‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 97 sur 110 · CCCCLXIX · texte numérisé non relu

CCCCLXIX

24 octobre 1859.

Mon cher ami,

Je reçois vos trois lettres à la fois. C. est un brouillon, qu'Oytana estime aussi peu que moi. Ne vous mêlez pas avec lui. Allez plutôt à Turin, parler au ministre. Il n'a jamais eu l'idée d'accorder 2 p. % aux génois. Ce serait absurde.

Ne vous gênez pas pour moi. Grâce à Dieu, la calomnie ne m'atteint plus (1). Je ne sais si c'est parce que je suis au dessous ou au dessus d'elle, mais je n'en fais plus le moindre cas.

Je prends la liberté de vous recommander Mr Parent, avocat de Chambéry, qui est à Gênes pour faire entrer son fils au collège de marine. On lui demande un répondant à Gênes ; veuillez lui rendre ce service, sous ma responsabilité.

Mille amitiés.

Camille de Càvour.

Mon cher ami,

30 octobre 1S59.

Pendant mon absence, on a modifié mon projet, au ministère des finances ; il en résulte un léger imbroglio. Ne vous en inquiétez pas ; venez parler à Oytana, ou écrivez-

(l) Ses adversaires accusaient Cavour d'intriguer contre le ministère et, en particulier, contre son ancien collègue Rattazzi, pour les fairer tomber et leur s accéder au pouvoir.

Jui. Contentez-vous de 1 1$ de commission ; comme le taux pera bas et les conditions de payement avantageuses, il y a de la marge.

Je retourne a Leri, peu édifié de l'habileté de mes successeurs; en politique, ils ne sont pas très forts, je vous pssure (1).

Mille amitiés.

Camille de Càvour.

Mon cher ami,

CCCCLXXI.

11 lévrier 1860 (2).

Tomati (3) ferait un bon député. Si Baggi (4) parvient h déloger les cléricaux de Varazze, il méritera une statue. On avait pensé pour ce collège, au major Pesçetto (5), de 3avone, neveu de Colla.

(1) Cavour et ses amis leur reprochaient, en particulier, leurs hésitations et leurs lenteurs, dans la question de l'annexion des Duchés et des Romagnes, et leur servilisme vis-à-vis de l'empereur.

(2) Le 19 janvier, à la suite de la démission du ministère Lamar mora, Cavour avait été appelé par le Roi, à former un nouveau cabinet, qui se constitua comme suit: Cavour, présidence, affaires étrangères et iutérinalement, intérieur — Cassinis, grâce et justice — Fanti, guerre — Vegezzi, finances — Mamiani, instruction publique — Jacini, travaux publics. — Les élections des députés pour la VII législature, tarent fixées au 25 et 29 mars 1860.

(3) Cristoforo Tomati, professeur d'anatomie à l'université de Gênes, puis à celle de Turin, représenta le m collège de Gênes, en 1860, et en 1876, le IL

(4) Raggi Edilio, habile commerçant de Gênes, fut nommé député de Novi-Ligure à la XII et XIII législature.

(5) Frédéric Pesçetto, de Savone, officier du génie, se distingua pendant les guerres pour l'indépendance italienne, fut élu député de Varazze, a la VII législature, puis de Savone, à la IX et X.

L'avocat général Vigliani (1) doit s'être occupé de Varazze. Votre gouverneur est un homme très distingué. C'est, peut-être, le meilleur choix que E. ait fait.

Mille amitiés.

Camille de Cavour.

CCCCLXXIL

5 mars 1860.

]\£on cher ami,

Je vous prie d'envoyer la lettre ci-jointe, à un de vos correspondants de Constantinople. Sous l'enveloppe d'une maison de commerce, elle a plus de chances d'échapper aux argus de la poste française. Naturellement, vous ne la ferez pas passer par Trieste.

J'ai vu Madame Lilla, je tâcherai de retenir son fils au ministère.

J'ai fort regretté de n'avoir pu soumettre à la signature du Roi la nomination de Mr Littardi (2) comme sénateur. Mais, ayant vérifié qu'il ne payait pas 3000 francs de contributions directes, je n'aurais su par quelle porte le faire entrer dans la vénérable assemblée.

Croyez, mon cher ami, à mes sentiments dévoués.

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