FIXATION DU BASSIN, ASSOUPLISSEMENT DE LA HANCHE
vant les circonstances à des inclinaisons ou à des rotations en dedans ou en dehors ?
Je n'hésite point à le dire, dans toutes lesmaladies chroniques datant de plusieurs mois ou de plusieurs années, les machines sont impuissantes, non-seulement lorsqu'il s'est produit des adhérences fibreuses, mais lorsqu'on a affaire aux ulcérations articulaires, aux adhérences molles etauxrétractures des muscles qui accompagnent les tumeurs blanches scrofuleuses. Si l'on a réussi parfois à l'aide des machines, et j'ai cité moi-même des exemples de ce genre (1), ce n'est que dans des affections aiguës datant de quelques semaines.
Lorsque les coxalgies sont anciennes, le succès n'est possible que par une opération dont le premier temps consiste dans la rupture des adhérences et l'assouplissement de la hanche.
Pour exécuter cette rupture, on doit, avant tout, fixer le bassin avec solidité. Sans cette précaution, les mouvements qu'on imprimera au fémur se communiqueront au tronc et ne se passeront pas dans l'articulation elle-même.
Les mains des aides sont impuissantes à immobiliser le bassin; un appareil est donc indispensable. En voici un qui se rapproche beaucoup de celui que Pravaz employait pour la réduction des
(1) Traité des maladies des articulations, Paris. 1843, t. II, p. 356 et suiv.
luxations congénitales. La partie postérieure et inférieure clu tronc repose sur une planche matelassée ; elle est serrée des deux côtés par des leviers qu'on peut maintenir rapprochés avec force ; les ischions et les pubis sont retenus par des souscuisses en boudin. Cet appareil doit être fixé, à son tour, à un support solide.
Le tronc ainsi assujetti et le malade éthérisé, je saisis la cuisse à sa partie inférieure, et je lui imprime, suivant son axe, une série alternative de tractions et de répulsions.
Si j'ai affaire à une luxation spontanée, c'est-àdire à cet état dans lequel la tête du fémur est remontée en haut et en dehors du cotyle ulcéré et agrandi, je ne tarde pas à produire un mouvement de va-et-vient qui me démontre l'existence de la luxation, et à reconnaître des craquements perceptibles au toucher et même à l'ouïe, indice du frottement réciproque de surfaces osseuses ulcérées et inégales.
L'idée de ce premier mouvement de va-et-vient, que l'on peut comparer à celui d'une lime, m'a été suggérée par la disposition spéciale que j'ai signalée plus haut comme propre aux déplacements pathologiques du fémur. J'y attache beaucoup d'importance, car la répulsion et la traction d'un os suivant son axe peuventêtre exercées avec beaucoup de force, sans qu'on soit exposé à produire des fractures.