C. Cavour
9 novembre 1855.
Mon cher ami,
Je ne connais guère les propositions d'Hambro. II ne peut me convenir de faire escompter des traites à 3 */* pour ne tirer que le 5. D'ailleurs, pour le moment, l'essentiel est d'aider la Banque à sortir de l'embarras, où l'a placée Yimpéritie des ses administrateurs à Gênes. Bombrini a été, dans cette circonstance, au-dessous de sa réputation.
Demain je vous adresserai la lettre officielle qui doit établir les bases de notre opération. Sauf un avis contraire, par le télégraphe, j'en adresserai une toute pareille à Hambro.
Vous m'avez mal compris, si vous avez cru que je vous ai dit que je n'aurais pas recours à l'emprunt. Au con-
traire, je ne vous ai pas dissimulé que, la guerre continuant, un emprunt était inévitable. Sachant la lenteur des Chambres, je proposerai l'emprunt au début de la session, pour le faire ce printemps.
J'ai demandé des renseignements sur les farines à Ricci, mais il ne compte rien faire sur cet article.
J'ai pris, toutefois, bonne note de ce qu'il vous écrit à ce sujet.
Adieu.
Votre dévoué