C. de Càvour
26 août 1849.
Mon cher ami,
Mr Balduino fait vendre au détail, spn guano, à San Pief d'Arena, à 28 fr. les 100 kilogr. ; il a tort, en conséquence^ de vouloir le même prix pour une vente en gros. Si je le payais 28 francs, je ne pourrais pas le vendre plus cher, et alors je n'aurais, pour ma part, que des risques à courir.
Veuillez donc insister pour une réduction, qui sera consentie par Balduino; en attendant, je vais faire analyser l'échantillon que vous m'avez envoyé. Au pis aller, je me bornerai à acheter les 14,000 kilogr. dont le placement est sûr et immédiat.
Les régents de la Banque de Gênes mettent une certaine lenteur dans leur correspondance avec nous, cela me fait soupçonner leur bonne foi. Si, par hasard, la négociation que nous poursuivons éprouvait des difficultés, nos actions
baisseraient, aussi je vous engage, si vous trouvez 10 p. %, d'en vendre une centaine. Cette vente nous procurera un repos d'esprit.
La rente est très recherchée, je ne doute pas qu'on arrive bientôt à 80. Je vous remercie de vos renseignements sur X. Ils concordent avec les miens. C'est un homme avec lequel il faut toujours se tenir sur ses gardes. Au reste, pour le moment, ni lui, ni ses collègues, ne sont dangereux.
Pareto, après avoir été un détestable ministre, est un Assez bon président.
Adieu, mille amitiés.