‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 45 sur 110 · C. de Cavour · texte numérisé non relu

C. de Cavour

(1) Le corps du Roi Charles Albert, rapporté d'Oporto, pour être enseveli dans la basilique de Superga, arriva à Turin le 12 octobre, et y fat solennellement reçu par les autorités et toute la population. Les mes étaient garnies de draperies noires et les femmes vêtues eu deuil. Le char funèbre était suivi du cheval de bataille du Roi et d'une foule de citoyens en deuil. La garde nationale et les troupes faisaient aile au cortège, et l'on peut bien dire que la nation entière portait le deuil de l'illustre et infortuné monarque. Quand le cortège fut arrivé sur la place de St-Jean, les matelots du Monzambano, qui avaient accompagné le corps du Roi jusqu'à Turin, le remirent aux gardes-ducorps, qui le transportèrent dans l'église de St-Jean, où était préparée la chapelle ardente, et où il demeura déposé 3 jours, pendant lesquels la foule ne cessa de remplir la basilique. Le dimanche matin (14 octobre), le corps fut transporté à Superga, suivi d'une foule immense et couvert d'innombrables couronnes de fleurs.

(2) a Je ne sache pas que Cavour ait jamais eu au cœur, haine bien vire, ni surtout bien tenace, sauf, peut-être, à l'endroit du feld-maréchal Haynau, sur qui il n'entendait pas raison. Mais, s'il y a quelqu'un qu'il n'ait pas aimé, ce quelqu'un fut, à coup sûr, le roi Charles-Albert ». (Db la- Rive, 1. c, p. 47). Cavour l'appelait, en avril 1849: « Cet homme fatal, <|ui était destiné à ruiner son pays, dans toutes les hypothèses » {Lettre à Mr Tallegrand de Pêrigord, avril 1849; ^hiàla, V, pag. 195), et dans une lettre à Madame Anastasie deCir- *>ort, à f>eu près- sous la même date, il va jusqu'à dire que « Charles- Albert a trahi le parti modéré » (Chiala, 1. c). Pourquoi cette an-

Leri, 23 octobre 1849.

Mon cher ami,

J'ai reçu, ici, la lettre de votre maison, du 21. Tosco (1) a reçu les bons, que vous m'adressiez par Mr de Romilly (2), et le bon sur Barbaroux. En arrivant à Turin, je tâcherai de vous faire avoir les cédules que vous désirez.

Il est entendu que vous payerez Balduino, et que je vous enverrai la contre-valeur, en Paris long, sauf quelques sommes que je dois encaisser à Gênes, par suite des expéditions de riz que j'ai faites à Cabella.

H est très difficile de vendre des rentes conditionnelle-

tipathie de Cavour pour Charles* Albert? A quelle cause fant-il l'attribuer? — Bien des hypothèses ont été émises à ce sujet, et je ne me permets pas de me prononcer en faveur de Tune plutôt que de l'autre. Quelle qu'ait été la conduite politique de Charles-Albert avant 1848, nous ne pouvons cependant pas oublier qu'il a été le premier roi conètitutionnel du Piémont, qu'il a exposé sa vie pour son pays, et que c'est de lui que date le grand mouvement, auquel l'Italie a dû son unité et sa liberté. — Malgré les erreurs qu'il a pu commettre, sa mémoire sera donc toujours vénérée, et le titre de Magnanimo, que lui décerna le Parlement, ne sera désavoué par aucun italien. — Du reste/ il était difficile qu'entre Charles-Albert, toujours hésitant, timoré et soupçonneux, et Cavour, résolu, homme ^d'action et plein de confiance dans l'avenir de son œuvre, il pût y avoir de la sympathie.

(1) Martin Tosco, surnommé Grand Martin, maître d'hôtel du comte de Cavour.

(2) Probablement le bibliotécaire du Trinity Colkge de Cambridge. La famille Romilhy, d'origine française, avait émigré à Genève, pais en Angleterre, après la révocation de l'édit de Nantes.

ment. Cependant, je tâcherai de le faire, si vous ne pouvez pas me transmettre d'ordres définitifs.

Vous aurez approuvé la nomination de Sainte Rose (1)<

Adieu, mille amitiés.

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