‹ Nouvelles méthodes de traitement des maladies articulairesChapitre 57 sur 77 · FIXATION DU BASSIN, ASSOUPLISSEMENT DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

FIXATION DU BASSIN, ASSOUPLISSEMENT DE LA HANCHE

Je procède, en second lieu, au mouvement de flexion que je fais exécuter sans changer l'inclinaison dans laquelle le fémur se trouve. Je tâche de pousser par secousses alternatives cette flexion jusqu'au point oti le devant de la cuisse touche la partie antérieure du ventre.

La souplesse établie dans ce sens, je passe aux mouvements d'extension en rapprochant graduellement le fémur de l'axe du tronc.

Enfin, vient la circumduction que j'exécute en faisant décrire au genou un cercle d'abord d'un court diamètre, puis de diamètres de plus en plus étendus. L'ensemble de ces manœuvres se prolonge souvent un quart d'heure ou une demi-heure.

J'ai cherché, chemin faisant, jusqu'à quel point je peux faire cesser la flexion et l'inclinaison en dedans ou en dehors; et si, à ce temps de l'opération, j'ai trouvé que les fléchisseurs ou les adducteurs résistent trop énergiquement, j'en fais la section sous-cutanée.

Je ne rappellerai pas ici les procédés à suivre dans ces opérations, je les ai décrits avec détail dans ma Thérapeutique des maladies articulaires. Il me suffira de dire que leur application est de la plus complète innocuité, quoique les sections soient profondes et étendues. J'attribue cette innocuité surtout à ce que j'ai soin de conserver entre la piqûre de la peau et la section des muscles un canal étroit

de 3 à 4 centimètres de long et capable seulement de laisser passer le ténotome mousse.

L'assouplissement étant rendu aussi complet que possibleet les résistances musculaires et tendineuses vaincues par le mouvement ou par la section, je procède au redressement, qui s'accomplit en portant le membre dans l'extension et en le ramenant, par des tractions convenables, dans la direction de l'axe du corps. Cette partie de l'opération ne peut être terminée tant que l'étau entoure le bassin et masque une partie du tronc. Aussi, le malade détaché, on l'étend sur son lit ; et là, ayant le corps entier sous les yeux, on continue les tractions et les mouvements convenables d'extension, d'inclinaison et de rotation, jusqu'à ce qu'on puisse rétablir l'égalité de longueur des membres, toute cambrure du dos ou des lombes et toute inclinaison du bassin ayant disparu.

Bandage amidonné et traitement consécutif.

il ne reste plus qu'à assujettir le memitre malade dans la position oii on l'a ramené et à perfectionner le redressement pendant la pose de l'appareil, si ce redressement a été incomplet.

De tous les moyens que j'ai essayés pour atteindre ce but, aucun ne me paraît plus avantageux

BANDAGE A311D0NNÉ. 71

que le bandage cartonné et amidonné de M. Seutin. Je l'applique avec toutes les précautions recommandées par cet auteur, et en ayant bien soin de matelasser avec de la ouate de coton toutes les parties dont la pression pourrait être douloureuse. Je termine en plaçant en avant, en dehors et en arrière du membre inférieur et du bassin, des attelles en fil de fer recuit, dont voici les modèles. Ces attelles donnent au bandage une solidité immédiate ; et ce qui n'est pas moins important, elles maintiennent les résultats qu'on peut encore obtenir en renouvelant les efforts de redressement.

Le malade doit garder le lit pendant huit à quinze jours. Au bout de ce temps, si aucune opération accessoire n'a été nécessaire, il peut se lever et marcher avec des béquilles. Le traitement se borne ensuite à conserver le bandage amidonné pendant quatre à six semaines.

Cette longue inaction n'est pas convenable si le redressement est resté incomplet.. Dans ce cas, et dix à quinze jours après la première opération, il convient d'enlever la partie du bandage qui recouvre la hanche, et de renouveler des tractions et des mouvements propres à rendre au membre malade une parfaite rectitude, en se servant, pour le mieux saisir, du bandage qui le recouvre. La hanche étant immobilisée comme la première fois, le repos au lit est continué pendant quelques jours et suivi

d'une déambulation dont la durée est chaque jour

croissante.

Lorsque vient le temps de la marche avec des

chaussures ordinaires, j'ai coutume de faire construire un tuteur qui laisse libres les mouvements du pied et du genou, mais qui assujettit la hanche à la manière du bandage amidonné [flg. 12).

A la même époque , pour que le corps ne se torde pas de nouveau pendant la nuit, je fais coucher les malades dans mon grand appareil, dont voici un modèle en petit : la simple inspection de cet appareil suffit

pour faire comprendre qu'on ne peut y être placé

sans que la rectitude soit forcément maintenue

(fig.n).

Depuis plus de cinq ans que je suis arrivé, à

Hg. 12. — Tuteur de la hanche.

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