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LUXATIONS SPONTANÉES

§ ni.

Déformations primitives et déformations secondaires.

Je voudrais abréger ces considérations pour arriver aux procédés à suivre dans le redressement des coxalgies ; mais je dois établir, avant tout, quelles sont, parmi les difformités dont l'observation constate l'existence, celles qui sont primitives et auxquelles l'art doit directement s'attaquer, et celles qui, étant secondaires, disparaîtront par cela même que l'on aura remédié aux premières.

Qu'un malade atteint de coxalgie essaye de se tenir debout et de faire quelques pas, les lois de la station et de la marche l'obligeront à placer ses deux cuisses verticalement et à les diriger la rotule en avant.

Or, si, comme nous le supposons, la hanche est soudée au fémur sous une flexion de 45 degrés, par exemple, le bassin s'inclinera en avant , et pour prévenir la chute dans cette direction, la colonne vertébrale devra s'infléchir fortement en arrière. De là, la saillie du ventre et la cambrure des reins qu'on observe dans toutes les coxalgies, parce que dans toutes, qu'il y ait allongement ou raccourcissement, la cuisse est maintenue fléchie sur le bassin. Cette flexion de la cuisse est donc la déformation primi-

tive; la cambrure de la région lombaire n'est qu'une déformation subordonnée.

A présent, supposons que le fémur soit soudé au bassin et tourné en dehors. Du moment que la cuisse se placera verticalement et que la rotule regardera en avant, l'os des iles du côté correspondant devra s'abaisser au-dessous de l'autre et seporter en avant de ce dernier. De là deux causes d'allongement apparent.

Pour rendre évidente la proposition que j'avance, je n'ai qu'à prendre la pièce dont je me servais tout à l'heure pour démontrer la méthode d'observation des coxalgies et dans laquelle le fémur est soudé dans l'abduction et la rotation en dehors. Dès que je saisis ce fémur et que je le place verticalement de manière à ce que sa face antérieure vous regarde, il se produit un abaissement et une projection en avant de l'épine iliaque correspondante, ainsi qu'un allongement de 6 centimètres relativement au fémur du côté opposé qui est parallèle au premier. L'allongement est donc secondaire ; il est la conséquence des lois de la station agissant sur un membre fixé dans l'abduction et la rotation en dehors.

Des raisonnements et des démonstrations analogues feront comprendre que le raccourcissement doit nécessairement exister, dès que le fémur est fixé dans l'abduction et la rotation en dedans. En

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