LA MORT DU ROI
Sommaire. — La nouvelle nous parvient à Villingen. — Discours du prince de Condé. — Douleur des émigrés. — Monsieur et le comte d'Artois, chefs du pouvoir. — Inquiétudes du prince de Condé et des émigrés. — Dissentiments entre les princes. — Mes conversations avec mon père et les autres émigrés d'Offenbourg. — Le réquisitoire de M. de Rességuier. — Les conventionnels de la Corrèze.
Février 1793. — Quoique n'étant pas encore incorporé à l'armée de Condé, je me trouvais à Villingen le 24 janvier, quand y parvint la nouvelle certaine de l'assassinat, soi-disant juridique, de notre infortuné souverain. Dès le lendemain, le Prince de Condé fit célébrer solennellement un service funéraire pour le repos de son âme. Le catafalque était dressé à l'imitation de celui qu'on élève à Saint-Denis pour les funérailles du roi, et, autant du moins que le permettaient les faibles ressources dont on disposait dans cette petite ville étrangère, le cérémonial fut en tout pareil à celui qu'on avait observé, dixneuf ans auparavant, aux obsèques de Louis XV.
L'illustre général ne voulut laisser à aucun prêtre, pés même à un évêque, l'honneur de composer l'orai-
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son funèbre. Il se le réserva en qualité d'Altesse Royale, et, à l'issue de la messe, montant sur les premières marches de l'autel, il prononça une courte allocution des plus touchantes, telle qu'on devait l'attendre d'un prince naturellement éloquent et dont la sensibihté était surexcitée par la grandeur et l'horreur de l'événement.
J'en transcris ici la fin :
« ...Vous savez, Messieurs, qu'il est de principe que « le Roi ne meurt jamais en France. Puisse le ciel « préserver de tous les dangers qui l'entourent cet « enfant précieux et intéressant qui, né pour le bonce heur, ne connaît encore de la vie que le malheur :< d'être né ! Quel que soit le sort qui l'attende, il >< ne peut être qu'agréable à Dieu que ce soit aux « pieds des autels — comme c'est l'usage en France « — que nous nous livrions au premier élan de notre « amour pour les Rois et que nous formions nos « premiers vœux pour notre légitime souverain. Le « Roi est mort. Messieurs !... Le Roi est mort !... Vive « le Roi ! »
Ces nobles paroles appellent des commentaires qui aideront à comprendre l'état d'esprit des émigrés à cette époque.
Quoique la funeste nouvelle ne fût point inattendue, elle ne laissa pas que de nous frapper tous d'une morne stupeur. Quelques-uns de nos compagnons de misère avaient espéré, il est vrai, que les scélérat»
qui nous ont dérobé la hache de justice reculeraient, au dernier moment, devant l'accomplissement d'un aussi exécrable forfait, afin d'éviter à leur patrie, puisqu'ils ont toujours de ce mot plein la bouche, l'opprobre éternel dont l'exécution de Charles I®' a couvert la nation anglaise. Leur douleur, doublée aussi d'une déception, fut par là même peut-être plus profonde encore que celle des autres.
Mais chez la plupart des Condéens, la douleur en soi, en ce qu'elle a d'auguste et de réservé, se taisait. La fureur, le désespoir, une soif inextinguible de vengeance, agitaient les âmes tour à tour, et c'est de tout leur cœur qu'ils mêlèrent larmes et sanglots à ceux de leur général, qui parut néanmoins le plus affecté de tous.
Nous criâmes « Vive le Roi ! » comme on nous le demandait, et j'ai noté que les habitants de ViUingen, massés sur la place de l'église, unirent leurs acclamations aux nôtres.
A la naturelle tristesse du Prince se joignaient de sombres préoccupations dont il ne nous faisait point et ne pouvait nous faire les confidents, mais que chacun devinait ou soupçonnait.
La Reine prisonnière et menacée dans sa vie, son fils également prisonnier et sans tuteur, le pouvoir de direction revenait, sans contestation possible et surtout sans crainte de désaveu ultérieur, au Comte de Provence et au Comte d'Artois qui allaient former un duumvirat absolu. Or, personne n'ignorait que ces deux personnages tenaient en suspicion leur
cousin de Condé. Était-ce jalousie ou tout autre sentiment aussi peu avouable? Ou bien, plutôt, incurable méfiance des Bourbons de la branche aînée vis-à-vis de ceux de la branche cadette, et ineffaçable ressentiment de la défection du vainqueur de Rocroy, lors de la guerre civile de la Fronde?...
Toujours est-il que notre général avait beau multiplier les preuves de dévouement et les marques de soumission, rien ne parvenait à guérir ses cousins de leurs enracinées préventions. Le roi lui-même les avait partagées dès le commencement de la Révolution, et la reine en avait été imbibée dans l'atmosphère de Versailles. Il fut question, après les journées d'octobre, de nommer le Prince de Condé généralissime de toutes les armées de France et même de ressusciter en sa faveur titre et prérogatives de connétable; on prétend que Marie-Antoinette se serait vivement opposée à cette proposition en s'écriant : « Je ne veux pas devoir notre salut à ce borgne ! »
Ou'allait-il advenir de son commandement sous l'autorité exclusive des frères de Louis XVI, qui prendraient prétexte du politique redoublement d'anarchie pour l'exercer despotiquement? Qu'allait-il devenir de son armée, si péniblement constituée, si péniblement maintenue ? Elle représentait, à elle seule, toute la force de la France royaliste. Les deux régents du royaume in parlibus n'allaientils pas exiger qu'elle fût employée au service de leurs combinaisons secrètes, la détournant ainsi de son but primitif, but exclusivement mihtaire, et lui
faisant perdre dans quelque échaufîourée mal préparée les bénéfices déjà obtenus ?
Telles étaient certainement les réflexions qui hantaient l'âme de notre général et de beaucoup d'émigrés, car ceux pour qui la méditation fut toujours une contrainte étaient bien forcés de se replier sur euxmêmes et d'envisager les conséquences des événements prodigieux qui se succédaient et des catastrophes titanesques qui se produisaient avec une rapidité et une monotonie désespérantes.
La seule pensée qui nous rassura au point de vue du salut de l'armée condéenne — et cette pensée était grosse de périls pour l'avenir politique — c'est que l'accord était loin d'être établi entre les conseillers du Comte de Provence et ceux du Comte d'Artois. Les premiers, toujours entichés des rêveries mises à la mode par J.-J. Rousseau, Montesquieu et leurs disciples, inclinaient vers une compromission entre les pouvoirs usurpateurs qui dominaient à Paris et la Monarchie légitime; ils ne concevaient rien audessus d'une autorité partagée équitablement entre le souverain héréditaire qu'ils s'obstinaient à qualifier l'Exécutif et la nation représentée par des députés élus qu'ils appelaient le Législatif, se préoccupant peu d'ailleurs des conflits sans cesse renaissants que pourrait engendrer cette dualité de puissances rivales.
Les conseillers du Comte d'Artois, parmi lesquels le comte de Vaudreuil se faisait distinguer par beaucoup de sagacité et une grande hauteur de vues, émettaient, au contraire, l'avis qu'il importait de
restaurer l'état de choses tel qu'il existait auparavant, sous réserve de réformes à introduire dans la machinerie administrative, pourvu que ces réformes fussent reconnues vraiment utiles et concourant au développement des libertés nécessaires. Ils disaient aussi que ces réformes, œuvre personnelle du roi, devaient être octroyées et non arrachées, car le souverain qui capitule devant l'émeute abdique par le fait même; ils ajoutaient enfin que le système de concessions successives avait perdu Louis XVI, en même temps que ruiné l'antique Constitution française laquelle n'eut jamais besoin d'être écrite et promulguée pour exister et fleurir. La haine de ces conseillers du Comte d'Artois contre l'Assemblée constituante égalait, si elle ne la dépassait, leur horreur de la Convention, Ils prétendaient que celle-là fut une assemblée criminelle, préparant tous les massacres et les approuvant, aiguisant, en pleine connaissance de cause, le couteau de la guillotine; les Conventionnels ne faisaient, en somme, qu'appuyer sur le bouton de l'infernale machine dont les Constituants avaient dressé les montants.
Le fâcheux, c'est que ces dissentiments entre les deux cours exilées n'étaient point un mystère impénétrable. Il en transpirait assez dans le public pour exciter la risée des étrangers hostiles et ahéner les sympathies de ceux qui nous auraient été favorables. Quant aux émigrés qui sentaient déjà grandir leurs misères, ils prenaient parti pour Tune ou l'autre de ces opinions suivant la difïérence de leurs tempéra-
ments, et comme rien n'est tel que la divergence de vues politiques pour provoquer la méfiance haineuse, ils se tenaient les uns les autres pour suspects quand tout leur conseillait de s*unir et de s'entr'aider.
Hélas ! ces deux courants, prenant leurs sources dans les hautes sphères, projetaient leurs remous jusque dans les rangs condéens, où, par ce fait, les esprits se divisaient aussi, sans toutefois que cette diversité de sentiments influât sur le bien du service et sur l'estime réciproque ^.
' Ces considérations du chevalier de Lamase pourront paraître bien prématurées à quelques lecteurs. Il ne fait cependant que reproduire les conversations qui se tenaient à cette époque dans tous les cercles d'émigrés. Nous n'en donnerons d'autre témoignage que cet extrait d'une lettre écrite par le comte de Vaudreuil au comte d'Artois.
H En Angleterre, partout, ici comme ailleurs, on voudrait remet-
« tre la France sous l'odieux régime de la Constitution, fantôme chi- « mérique qui ne peut exister. On établit que les français veulent « cette odieuse et absurde constitution. Pourquoi? Parce que cette
• constitution nous ferait passer de l'état de maladie violente, de la « fièvre chaude, au funeste état de consomption de la maladie de « langueur, et voilà ce que voudraient les raisonneurs. Voilà pourquoi « les Malouet, les Lally-Tolendal sont écoutés à Londres, préférable- « ment à de purs royalistes. Leurs principes flattent mieux la haine 0 qu'on nous porte. Ils ont l'adresse d'établir que l'ancienne monar- « chie est odieuse; que les peuples ne quitteront la république que « pour la Constitution. Et moi je soutiens qu'il n'y a de constitu- « tionnels que parmi les cabinets qui nous détestent et parmi les émi- •» grés ex-constituants de l'assemblée constituante, la plus criminelle « de louies les législatures, celle qui a préparé tous les forfaits, qui a « aiguisé le tranchant de la guillotine, sous laquelle tant de victimes ont 0 péri. Je soutiens encore — ce que la Constitution a prononcé elle- « même — que la France n'a que des républicains et des royalistes.
• Y a-t-il en France une armée de constitutionnels? Non, mais il y « a une armée de royalistes. Pourquoi donc établir que la France
• veut une constitution? Ceux qui le disent savent d'ailleurs qu'a- « près le crime et la licence, tout ramène à l'autorité absolue, qui n seule peut rétablir l'ordre. »
On voit que M. de Vaudreuil est encore plus explicite que M. de Lamase. Il est vrai qu'il était mieux placé pour voir, savoir, comprendre et parler. (Note des éditeurs.)
Je dois toutefois mentionner un trait qui n'est pas précisément à la gloire des Condéens constitutionnels. Huit jours ne s'étaient pas écoulés depuis la mort de Louis XVI et la proclamation de Louis XVII qu'un bal fut donné dans la haute société de Villingen. Un grand nombre de soldats du corps d'élite y furent invités, et quelques-uns s'y rendirent. Très peu, il est vrai, mais un seul c'eût été encore trop.
Comme le moment d'être admis à l'armée de Condé n'était pas favorable, et aussi pour échapper à cette frivolité intempestive, je retournai à Oiïenbourg.
J'y retrouvai mon père et d'autres vieux émigrés hors d'état de reprendre du service actif, en proie aux mêmes angoisses et aux mêmes incertitudes que moi-même. Cependant, l'expérience de l'âge les ayant mûris, aucun d'eux n'hésitait sur la voie à suivre et tous inclinaient franchement vers l'opinion de l'entourage du Comte d'Artois.
Ils justifiaient leur sentiment par les raisons que je viens d'exposer, et j'eus la satisfaction d'être approuvé par mon père quand je lui appris que je comptais, parmi mes camarades, au nombre de ceux qui se prononçaient le plus fortement pour le retour pur et simple à l'ancien état de choses.
Mon père me plaça sous les yeux le réquisitoire prononcé, trois ans auparavant, par le procureur général près le Parlement de Toulouse. M. de Rességuier, homme de bien et d'intelhgence, avait eu le courage, seul parmi ses pareils, de conclure au refus d'enregistrement de l'édit de 1790, portant réorganisation
de la judicature sur des bases nouvelles et révolutionnaires; et seul, parmi tous les Parlements de France, celui de Toulouse eut la hardiesse de rendre un arrêt conforme à ces conclusions. Dernière marque d'indépendance donnée par des juges intègres et fiers !
M. de Rességuier et les parlementaires de Toulouse furent vilipendés par les amis du progrès et les partisans d'une nouvelle Constitution. Il est à remarquer que ces idéologues étaient généralement les mêmes qui avaient jeté feu et flammes, vingt ans auparavant, quand Louis XV abolit les Parlements. M. de Rességuier n'avait eu qu'à reprendre leurs arguments pour montrer le vice d'une justice asservie à l'autorité politique.
Il établissait, dans son réquisitoire, que le renversement des anciennes cours et leur remplacement par des tribunaux dont les titulaires, salariés à prix fixe, seraient nommés par le pouvoir central, auraient pour effet infaillible de favoriser leur vénalité et de les rendre suspects aux justiciables.
Cette prophétie n'est déjà que trop vérifiée et le sera sans doute chaque jour davantage ^. Du reste, M. de Rességuier ne bornait pas ses prévisions à
^ Ni M. de Rességuier ni l'auteur des « Notes Intimes » ne pourvaient prévoir un inconvénient d'une autre nature, résultant de la suppression des charges de judicature; c'est qu'en 1816 -ces charges ont été rétablies en faveur des auxiliaires de la Justice : huissiers, greffiers, avoués. Et, depuis cent ans, nous assistons à ce spectacle étrange de magistrats payés à des salaires de famine et disposant de la vie et des biens des citoyens, tandis que leurs subordonnés immédiats touchent des émoluments dix fois, quinze fois supérieurs aux leurs.
{Noie des éditeurs.)
l'ordre judiciaire; il prédisait aussi les pires désastres dans l'ordre politique ^
Je renvoie à la lecture de ce document ceux qui auraient besoin de se convaincre que le bon sens n'était pas absent alors de toutes les cervelles françaises.
Constamment la conversation avec mon père roulait sur les conséquences probables de l'horrible assassinat de Louis XVI. Prenant un à un le nom de tous les conventionnels et de tous les régicides, nous parvînmes à établir que la scélérate assemblée se compose d'environ cent cinquante nobles tarés, d'autant de prêtres paillards, et de quatre cents très petits bourgreois sans consistance et sans crédit dans leur
^ On connaît la fameuse prophétie de Cazotte, qui a été trouvée dans les papiers de M. de la Harpe et publiée après la mort de ce fameux philosophe survenue en 1803.
On a argué de cette publication posthume pour la taxer de faux et prétendre que l'incrédule la Harpe, converti à la fin de sa vie, l'avait inventée de toutes pièces.
Assurément son récit ne rapporte pas textuellement les propos qui furent tenus par M. de Cazotte dans le salon où fréquentait aussi la Harpe. On voit même facilement que celui-ci a arrangé le discours et les dialogues de manière à coudre avec adresse ce qu'il y eut de plus essentiel dans les prédictions. Cependant je me rappelle fort bien avoir entendu parler à Strasbourg, deux ans avant la révolution, d'une conversation fort extraordinaire qui s'était tenue à Paris, dont l'auteur du « Diable amoureux » avait été le principal interlocuteur, et qui avait fort intrigué, voire alarmé la cour. La nouvelle s'en répandait parmi nous, à petit bruit, comme une chose qu'il importe de tenir cachée. Ce qu'on assurait, c'est qu'il s'agissait d'événements prochains de la plus haute gravité, et concernant la couronnne et l'État.
Cela, je puis l'attester, et la lecture des derniers écrits de M. de la Harpe m'ont très nettement remis en mémoire les entretiens que j'eus à ce sujet avec mes camarades.
{Noie de l'auteur, 1822.)
pays. A peine y compte-t-on une dizaine d'ouvrière et quatre ou cinq paysans. Encore sont-ils patrons comme le boucher Legendre ou propriétaires d'un bien-fonds important comme Borie. Ajouter qu'ils n'ont été élus que par 1.500.000 voix sur 7 millions et plus de citoyens actifs, c'est-à-dire qu'ils sont les délégués d'un cinquième de la nation. Ajouter aussi que les 1.500.000 votants sont allés aux urnes sous la vision d'épouvante des massacres de septembre, massacres qui n'avaient été perpétrés peut-être avec tant de barbarie que dans le but de contraindre les volontés des timides.
Du décompte de tous les conventionnels en général, nous passâmes à celui des soi-disant représentants de notre département de la Corrèze (ancien Bas-Limousin). Ils sont sept : Brival, Lanot, Lidon, Borie, Chambon, Pénières, Lafon.
Ce dernier, non seulement n'a pas voté la mort du Roi, mais s'est abstenu de voter sur la culpabilité. Comme il n'assistait aux débats du procès que depuis quinze jours qu'il avait remplacé, en qualité de suppléant, le titulaire Germinhac mort vers les premiers jours de janvier, il avait argumenté de ce prétexte pour décliner toute responsabilité — limousinerie caractéristique des gens du terroir, mais dont sa mémoire devra quand même bénéficier. — Ils n'ont été que sept ou huit à la Convention pour s'abstenir dans tous les scrutins et, pour cette raison, il est juste de reconnaître que cette assemblée n'est pas composée exclusivement de bandits, pas plus du reste
que le Sanhédrin des Juifs qui décréta dans l'ombre la mort de Jésus, et où figuraient Gamaliel, Nicodème et Joseph d'Arimatliie. Le marquis de Barras, frère de mon ami, était dans le cas de ce Lafon. Il ne siégeait dans l'assemblée, par remplacement, que depuis huit jours. Il a eu quand même l'impudeur de s'ériger en juge et de voter la mort du roi, sans sursis.
Les six autres Corréziens sont régicides : Brival, connu comme vil ambitieux, est l'ancien procureur de la Sénéchaussée de Tulle; mon père a eu l'honneur d*être poursuivi de sa haine; Lanot, homme notoirement débauché et méchant, était naguère un infime clerc de basoche; Lidon, inteUigent, mais avocat sans causes, s'était fait homme de loi, de l'espèce des véreux; nous avons beaucoup à nous plaindre de lui; Chambon, noble dépravé, eut pour mère une demoiselle Lamoureux de Chaumont, fille du sous-intendant du Limousin, dont le marquis de Lubersac avait épousé la sœur. C'était donc notre alhé, non notre parent, Dieu merci !
Borie, riche paysan, a toujours passé ' pour fort lâche. Pénières est un médicastre d'Ussel, sans clients.
Sauf Brival et Lanot, il est probable que les autres auraient imité Lafon s'ils n'eussent été talonnés par la peur.
Mon père me prédit que tous ces malheureux auront une fm déplorable et regrette d'être trop vieux pour en être témoin. Il me conseille de les surveiller, et je le lui promets.