‹ Nouvelles lettres inâeditesChapitre 8 sur 57 · A MONSEIGNEUR LARCHEVEQUE DE BOURGES · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LARCHEVEQUE DE BOURGES

Saint François lui envoie le règlement pour la maison épiscopale.

Le 10 décembre 1G09.

Monseigneur,

C'est pour vous obéir que je vous envois ce pauvre écrit le quel pour la plus grande partie de ses points , vous sera inutile; ce n'est pas certes qu'il ne fût désirable, que nos maisons épiscopales fussent dans le règlement, nous sçavons ce que Saint-Paul en dit; mais je sçai par mon expérience qu'il faut s'accomoder à la nécessité du temps, des lieux, de l'occasion et de nos occupations. Je vous confesse que je n'ai point de scrupule de me dérégler de mon règlement, quand c'est le service de mes brebis qui m'occupe, car, alors il faut que la charité soit plus forte que nos propres inclinations pour bonnes, que notre amour propre nous les fasse voir; et en fesant cet écrit que je vous envois, mon dessein a été non de me gêner, mais de me régler sans m'obliger à aucun scrupule de conscience, car Dieu me fait la grâce d'aimer autant la sainte liberté d'esprit, que de haïr la dissolution et le libertinage; en somme, Monseigneur, nous devons dire avec le grand Evêque d'Hipone: amor meus, pondus meum.

1 1 8e LETTRE.

L'original m conserve au monastère de la Visitation d'Annecy. AU ROI HENRY IV.

Saint François prie S. M. d'exempter du paiement des décimes les curés du bailliage du Bugey.

Sire,

J'ai cinquante ou soixante curés sous ma charge au bailliage du Bugey, sur les quels nulle décime n'a été cidevant imposée de la part de Votre Majesté, à la bonté de la quelle je recours maintenant pour eux, et eux avec moi , afin qu'il lui plaise les exempter encore ciaprès. Le fondement de cette supplication , sire, est à la vérité bien mauvais, mais il n'en est que plus solide; car, c'est leur extrême pauvreté, puisque presque tous sont si chétifs en moyens, qu'ils n'en ont que pour vivre misérablement; si que Votre Majesté commandant qu'on tes laisse aller, leur fera une excellente aumône, car elle leur donnera le repos, seule condition qui peut rendre leur disette aucunement supportable, du milieu de la quelle ils prieront Dieu qu'il prospère Votre Mactc.

Tirée de l'autographe conservé aux archives de la cour de Turin. A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.

Saint François recommande à S. A., M. le marquis de Blonnay,

6 mars 1610.

Je supplie très humblement V. A. de prester vostre oreille favorable au sieur de Blonnay présent porteur, qui ne désire luy parler que des choses qui luy sont agréables, puisqu'elle prend tousjours plaisir à l'advancement de la gloire de Dieu, de l'exaltation de la foy et du salut des âmes.

Ce mesme Dieu tout puissant, face de plus en plus abonder V. A. en bénédictions et consolations célestes, qui sont les continuelz et ardens désirs que fait pour elle,

Monseigneur ,

Son très humble, très obéissant, très fidèle orateur et serviteur ,

François, Evêque de Genève.

iao* LETTRE.

L'original est conserve au monastère de la Visitation de la ville d'Aroua . diocèse de Novare.

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