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MÉTHODES DE BAUER ET DE FOIX

ambocepteurs naturels. C'est sur ce principe qu'est basée la méthode deBauer. Eu réalité, le fait est exact ; le sérum humain possède ainsi des propriétés hémolytiques naturelles contre les globules de mouton et c'est à cause de ce fait que Ton a pu condamner, dans la méthode de Wassermann, l'emploi d'un système hémolytique de lapin antimouton. Mais la quantité d'ambocepteurs naturels est trop variable dans un sérum et souvent trop faible, pour qu'on puisse se fier aux résultats obtenus.

Procédé de Foix. — Le procédé de Foix, dernièrement exposé à la Société de Biologie, est, comme celui de Bauer, basé sur les hémolysines naturelles du sérum humain vis-à-vis des globules rouges d'un animal courant de laboratoire ; le lapin.

Le sérum humain fournit ainsi la sensibilisatrice antiinicrobienne si • le malade est atteint de l'afTection dont on utilise le microbe et la sensibilisatrice hémolytique qui s'y trouve d'une façon constante et en assez grande quantité. On se sert du sérum chaulle (V gouttes en moyenne), du complément de cobaye (III gouttes). Dans trois de ces tubes on ajoute un nombre de gouttes d'antigène respectivement = a n., n -j- 1, n -f- 2. On ajoute XXX gouttes d'eau physiologique et on met à l'étuve à 37" pendant deux heures. Au bout de ce temps, on ajoute dans chaque tube, V gouttes d'une émulsion de sang de lapin à 10 7o. La réaction, nette au bout d'un quart d'heure, est définitive au bout d'une heure. Il y a hémolyse totale dans le tube ne contenant pas d'antigène, il n'y a pas d'hémolyse dans les autres et la réaction est positive. La réaction s'est

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montrée ainsi toujours positive dans la typhoïde et la sporotrichose, 9 fois sur 10 cas de syphilis nerveuse, en employant, comme antigènes, une culture de Bacille d'I'^berth, une éniulsion de spores du sporotrichum, une solution alcoolique d'extrait de foie s^yphiliti([ue.

Le reproche ({u*on peut adresser à cette méthode, c'est qu'il est diflicile de faire autant de tubes témoins, le môme sérum pouvant contenir à la fois deux sensibilisatrices. Nous avons pu obtenir également par ce procédé des résultats positifs dans 3 cas de syphilis avérée.

Méthode de NogncJn. — Ilideyo Noguchi, auquel nous devons adresser tous nos remerciements pour les nombreux renseignements et papiers d'antigènes et d'ambocepteurs qu'il nous a envoyés, est arrivé à rendre le procédé plus simple, tout en lui conservant son maximum de sécurité. Les médecins, pour peu qu^ils soient familiarisés avec les méthodes de bactériologie clinique, pourront aisément y recourir. Elle n'exige pas un iiTand matériel de laboratoire.

Elle diffère avant tout de celle de Wassermann en ce qu'elle emploie un système hémolytique antihuniain au lieu d'un système hémolytique antimouton. Noguchi, en effet, démontre que la méthode de Wassermann est sujette à une erreur qui résulte de ce que le sérum humain contient une quantité variable d'ambocepteur (sensibilisatrice) susceptil)le de réactiver le complément de cobaye. Dans son application à la recherche de l'anticorps syphilitique, le phénomène de Bordet- Gengou n'a reçu que i)eu de considérations dans son

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aspect quantitatif. Or, ce n'est qu'en respectant les relations quantitatives de tous les réactifs en jeu que la méthode peut devenii:' un procédé exact et sensible. Même si l'on emploie, en effet, une quantité convenue d'antigène, de suspension de elobules et de sérum du malade, la recherche des anticorps syphilitiques peut réussir ou ne pas réussir, suivant que l'on emploie ou non des quantités appropriées d'ainbocepteurs et de complément. On ne s'est pas assez rendu compte qu'un excès d'ambocepteur peut devenir une cause d'erreur, comme un défaut de complément. Les effets produits par cet excès sont doubles. 11 augmente progressivement Tactivité du complément de cobaye. En présence d'une unité d'ambocepteur, il faut, en général, 0,1 de complément pour produire l'hémolyse. En employant 4,8 et 20 unités d'ambocepteur, on peut obtenir le même effet avec 1/3, 1 5 et 1/10 de la même quantité de complément (0,1). 11 est donc impossible de démontrer une fixation partielle de ce complément dès qu'on emploie un excès d'ambocepteur. Celui-ci peut encore constituer une nouvelle cause d'erreur. Il est en effet fonction de la dissociation partielle de la combinaison complexe : antigène-anticorps-compléiuent. Une quantité d'anticorps syphilitiques, juste suffisante pour fixer 0,1 de complément avec 2 unités d'ambocepteur, n^est plus efficace en présence d'une quantité plus grande. Noguchi, après avoir examiné plus de 100 sérums humains à ce point de vue, a constaté que beaucoup d'entre eux renferment, dans 0 cmc.l (quantité habituellement employée dans les expériences), jusqu'à 20 unités d'ambocepteur antimouton. Or, 4 unités d'ambocepteur normal antimoutun empèclient

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complètement de déceler 1 unité d'anticorps sypliilititjucs.

Lorsque 8 unités d'ambocepteur antimouton et 2 unités d'anticorps syphilitiques se trouvent mélangées l'épreuve reste négative.

Si la méthode de Bauer, l)asée sur ce fait, est inexacte, parce que certains sérums humains en sont entièrement privés, il n'en est pas moins vrai qu'il y a dans le Wassermann une autre cause d'erreur.

Ce défaut n'est pas seulement inhérent à la méthode de Wassermann, mais encore à toutes celles qui emploient des hématies étrangères vis-à-vis desquelles le sérum humain contient des ambocepteurs hémolytiques naturels.

C'est une semblable constatation qui avait fait employer à Tschernogubow, en même temps qu'à Noguchi, un système hémolytique antihumain. Sa méthode cependant paraît moins bonne puisqu'il emploie le coini)lément humain, souvent insuffisant comme nous l'avons fait remarquer, et qu'il est obligé, sans doute pour ce motif, d'employer jusqu'à 0,25 d'ambocepteur au lieu de 0,002 qu'em])loie \oguchi.

Ce dernier auteur, en elTet, emploie, le complément du sérum de cobaye pour les raisons que nous avons exposées et en outre, parce (ju'en faisant autrement, il lui paraît impossible de s'assurer si une déviation compléinentaire constatée est due à la propriété anticomplémentaire de l'antigène seul ou à la combinaison antigène et anticorps syphiliti(jues. Il est, en effet, difficile do faire des témoins pour s'en rendre compte puiscjuo le complément (;l lanticorps existent côte à côte dans le même sérum.

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Enfin Xoguchi, en démontrant que, pour les petites doses de sérum du malade qu'il emploie (une goutte capillaire), on peut négliger la quantité de complément qu'il contient, peut arriver à simplifier la méthode en supprimant l'opération qui consiste, dans le Wassermann, à chaufîer à 55% pour Tinactiver, le sérum du malade,

11 n'en reste pas moins évident que, telle qu'elle est, cette méthode n'est pas encore à la portée de tous.

La nécessité de posséder des animaux et de les préparer longtemps à l'avance pour obtenir des sérums hémoh tiques de lapin antihumains, la nécessité d'avoir un bain-marie à 55'' pour inactiver les sérums, l'impossibilité dans laquelle on se trouve de se procurer de Pantigène, surtout lorsqu'on emploie du foie d'hérédo-syphilitique, et de le réduire en poudre sans avoir de trompe à vide et de cloches, restent comme de trop grands éléments de difficulté pour qu'on puisse pratiquer ce genre d'expériences dans tous les laboratoires de clinique.

Noguchi est arrivé à remédier à ce défaut en préparant d'avance des papiers imbibés d'une quantité fixe d'ambocepteur et d'antigène. Gomme ceux-ci ne s'altèrent pas et peuvent être facilement dosés de telle façon qu'une même surface de papier contient toujours une quantité fixe de substance, la méthode conserve sa sécurité, tout en devenant tellement pratique qu'elle peut désormais être à la portée de tous.

Nous avons pour notre part avec M'"" Robinson, recherché le séro-diagnostic dans un certain nombre de cas de syphilis par ce procédé de Noguchi. Nous avons

obtenu dos résultais comparables à ceux (jue donne la méthode de Wassermann.

Nous avons ('ni[)lc)yé, à cet eiïet, des carrés de papiers d'anibocepteur et d'antigène fournis par !\I. II. Noguclii lui-ménio et nous avons tenté d'en fabriquer égalcnuMit dont la teneur en substances actives s'est montrée jusqu'ici sensiblement inférieure. Il n'y a là, d'ailleurs, qu'une question de techni({ue.

L'on est seulement obligé de se servir de sérum de cobaye frais comme complément, les papiers imbibés de cette substance ne pouvant se conserver.

Voici, en résumé, la technique de cette méthode que nous avons, pour plus de clarté, fixée sur les tableaux ci-après.

Umnbocepteur linnohitiqiir anh-humain se prépare en injectant, à cinq ou six reprises différentes, dans la cavité péritonéale du lapin, des doses croissantes (5, 10, 15, 20 cm. cul)es) d'hématies humaines lavées. 11 importe de séparer le sérum des i:lobulcs rouges par lavages répétés parce qu<' l'introduction, dans l'organisme de l'animal, de petites (juantités de sérum conduit à la formation de précipitines capables de troubler l'essai de fixation. No,i:uchi laisse cinq jours d'intervalle entre les injections ; 8 à 11 jouis après la dernière, le lapin est sacrifié et le sérum est recueilli. Son titre doit être tel (jue l'hémolyse de 1 cmc. do sang liumain (faite avec 1 i de goutte de sang), soit complète en présence <le 0,025 de sérum frais de cobaye.

Oïl peut rcmpjn.ei' ainsi iuactivé. ou, après cette opération fabriquer avec lui (h'S papiers. Noguchi se

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sert de papiers filtres Scbleich et Sclmll (n" 597) plus épais que le papier ordinaire et un peu moins gros que le papier Chardin (nous avons pu cependant, pour notre part, nous servir de ce dernier pour l'ambocepteur). Celui de l'ambocepteur doit être légèrement plus épais que celui de l'extrait de foie.

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Extrait alcooloéthéré de foie syphilitique.

Sérum du ma>ade

Complément,

Suspe nsion de globules rouares humains.

Employer solution l partie pour 10 d'eau chlorurée ou bandes de papier-filtre imbibées de cet extrait découpé en lanières. Titrer et employer carré de papier contenant la quantité convenable.

Recueillir le sang; au bout du doigt dans un tube capillaire. Laisser coaguler. Prendre à l'aide dune petite pipette une goutte de sérum sans rinacti\er.

Sérum de cobaye. — 1 partie pour 1 partie — d'eau physiologique. En employer 0 cm, 1.

1 goutte sang humain pour 4 d'eau physi(jlo- ^jrique ou encore 1 cm' de sang délibriiié pour ï éO cm^ d'eau. Laisser 12 heures à la glacière et en prendre 1 cm^.

Laisser à l'étuve pendant 1 à 3 heures.

Sérum hémoly-

tique de lapin

antihumain

amhocepteur

D'un système hémoly tique anti-humain Lapins préparés avec 5, 10. 15 et 20 cm^ de globules humains lavés. Sérum inactivé. Handes de papier imbibéesetséchéesrapidemcnt. Titrer. Employer carrés contenant deux unités.

On découpe des carrés de papier, de 10 à 15cm. de diamètre. On les pose sur une plaque de verre et on verse rapidement sur eux l'ambocepteur. On sèche à l'air libre, dans une chambre à température constante ou à la température du laboratoire, en faisant

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