‹ Nouvelles lettres sur la chimie consideree dans ses applications a l'industrie, a la physiologie et a l'agriculture par m. Justus LiebigChapitre 10 sur 16 · I.'iirine aride contient ordiuairemeut de l'acide urique · texte numérisé non relu

I.'iirine aride contient ordiuairemeut de l'acide urique

gime végétal les aliments consistant en foin, trèfle, naveU»

pommes de terre, etc.).

ACIDE CARBOMQLB LIBRE.

CarboDale { .

( de magnésie.

Carbonates i

Hippatates I à baie d*aica1i« Salfoles )

Réaction acide passagère.

Réaction alcnllno pcrsislnnte.

L'urine alcaline ne contient ni acide phosphorique ni acide urique.

170 NOUVELLES LETTRES 8im LA CHIMIE.

Les rapports précédents démontrent que les caractères acides, alcalins on neutres, de Vurine derhomme

et des animaux, dans Tétat de santé, ainsi que la présence, dans i'urine, de l'acide phosplioriquey de l'acide

urique, des pliospliales et des carbonates alcalins, dépendent entièrement de la composition des cendres des alira^ts.

1/ urine d'un porc nourri avec des pommes de terre est alcaline : dès que Taulmal reçoit pour nourriture du bié ou des pois, son urine devient acide. II an est de même de Turine de l'homme : ordinairement acide, elle devient neutre ou alcalino quand l'homipe ajoute à sa nourriture, en certaines proportions, des fruits savoureux, des cerises, des j)ommes, des pommes de terre, des racines, ou des légumes verts.

Les sels contenus dans Furtne sont sécrétés du sang par les reins ; ils font donc d'abord partie de la compo- . Htion du sang. En effet, si Ton compare les substances minérales de l'urine avec celles du sang, on trouve à peine une différence entre les deux liquides quant à la quantité des sels à base alcaline solubles dans l'eau [1 ). Qu'on incinère le sang et Turine du même individu

(i) Analyses de taurine, déduction faite du sel marin.

Acide pbos* Terres Acide sulfuri-

pboriqoe. ' BlculiiiM. que, silice.

Analyse Aile à Gleasen

par M. Porter 3A,24 A7,76(*J 7,6â 12,38

Analyse fuile à Berlin

par M. Fleilinanii.. 34,03 A8,03 9,02 8,92

(*) 0iM c« «Mffrtf 4,06 Miidt Mttt cileaMi commt p^Uine*

bien portant, ei qu'on lessive les cendres avec de l'eau,

on ne trouvera pas de différence entre les sels solubles du sang et ceux de l'urine, et il est fort probable que cette identité s'étend aussi aux proportions relatives de

ces sels.

Ceci permet d'espérer qu'à l'avenir une simple opération chimique pourra faire connaître la composition du sang à l'aide de la composition de Turine. Quelques expériences comparatives sur le sang et sur l'uriue, dans les différentes maladies, donneront au médecin des moyens de diagnostic très précieux, pour la déterminalion des altérations du sang et pour l'appréciation de l'influence que ces altérations exercent sur les foncticHis vitales les plus importantes.

Il n'est pas besoin d'être fort avancé en chimie pour comprendre que l'élucidation des rapports de dépendance qui existent entre les fonctions du sang et les principes minéraux forme la première base de l*art de guérir etde la physiologie. Il serait donc absurde de songer à une médecine rationnelle avant d'avoir posé ces fondements qui comprennent tons les problèmes de l'économie animale. Il est d'ailleurs démontré, pour le diimiste, que Talcalinité du saog est une des premières et des plus importantes conditions de la combustion, de la production de la chaleur, et de la transmutation des tissus organiques.

Une foule de composés organiques qui, seuls, à la température ordinaire ou à cAle de l'organisme animal, manqufint mtièrement de la propriété de le oondbjn^r

172 >OlVtLLtS LETTRES SLU hk CHIMIE,

avec Toxygène, c'est-à-dire de brûler, acqiiièreAt cètte

propriété lorsqu'ils sont mis en contact avec un alcali libie (Chevreul). Cette influence des alcalis est surtout frappante avec des matières colorantes qui se décolorent, dans ces circonstances, ou avec certaines substances incolores qui alors se colorant et se détruisent Le carmin, tinedesmalt^s colorantes les plus solides, la inatière jiunlc du bois de Campéclie et du bois de Brésil. 1m rratière colorante du sang, se dissolvent dans la p ';Fse ranstique et se consorveiit sans altération des iuoïs entiers ; mais dès qu'à celte solution on fait arriver de l'air ou de Voxygène, le gaz s'absorbe avec rapidité, et les matières colorantes se détruisent (Chevreul).

La solution incolore de l'acide gallique et de l'acide pyrogallique sé colore en rouge foncé, en présence de la potasse et au contact de l'air, et se détruit dans l'espace de quelques minutes. L^aicool iul-méme s oxyde et brunit à la température ordinaire, lorsqu'il contient de l'alcali libre.

Le sucre de lait et lé sucre de raisin, en présence des alcalis, enlèvent môme l'oxygène aux oxydes métalliques, à la température ordinaire.

Un semblable effet est produit, par les alcalis, dans le sang : ils favorisent et augmentent la combustibilité •des agents de respiration.

Cette influence des alcalis est très marquée avec les sels des acides organiques introduits dans la circulation. On avait depuis longtemps observé que l'urine devient alcaline, quand on mange des fruits savoureux,

TRBUHHîCATRliCllE LETTRE. l73

des cerises y des fraises, des pommas, etc.; tous ces frails, ainsi que le suc des raisins, dm tubercules ci dt*s

herbes, coiiliennent les alcalis à l'état de sels à acidrs végétaux, ordiDaireroent à l'état de inalates (i'ruits à noyaux, ananas); de citrates (fruits à pépins, groseilles, pommes de terre), ou de tartrates (raisins). Or, il résulte des recherches de MM. Gilbert Btanc et Woehtor, qm les sels précédents pris isolément se comportent comme les sels coatenus dans les diiféreutes parties végétales : ingérés par la bouche ou sous forme de lavement, te citrate, le tarlrate, le malate et l'acétate de potasse, reparaissent dans Turine à l'état de carbonate.

Les acides de ces sels, étant introduits dans le sang sous forme de combinaison neutre ou acide, se brident aussi complètement que dans l'appareil de combustion le plus parfait. Les carbonates alcalins contenus dans l'urine des herbivores tirent leur origine de la mémo aource; ils proviennent des sels organiques à base d'alcali contenus dans les aliments.

C'est encore par le contact d'un alcali que l'acide uri-

que se brûle dansféconomie. L'urinedes lapins anxquets

on avait administré d'assez fortes doses d'acide uricjue,

sous forme d'urate de potasse (2 à 2 1/2 grammes), ne

contenait plus d'acide urique : cet acide était conveitl en

acide oxalique et en urée, dont la quantité était au moins

quintuple de la quantité d'urée contenue dans l'urine

iiormale(Frerich8]. Or, l*urée, comme on sait, représente

de l'acide carbonique dans lequel la moitié de l'oxygène

est remplacé par son équivalent d'timidogtoe (NU^)

17A NOUVELLES LETTRES Sim hk CBIMIB*

La caiM de reitorème combustibilité de ce^ substances dans réconomie est dwB évidemment à l'aldilijiité du saog, ainsi que le prouvent les faits les plus simples.

Les herbivores consomment, dans leurs aliments, UUB grande quantité d'acides libres qui sont détruits dans la circulation et dispannssoil comme les. acides combinés avec \t6 alcalis ; il se produit sans doute, dans Imv organisme et dans celui des carnivores, de Tacide orique, comme produit d'une eombusttoD incomplète des substances plastiques, mais dans letat de santé* cet aoid^ uijqoe n*apparfitt jamais 4ana 1- urine de ces animaux, riche en alcali libm

Ce phéfiomène s'e^^plique d une manière satisfaisante |iar la présence, dans le sang, des carbonates alcalins. Les acides végétaux introduits dans le sang, ou Vacide orique iH*oduii par la transmutation des tissus, décomposent les carbonates alcalins, et forment des sels neutres qui sont aussitôt décomposés par l'oxygène circuiiot dans réconomie; l'acide carbonique devenu libre ^t évacué par le poumon.

Les mêmes acides organiques qui, à l'état de sels, c'est-À-dire accmpagnéi de bases aie^Uinei^ disparaissent aussi rapidement dims le sang de l'homme, ces mêmes acides reparaissent sans altération dans Turine, s'ils sont ingérés eani ces alcalis; même les plus combustibles d'entre eux, comme Tacide tartrique et l'acide gallique, ne se brûlent pas, sous cette forme» dans Téoofiomie. On p«it aisément r^ro«?er l'aci^

TRENTE-QUATRIÈME LETTRI. 175

dans l'urine, à Taide des sels de fer, aveo lescpiels il

donne un liquide noir comme de l'encre.

La cause de cette incombustibiiité , c'esl dcmc le manque de l'deali lière^ cet intermédiaire de Voxygé^ nation.

Ou ne trouve pas de carisonate alcalin dans le sang d'homme el dans celui de chien, avec leqod un grand

nombre de ces expériences ont été faites, mais il contient du phosphate à base d'elcali.

Or, il est certain que ringestion des sels végétaux neutres n'altère pas Talcalinité de ce sang, tandis que l'ingestion des acides libres, qui s'emparent d'une partie de l'alcali, doit avoir pour effet la mise en liberté d'une certaine quantité de i acide phosphorique combiné avec Talcali. Cet acide phosphorique, n'étant pas gazeux comme l'acide caibonique, ne peut pas s'évacuer par la respiration, et reste donc dans le sang jusqu'à ce qu'une cause quetoonque l'en expulse. ^PnAmblement, la partie du sang où arrivent les acides organiques perd d'abord son alcalinité, prend même passagèrement une réaction acide (réaction que les reins neutralisent de nouveau), et c'est à la suite de cet état du sang que les acides organiques dont je parie ne sont plus brûlés dans la circulation. En effet, si le sang, après avoir dissous l'acide gallique, restait alcalin, cet acide serait infailliblement détruit, car il ne pieut pas exister en présence de i oxygène et d'un alcali.

Les propriétés partioulièies que le sang de l'homms

17(5 KOUVELLES LETIBES Slll LA GIIIMIE.

et des inimaux cffmivores doit à sa forte proportimi

d'acide pliosphorique se traduisent d'une manière bien marquée dans les sécrétioas. L'acide pho^horique, combiné avec l'alcali , oppose une certaine léaistance à Vaclion chimique de cet alcali ; cette résistance ne se ^fèÊBûie pas dans le aang des herbivores.

Lîi présence de Tacide phosphorique dans le sang des carnivores est dans un rapport intime avec l'acidité persistante de Torine et avee la aécrétion de Tacide iiri(iue, tandis que la disparition de cet acide uriquese rattache directement à 1 alcahnité prédominante du sang cheiE les herbivores.

La présence de l'acide carbonique libre dans l'urine des herbivores est déterminée en grande pariie par Taffmité du carbonate alcalin pour l'acide carbonique; la présence d'autres acides dans l'urine des mêmes animaux est évidemment une des conditions nécessaires à la conservation de l'alcalitiité du'sang.

Supposons qu'une perturbation dans les fonctions rénales arrête la sécrétion de ces acides, ou qu'une transmutation rapide et anormale des tissus (une inflammation, une fièvre), mette en liberté l'acide phospho* rique des organes pour le mêler avec le sang : ce changement dans l'alcalinité du saug aura immédiatement pour effet d'augmenter la sécrétion de l'acide uriqueet de modifier la respiration.

On comprend, d'après cela, le^ succès souvent merveilleux qu'obtiennent les médecins, dans la guérison de beaucoup de maladies, par un régime bien entendu,

TR£KT£-QLAiaiÈME l.ETTilË. 177

par un choix raisonné des filiments, par l'emploi des

eaux minérales, du pelll-lait, etc.

liorsqu'on remplace, dans ralimentation ordinaire , la viande et le pain, par un régime végétal, par des fruits savoureux, cela modiiie sans doute la composition chimique du sang, mais la modification ne porte pas sur ses parties organiques ou comboslîbles. En effet, la iibriûe et Talbumine du sangdeliœuf nedilTèrent aucunement de la fibrine du sang des lierbivores et des granivores. Mais ce changement de régime modifie les parties incombustibles du sang; il neutralise i'in* fluence perturbatrice de l'acide phosphorique ou du phosphate alcalin (comme dans les maladies typhoïdes et inflammatoires}, en y substituant du earbo-nate alcalin.

Il n'est, certes pas,- de fait plus concluant en faveur

du rôle du canal intestinal, comme organe de sécrétion, que l'absence du fer dans Turine en général , et des phosphates dans Turine des lierbivores.

L'urine, on le conçoit, ne saurait contenir de substance insoluble dans ce liquide; le phosphate de chaux et le phosphate de magnésie manquent donc dans Turine de vache et de cheval, parce qu'un liquide aussi chargé de carbonates alcalins et de carbonates terreux n'a aucun pouvoir dissolvant sur les phosphates terreux (1).

(1) Une diMolaliOii û% eaiiM»lkle de dbaui dans l*eau chargée

178 NOUVBLLËS LETTRES SUR LA CfilMlB.

On ne troinre point d'acide phospborique dans 1*uriiie

de cheval ni dans l'urine de vache, bien que ces animaux consomment tous les jours une grande quantité d'acide phosphorique, sous la forme de phosphates alcalins so* lubies , qui sont ensuite assimilés par le sang. La composition de Turine (1 ) et des fèces des mêmes animaux» dont on a aussi analysé le fourrage (2), démontre que tout l'acide phosphorique des aliments se retrouve dans les fèces à l'état de phosphate calcaire et de phosphale magnésien (P05,2MO). Tout l'acide phosphorique, devenu libre à la suite des transmutations orga-

diacide carbonique» et étendue d'assez d*euu de puits pour que le caifMnate de potasse ou de soude a*jr produise plus de précipité » donne imnédiiilcneiit un trouble petaislaut de plHMpliMe de ehsitx, par radditkm de la plus petite quantité de phosphate deaoutle.

(i) CompQMtitm de l'urine (se/ marin déduit ) et des féeee.

«am (Afibaecher).

ràcBS (Budiner).

Cbeval.

Cberal.

VucIm.

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