‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 93 sur 110 · C. Cavour · texte numérisé non relu

C. Cavour

CCCCXLVIII.

9 juin 1858.

Mon cher ami,

Je regrette infiniment, que vous n'ayez pas pu venir à Turin, avec Oneto, surtout en apprenant la triste cause (1),

tièrement contraire aux principes du droit maritime (N. Bianchi, Politique du comte Cavour, pag. 267). Comme à bord du Cagliari se trouvaient 2 mécaniciens anglais, qui furent emprisonnés à Salerne et chargés de fers avec tout l'équipage, le gouvernement sarde invoqua l'appui et l'intervention anglaise, pour se faire rendre le Cagliari et libérer son équipage. — Après bien des notes diplomatiques et des tergiversations du gouvernement anglais, qui, d'abord, promit sou concours, puis le retira, ne voulant accorder que son moral support, puis proposa, aux termes du protocole n° 23 du Congrès de Paris, l'intervention, ou arbitrage, d'une puissance étrangère (politique que le comte de CavouT appelle u ignobilt e vergognosa », Lettre du 12 avril 1858 <*w chev. C. Boneompagni, ministre de Sardaigne à Florence), à la suite d'une consultation légale du célèbre jurisconsulte anglais Robert Phillmore, publiée dans le Times et appuyée par la presse libérale anglaise, le gouvernement Torie (Malmesbury, Derby, D'Israeli, etc.) eut, e& quelque sorte, la main forcée, et envoya Lyons à Naples, appuyer ta cause soutenue par le gouvernement sarde. Le Cagliari fut rendu à ses légitimes propriétaires, son équipage libéré et une indemnité de L. 3000 accordée aux deux mécaniciens anglais, dont l'un était devenu fou pendant son emprisonnement à Salerne, par suite des mauvais traiteiaents auxquels il y avait été soumis.

(1) Une grave maladie de madame de la Rue, dont la santé inspirait de vives inquiétudes.

qui vous a retenu à Gênes. Vous connaissez ma sincère amitié, et vous pouvez compter sur ma profonde et sincère sympathie pour tout ce qui peut vous affliger.

J'aurais désiré vous parler confidentiellement, j'avais des choses à vous dire, que je ne saurais écrire (1). Si vous pouvez disposer d'une journée, venez me trouver. H n'y a rien d'urgent.

Croyez, mon cher ami, à mes sentiments dévoués.

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