ROIUEUR DU RACHIS ET DE LA POITRINE
Ces signes démontrent la conservation de la mobilité ; mais ils ne s'observent que dans des circonstances exceptionnelles : à peine les retrouve-t-on une fois sur dix dans les cas pourlesquels on est consulté. Observez des déviations qui datent de plusieurs années et qui offrent trois courbures, l'une primitive et les deux autres de compensation {fig. 8), et vous trouverez une roideur, une ankylose même dans toute la région dorsale; le cou et les lombes conserveront seuls leur souplesse. Que le malade se plie dans un sens ou dans un autre, qu'il élève un bras, qu'il porte un fardeau, la déformation du rachis ne sera point
Fig. 8
Exemple de déviation de la taille chez l'adulte.
modifiée, et l'on retrouvera les apopliyses épineuses dorsales conservant entre elles des rapports toujours les mêmes.
Ce que nous disons de la colonne s'applique également à la poitrine.
Tandis que, chez les enfants affectés d'une déviation commençante, les côtes exécutent des mouvements faciles à reconnaître, et que des pressions exercées avec les mains suffisent pour enfoncer celles qui sont saillantes, il vient une époque oii l'on n'aperçoit plus dans l'expansion respiratoire du thorax qu'un soulèvement général de la poitrine, et oii les pressions les plus énergiques sont impuissantes à produire dans cette partie du tronc le plus léger changement de forme.
Cette gêne évidente dans les mouvements respiratoires delà cage thoracique cause, même avec l'intégrité des poumons, une dyspnée quelquefois obscure, mais toujours rendue évidente par une lecture à haute voix ou par une course rapide sur un terrain horizontal, ou même par une marche faite avec lenteur sur un terrain montueux.
Ce n'est pas à des maladies primitivement développées dans les articulations qu'il faut attribuer cette diminution de la mobilité ; la cause de la roideur est dans la difformité d'abord, dans l'immobilité ensuite.
Déviées de leur direction par la torsion de la poi-