dit messire François se treuvast capable et désire par les paroissiens, on le préférast, attendu que despuis plusieurs années en ça, il fait effecti-
vement la charge de curé , exhortant , administrant les sacremens et cathéchisant, et en somme suppléant le devoir du curé qui à cause de son mal ne le peut faire. Quand vous désirerez M. Rolland et messire Noé, vous les aurés. J'ay veu la lettre de M. Beybin qui ne m'a point estonné, au contraire je l'eusse esté extrêmement si estant savoyars et gens de biens nous n'eussions point esté enviés en une si heureuse faveur de nos princes. La victoire demeure à ceux qui treuvent la place et faut demeurer en paix. J'ay receu la lettre de S. A. par laquelle elle me commande ne rien mouvoir au fait de M. Perret jusques à ce que je luy aye donné advis de ce qui m'en semble. Or ne sçait qu'escrire, sinon que si S. A. veut continuer le dessein d'employer ces prébendes pour Thonon et Evian ou la Bonne ville, il faut qu'elle les treuve vacantes, et, que l'on fasse solliciter à Rome tout ce qu'il faut pour faire réussir le projet. Je m'essayeray donc d' escrire aujourd'hui à sa dite Altesse, mais elle ne m'entendra pas si Monseigneur le prince ne luy remet en mémoire le sujet.
Oh ! mon Dieu ! quel bonheur si on peut restablir le service de sa Divine Majesté en toutes ces provinces; mays pour Ripaille, et pour la congrégation de Thonon il n'est pas grand besoin que de l'authorité^de S. A. , car en l'un il n'y a personne et en l'autre on ne change rien. La bulle de Clément ordonnant que cette congrégation soit des prestres de l'Oratoire. Et quant à la commission que Monseigneur le Nonce a pour la visite de la sainte mayson, s'il me l'envoyé, tousjours faudra-t-il que S. A. en soit advertie, car cette mayson dépend tellement des bienfaitz de sa dite Altesse que sans le concours de son authorité mal aysément pourroit-on rien faire effectivement. Il seroit donc besoin que l'on sceut adquos fines
DE S, FRANÇOIS nr. SALES. 209
la dite commission tend, et en commuhiqner avec Monseigneur le Prince, que s'il le trouvent bon on pourroit par après me l'envoyer, et je lexécuterois selon la nécessité ou l'utilité. J'ay un désir extrême de servir M. Pernet, rïiesme en la mauvaise affaire que son cousin a avec ce soldat ; et y ay desjà mis la main par l'entremise de M. de Mesme, qui a fort beureusement gaigné sur ledit soldat qu'il se contentera de ses despens; la difficulté n'estant plus que sur la quantité laquelle je voy estre fort grande par la liste que j'en ay tirée, et de laquelle si je ne puys maintenant au premier jour je vous envoyeray copie, et ce qui m'oste encor plus l'espérance de pouvoir servir M. Pernet en son désir, qui est digne de luy et du soin charitable qu'il a de ceux qui luy appartiennent, c'est que son cousin M. le chanoine a ses appréhensions si fortes qu'il croit que sa partie a grand tort et luy en doit de reste, combien que m' estant enquis le plus que j'ay peu de la vérité, je treuve que c'est tout au contraire et que ledit sieur chancelier Pernet a excédé fort scandaleusement; et que le bon M. Rogex l'a traité avec un respect duquel la partie a grandement à se plaindre. Mais qui le luy pourra persuader ? En somme je m'essayeray en cett' occasion de tesmoigner à M. Pernet que ses recommandations ont tout pouvoir sur moy. Vous pouvez penser de quell' affection j'honore M. de Pezieu ; et comme je regarde en vérité toute cet|e mayson là tout ainsy que si j'avois le bien d'estre l'un des frères; certes j'estimerois madame de Beaufort l'une des plus heureuses femmes du monde si elle s' estoit mariée avec luy. Mais il n'y a moyen de le servir en cela par lettres, car d'un costé je suis engagé dès il y a long-temps pour Monsieur de Saint-Agné, frère de M. de Luçei Et d'autre part je scai que les lettres n'ont
nul pouvoir sur l'esprit de cette damoyselle qui est si pleine de considérations qu'il faut parler et de présence l'esclaircir des répliques que son esprit lui fournit. Je verray néanmoins de quel biays je pourray prendre quelque occasion de servir ce cher frère, utilement et efficacement par l'entremise de mes amies et par toute sorte de bons offices. Mais je vous supplie qu'il me pardonne si je ne lui escris pour ce coup car je n'en puis plus. Monseigneur de Gramer l'aisné me prie pour sa vénerie. J'ai receu le paquet du P. général des Feuillans. Nous attendons nos PP. Barnabites et M. le premier Président pour ces festes. Nostre sœur Marie pourra venir quand il luy plaira. Hier , la très bonne madame de Granieu arriva et sera ici ces deux jours suivans, ce n'est pas sans parler de vous avec affection. Dieu par sa bonté vous conserve,
Mon très cher frère, mon ami.
P. S. M. de Briscieu a désiré que le curé de Bellecombe l'accompagnast, et je n'ay pas eu grande difficulté à le luy accorder. Car jusques à ce que ce curé change d'humeur, son absence sera plus utile que sa présence.
dp. s. piuncois de saies. 271
257e LETTRE.
[/original esl conservé aux archives de la cour de Turin.
A S. A. VICTOR AMÉDEE PRINCE DU PIÉMONT
Sur le projet de se faire des partisans des babitans de la ville de Genève par les voies de la douceur et de la bienveillance.
2» juin 1620.
Monseigneur ,
Je croy que parmi la multitude des affaires importantes que S. A. peut avoir pour le bien de sa couronne et consolation de ses Estatz , il y en a peu qu'elle doive affectionner plus fortement qu^ celle que je p roposay à V. A. quand j'eus l'honneur d'estre auprès d'elle au cliasteau de cette ville, pour le retirement de cette autre ville , par voye douce , paisible et asseurée ; or , voilà , Monseigneur, un homme sujet naturel de S. A. , qui sans scavoir mes pensées m'a communiqué un véritable dessein , qui fait une partie de ma proposition ; je supplie très humblement V. A., ains si elle me le permet, je la conjure, par sa propre bonté et par son bonheur de l'ouïr promptement et favorablement, et de donner dès maintenant un bon commencement à ce saint' projet, puisqu'il n'y arien à perdre mais tout à gagner, et encore plus à espérer par la bonne issue que Dieu en donnera ù Y, A. , selon les vœux universelz de tous
les gens de bien , et mes continuelles prières pour la prospérité de la couronne de S. A. et la vostre , Monseigneur , De qui je suis très humble , très obéissant et très fidèle orateur et serviteur ,
François, Ev. de Genève.
258e LETTRE.
L'autographe existe aux archives de la cour de Turin.
A S. A. CHARLES-EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.
Saint François recommande à S. A. un homme qui offre les moyens d'extirper l'hérésie.
Annecy, G juillet 1620.
Monseigneur ,
Ce porteur allant pour représenter à V. A. plusieurs moyens et occasions d'amplifier la gloire de Dieu et le Bien des sujetz de S. A. à la ruine de l'hérésie , je ne fay nulle difficulté de supplier tr^s humblement vostre bonté , Monseigneur , de l'ouïr et de gratifier le dessein qu'il a si elle juge qu'il soit convenable, puisque je sçais qu'elle affectionne grandement toutes les œuvres de piété comme est celle-ci.
Et tandis faysant très humblement la révérence à V. A. , je vivray content en l'honneur que j'ay d'estre, Vostre très humble , très obéissant et très fidèle
François, Evêque de Genève.
25f)c LETTRE.
L'authentique est conservé chei madame la marquise Camérano , née de Tornon.