‹ Nouvelles méditations poétiquesChapitre 23 sur 28 · LA SAGESSE · texte numérisé non relu

LA SAGESSE

vous^, qui pasisea. comme l'ombre Par ce triste valloit des pleurs , Passagers sur ce globe spmbref , Hommes! mes frères en douleurs , Écoutez : voici versSolime Un son de la harpe sublime Qui charmoit Pécho du Tfaabor:

Sion en frémit sous sa cendre, Et le vieux palmier croit entendre La voix du vieillard de Ségor !

insensé le mortel qui pense ! ' Toute pensée est une erreur:

Vivez , et mourez : en silenqe ; Car là parole est; au Seigneut*!

Il sait pourquoi flottent les moades-;

i48 MÉDITATIONS

Il sait pourcpioi coulent les ondes , Pourquoi les cieux pendent sur nous , Pourquoi le jour brille et s^éfface, Pourquoi l'homme soupire et passe:

Et vous, mortels, que savez- vous?

Asseyez-vous près des fontaines.

Tandis qu'agitant les rameaux, Du midi les tièdes haleines Font flotter l'ombre sur les eaux :

Au doux murmure de leurs ondes Exprimez vos grappes fécondes Où rougit l'heureuse liqueur ; Et de mains en mains sous vos treilles Passez-vous ces coupes vermeilles Pleines de l'ivres&é du cœur !

Ainsi qu'on choisit une rbse Dans les guirlandes de Sârons , Choisissez une vierge éclose Parmi les lis de vos vallons !

Enivrez-vous de son haleine;

Écartez ses tresses d'ébène, Goûtez les fruits de sa beauté.

Vivez , aimez , c^est la sagesse :

Hors le plaisir et la tendresse Tout est mensonge et vanitéî

Comme un lis penché par la pluie Courbe ses rameaux éplorés , Si la main du Spigneur vous plie , Baissez votre tête, et pleurez. , Une larme à ses pieds versée Luit plus que la perle enchâssée Dans son tabernacle immortel ; Et le cœur blessé qui soupire Rend un son pli^ doux que la^^ lyre Sous les colonnes de l'autel !

Les astres roulent en silence Sans savoir les routes des cieux; Le Jourdain vers Tabîme immense Poursuit son cours mystérieux; L'aquilon, d'une aile rapide,

5o MÉDITATIONS POÉTIQUES.

Sans savoir où rissdfict le guide 9 S'élance et courtsur vos^Iobs ; Les feuilles que l'iitver entasse Sans savoir oit le vent les chaise, Volent en pâles toorbiUons !

Et vous , pourquoi d'iia soin stérile Empoisonner yos }our5 bornés ?

Le jour présent vaut mtieuji que mille Des siècles qui ne sont pas nés.

Passez , passez ^ ombnes légères , Allez ou sont ailés vos pères , Dormir auprès de vos aieux:.

De ce lit où la mort sommeille, On dit qu'un jour elle s'éyeiUe Comme l'aurore dans les cieux!

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