DE LA SECONDE ÉDITION. XVII
dure de l'articulation était considérée comme une terminaison heureuse; les déviations, les rétractions, les subluxations consécutives comme des accidents presque sans remède. On désirait toujours, dans la prévision de l'ankylose, que le membre gardât une position déterminée ; on avait recours aux gouttières ou aux appareils pour l'y maintenir en immobilité; mais lorsqu'il était déjà dévié, lorsque la rétraction instinctive des muscles, provoquée et entretenue par la douleur inflammatoire, avait déjà déformé la jointure, on croyait devoir respecter cette attitude vicieuse, dans la crainte d'exaspérer l'inflammation par des manœuvres violentes et très-douloureuses, de provoquer la suppuration et d'interrompre le travail d'une guérison commencée.
« Bonnet, dans ses premières tentatives, ne se proposait d'abord , en redressant les tumeurs blanches, que d'atténuer les inconvénients de l'an kylose éventuelle; et, dominé comme tout le monde par la crainte de redoubler l'inflammation , il n'était pas sans inquiétude sur le résultat des ti raillements auxquels il soumettait l'articulation malade. Mais il reconnut bientôt, à sa grande satisfaction, que le redressement et même le redressement brusque, quelque douloureux qu'il fût sur le moment, était suivi au bout de quelques heures d'un soulagement marqué, pourvu que le membre fût immédiatement immobilisé dans un appareil . convenable ; puis il constata que l'inflammation,
A. BONNET. b