C. de Cavour
Turin, 18 avril 1849.
Mon cher ami,
Je ne suis pas parti pour Milan, parcequ'un des plénipotentiaires, Boncompagni, est arrivé porteur d'un projet «le traité présenté par l'envoyé autrichien, Mr ' de Bruck, tout-à-fait inacceptable. Les propositions de l'Autriche sont telles que le Roi devrait abdiquer plutôt que d'y souscrire. Elle ne demande rien moins que 200,000.000 et d'autres conditions presque aussi dures, et certainement plus humiliantes.
C'est là une grave complication, qui peut avoir des conséquences funestes.
Je vous donne ces nouvelles, sous le sceau du secret, car les ministres les tiennent cachées.
Abercromby et Bois-le-Comte ont encouragé le cabinet à la résistance. Mais leur appui sera-t-il bien valide ?
Lamarmora ne peut pas traiter Gênes comme Espartero a traité Barcelone, mais soyez certain qu'il ne manquera pas de fermeté.