LA SAGESSE
vous^, qui pasisea. comme l'ombre Par ce triste valloit des pleurs , Passagers sur ce globe spmbref , Hommes! mes frères en douleurs , Écoutez : voici versSolime Un son de la harpe sublime Qui charmoit Pécho du Tfaabor:
Sion en frémit sous sa cendre, Et le vieux palmier croit entendre La voix du vieillard de Ségor !
insensé le mortel qui pense ! ' Toute pensée est une erreur:
Vivez , et mourez : en silenqe ; Car là parole est; au Seigneut*!
Il sait pourquoi flottent les moades-;
i48 MÉDITATIONS
Il sait pourcpioi coulent les ondes , Pourquoi les cieux pendent sur nous , Pourquoi le jour brille et s^éfface, Pourquoi l'homme soupire et passe:
Et vous, mortels, que savez- vous?
Asseyez-vous près des fontaines.
Tandis qu'agitant les rameaux, Du midi les tièdes haleines Font flotter l'ombre sur les eaux :
Au doux murmure de leurs ondes Exprimez vos grappes fécondes Où rougit l'heureuse liqueur ; Et de mains en mains sous vos treilles Passez-vous ces coupes vermeilles Pleines de l'ivres&é du cœur !
Ainsi qu'on choisit une rbse Dans les guirlandes de Sârons , Choisissez une vierge éclose Parmi les lis de vos vallons !
Enivrez-vous de son haleine;
Écartez ses tresses d'ébène, Goûtez les fruits de sa beauté.
Vivez , aimez , c^est la sagesse :
Hors le plaisir et la tendresse Tout est mensonge et vanitéî
Comme un lis penché par la pluie Courbe ses rameaux éplorés , Si la main du Spigneur vous plie , Baissez votre tête, et pleurez. , Une larme à ses pieds versée Luit plus que la perle enchâssée Dans son tabernacle immortel ; Et le cœur blessé qui soupire Rend un son pli^ doux que la^^ lyre Sous les colonnes de l'autel !
Les astres roulent en silence Sans savoir les routes des cieux; Le Jourdain vers Tabîme immense Poursuit son cours mystérieux; L'aquilon, d'une aile rapide,
5o MÉDITATIONS POÉTIQUES.
Sans savoir où rissdfict le guide 9 S'élance et courtsur vos^Iobs ; Les feuilles que l'iitver entasse Sans savoir oit le vent les chaise, Volent en pâles toorbiUons !
Et vous , pourquoi d'iia soin stérile Empoisonner yos }our5 bornés ?
Le jour présent vaut mtieuji que mille Des siècles qui ne sont pas nés.
Passez , passez ^ ombnes légères , Allez ou sont ailés vos pères , Dormir auprès de vos aieux:.
De ce lit où la mort sommeille, On dit qu'un jour elle s'éyeiUe Comme l'aurore dans les cieux!