C. de Cavotjr
Mon cher ami,
CUCCXI.
13 novembre 1855.
Si vous ponvez vous abstenir de faire de l'opposition aux propositions relatives à l'établissement d'une succursale en Sardaigne, qui seront soumises à l'Assemblée générale, vous m'obligerez beaucoup. Je ne puis ici entrer en discussion sur leur mérite ; je me borne à vous observer que cet établissement doit être très utile au pays et à la Banque. La Sardaigne, quoiqu'on en dise, est en voie de progrès. Depuis quelques années elle a absorbé beaucoup de numéraire. Avec un établissement de crédit, ce numéraire sera de nouveau mis en circulation. J'ai eu toutes les peines du monde à faire pénétrer ces vérités dans le cerveau épais des régents génois. S'ils ont consenti à ce que je leur demandais, c'est uniquement pour ne pas me fâcher. Maintenant, si vous parliez dans un sens contraire, ils pourraient croire que je ne tiens pas autant que je le leur ai dit, à la succursale de Cagliari.
Si l'assemblée accepte et sanctionne mon projet, je mettrai sur le tapis la cession de la monnaie à la Banque, et
la refonte du billion; mesures, k mon avis, de la plus haute importance, et qui doivent assurer la prospérité de cette institution.
Croyez, mon cher ami, à mes sentiments dévoués.