C. de C
(1) Mr E. de la Elle, en sa qualité de citoyen suisse, demandait à être exempté du service de la Garde nationale, dans laquelle on l'avait incorporé.
16 mars 1849.
Mon cher ami,
J'espère que vous aurez reçu par la diligence, en temps utile, ma lettre et l'acte qui constate l'introduction de l'appel en cassation de la sentence du conseil de discipline.
D est maintenant urgent que vous adressiez à Mr l'avocat Cassinis (1) votre procuration, qu'il s'est engagé à présenter dans un bref délai
L'avocat se flatte de gagner votre cause. J'en serais bien aise pour confondre vos insupportables démocrates. J'ai reçu de Londres une note de livres d'agriculture, que le libraire Ridway prétend m'avoir expédiés par votre entremise.
Je me rappelle fort bien que vous m'avez mandé avoir m avis de cette expédition, mais les livres ne me sont jamais arrivés. Veuillez vérifier s'ils se sont égarés dans quelque coin de vos magasins.
On prétend que l'armistice est dénoncé.
Le Roi est parti cette nuit, accompagné de Scatti et des deux Bobilant (2), cortège fort peu démocratique. La brigade de Savoie est partie ce matin pour Verceil, Jaillet eu tête, animée d'un excellent esprit.
(1) L'avocat Jean Baptiste Cassinis, pins tard sénateur et ministre de grâce et justice (1860-61), nn des avocats les pins distingués dn barreau de Turin. Dépnté de Salnzzola en 1848, puis de Turin, président de la Chambre pendant la VIII Législature, nommé sénateur en 1865, se suicida le 8 décembre 1866. — Les Codes civil, pénal, de commerce et de procédure civile furent son œuvre. La ville de Turin loi a élevé nn monument sur la place de la Citadelle.
(2) Aides de camp du Roi. Le 12 mars l'armistice avait été dénoncé, et les hostilités devaient commencer le 20.
Ce qui embarrasse le plus le Ministère et la Chambre, c'est la question financière, ils ne savent où donner de la tête. Tout le monde crie contre Ricci, dont l'incapacité est reconnue et proclamée par tout le monde. Il sera forcé de sortir du Ministère, je ne sais qui le remplacera. Peut-être le comte Ceppi, ou bien Cabella, ou bien qui sais-je encore ?
Je ne suis pas effrayé de la guerre, autant que la plupart des hommes modérés. Je crois qu'elle présente bien des chances en notre faveur et que le véritable danger consiste dans l'engouement que peut produire un premier succès. Si nous savons profiter de la première circonstance favorable qui se présentera, pour traiter une paix honorable le pays peut encore sortir de la crise actuelle, avec honneur et profit.
Je vais passer deux jours à Leri. Je serai de retour dimanche pour monter ma garde, n'ayant pas comme vous d'excuses valables pour être dispensé de cet ennuyeux service.
Adieu, mille amitiés.