‹ Nouvelles méditations poétiquesChapitre 24 sur 28 · APPARITION · texte numérisé non relu

APPARITION

To I qui du jour mourant consoles là ù'aturè , Parois, flambeau âé:s ntiits*, lè^e-toi dans les cieux; Étends autour Ae moi, stir ïa pâle vei^èkirè , Les douteuses clartés d'dti jour tnystéirieux! Tous le^ infortunés chét*isseht ta lumière; L'éclat brillant du jour repousse leurs douleurs : Aux regards du soleil ils ferment leur paupière , Et rouvrent devant toi leurs yeux noyés de pleurs!

Viens guider mes pas vers la tombe Où ton rayon s'est abaissé , Oîi"chaque soir mon genou tombe Sur un saint noiff presque èïfacé.

Mais quoi! la piérte le repousse!...

J'entends!... bui! des pas sur la mousse!

Un léger souffle a murmuré ;

i5a MÉDITATIONS

Mon œil se trouble, je chancelle :

Non , non, ce n'est plus toi : c'est elle Dont le regard m'a pénétré!...

Est-ce bien toi ? toi qui t'inclines Suricelui qui fut ton amant? Parle ; que tes lèvres divines Prononcent un mot«^eulement* Ce mot^e murmurpit ta bouche Quand , planant sur ta sombre couche^ La mort interrom|)it ta voix.

Sa bouche commence!... ah! j'achève :

Oui , c'est toi ! ce n'est point un rêve !

Anges du ciçl , je la revois ! . . .

Ainsi donc l'ardente prière

Perce le ciel et les enfers !

Ton âme a franchi la barrière

Qui sépare deux universi

Gloire à ton nom , Dieu qui l'envoie 1

Ta grâce a permis que je voie

Ce que mes yeux chérchoiait toujours»

POÉTIQUES.. i53

Que veux-tu? faut-il que je meure ?

Tiens , je te donne pour cette heure Toutes les heures de mes jours!

Mais quoi! sur ce rayon déjà l'ombre s'envole! Pour un siècle, de pleurs, une seule parole!

Est-ce tout?... C'est assez!... Astre que j'ai chanté, J'en bénirai toujours ta pieuse clarté, Soit que dans nos climats, empire des 0imge$, Comme un vaisseau voguant sur la mer des nuages , Tu perces rarement b triste obscurité ; Soit que sous ce beau ciel, propice à ta lumière, Dans un limpide azur poursuivant ta carrière , Des couleurs du matin tu dores les coteaux; Ou que te balançant sur une mer tranquille.

Et teignant de tes feux sa surface immobile , Tes rayons argentés se brisent dans les eaux !

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