‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 63 sur 110 · CCCXXVIII · texte numérisé non relu

CCCXXVIII

2 juin 1851.

Mon cher ami,

Je vous envoie la lettre, ci-jointe, d'H.; je garde son plan. Le temps presse, je pense que vous feriez bien de venir causer quelques instants avec moi.

Recevez mes amitiés, à la hâte.

Camille de Cavour.

(1) Le comte de Cavour avait proposé un projet de loi qui doublait le capital de la Banque Nationale, le portant de 8 raillions, à 16 millions, afin de la mettre ainsi en état de pouvoir efficacement aider le gouvernement dans des moments difficiles. Cette loi ayant rencontré une vive opposition, le comte de Cavour la retira, pour le moment.

(2) Paul Farina, député de Gênes.

(3) Le traité de commerce et navigation.

ccc:

3 juin 1851.

J'ai une lettre <TA..... que je vous transmets, en vous renouvelant la prière de venir, sur le champ, à Turin.

6 juin 1851.

Mon cher ami,

Mr de Revel accepte (1); il partira aussitôt après le vote de la Chambre des députés. Je ne doute pas que son nom n'exerce une excellente influence en Angleterre, où son frère (2) a résidé longtemps.

Croyez-vous qu'il serait possible de se procurer quelques millions de Paris et de Londres, et à quelles conditions? Ce serait pour payer l'Autriche. Répondez-moi de suite.

La discussion de l'emprunt aura lieu mercredi ou jeudi. Revel partira probablement dimanche.

(1) Le comte Octave de Revel accepta de partir pour l'Angleterre, revêtu de la qualité de Commissaire royal, muni de pleins pouvoirs, pour y négocier la grande opération financière, à laquelle Cavour tenait particulièrement, « afin de nous affranchir de la dépendance de Rothschild, devenue, depuis quelque temps, si funeste à notre pays. « (Lettre de Cavour au comte Bevel, juin 1851, Chiala, I, p. 447).

(2) Le chevalier Adrien de Revel.

Les obligations (1) s'émettront samedi prochain; le prix d'émission sera de 900.

Adieu, à la hâte.

Camille de Cavour.

Tachez de souscrire au moins pour deux millions.

8 juin 1851.

Mon cher ami,

Je vous attends mardi matin ; nous causerons de toutes nos affaires, et je vous mettrai en rapport avec Eevel. Adieu, à la hâte.

Camille de Cavour.

CCCXXXIL

30 juin 1851.

Mon cher ami,

Je suis désolé que Mr H. persiste à vouloir ouvrir la souscription à 84. Je le suis plus encore, de ce qu'on attribue, en grande partie, cette fâcheuse détermination à l'influence que vous exercez sur Mr H.

Vraiment, après nous avoir bercé de 90, quand nos fonds étaient à 80, venir exiger 84, lorsqu'ils sont à 84,50, c'est inconcevable. Si j'étais à Londres, je romprais, plutôt que de souscrire à de pareilles conditions.

(1) Les 18,000 obligations destinées à rembourser la Banque, de ses avances, et à faire cesser le cours forcé de ses billets.

Je vous parle en toute franchise. Je ne puis pas m'expliquer la manière de procéder de Mr H. Si, en effet, l'emprunt se fait à 84, je le réaliserai, mais j'en serai hautement mécontent (1).

Mille amitiés.

Camille de Cavour.

cccxxxiii.

9 juillet 1851.

Mon cher ami,

Je vous demande pardon de ma boutade. Je vous ai écrit dans un moment de découragement. Maintenant que le succès a dépassé mon attente, il ne me reste plus qu'à vous remercier de toutes les peines que vous vous êtes données (2).

Je vous prie d'adresser mes félicitations à Mr Hambro, en lui témoignant combien j'apprécie l'exquise délicatesse, dont il a fait preuve pendant toute cette négociation.

Croyez, mon cher, à ma sincère affection.

Camille de Cavour.

(1) «Je partage vos perplexités et vos angoisses. Le retard que la discussion de la loi a subi, nous a été fatal. Il est certain qne si nons avions pn conclure, il y a 10 jours, le taux d'émission aurait pu être fixé à 86 on 87. L'action des banquiers de Paris nous a été nuisible. (Lettre du comte de Cavour à Mr de Bevel, 30 juin 1851). Oe taux était cependant bien élevé, puisque le 5 % Rothschild ne dépassait pas alors, 81 francs.

(2) « Je ne saurais assez tous dire quelle vive satisfaction j'ai éprouvée en apprenant la conclusion de l'emprunt. Je vous avoue avoir été, pendant quelques jours, en proie a la plus vive anxiété.

. .... En définitive, le prix de 85 me parait hautement satisfaisant, je ne pense pas qu'on pût espérer mieux, vu l'état de notre crédit sur les marchés du Continent ». (Lettre à Mr de Revel, 5 juillet 1851).

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