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DÉFORMATIONS PRIMITIVES ET SECONDAIRES

effet, le malade atteint de cette déformation ne pourra placer son fémur verticalement comme l'exige la station, et tourner sa rotule en avant ainsi que le veut toute progression facile, sans que le côté correspondant du bassin s'élève et se porte en arrière : double cause de raccourcissement, eu égard à la flexion concomitante.

Je saisis le fémur soudé artificiellement dans l'adduction et la rotation en dedans ; je le place verticalement et dans l'attitude d'un homme qui se dirige vers vous, et vous voyez à l'instant même se produire le raccourcissement annoncé.

Tout ce que je viens de dire sur le rapport des divers éléments de la difformité coxalgique en ce qui regarde le malade debout, s'applique au malade couché. Pour ce dernier, si l'on place ses cuisses parallèlement et dans la direction de l'axe longitudinal du lit, si l'on fait regarder les rotules en avant, on voit se produire parle même mécanisme que précédemment toutes les déformations secondaires : la saillie du ventre, la cambrure des lombes, l'élévation ou l'abaissement, la saillie en avant ou en arrière du côté de l'os des iles correspondant à la hanche malade, enfin l'allongement ou le raccourcissement du membre.

S'il pouvait exister quelque doute sur cette vérité que les déformations primitives et essentielles sont constituées par les rapports fixes vicieusement

établis entre le fémur et le bassin, et que tous les changements de direction de la colonne vertébrale et des os des iles ne sont que secondaires, rien ne serait plus propre à le dissiper que la facilité de faire disparaître complètement et en un instant les déformations secondaires, dans le décubitus dorsal comme dans la station debout, dès que l'on soutient le fémur malade dans la position oii il se maintiendrait si tout l'ensemble des parties saines avait une parfaite rectitude.

Mais, avec la facilité de faire disparaître les déformations secondaires coexiste la difficulté toujours très-grande de remédier aux déformations primitives : difficulté qui dépend, d'abord de la nature des choses, et puis, comme on le voit, de l'insuffisance des préceptes qu'on a suivis jusqu'à présent. Tant qu'on s'obstinait, en effet, à combattre l'allongement ou le raccourcissement, on entreprenait un problème sans avoir aucune idée des principes qui doivent en diriger la solution.

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